P. /|48, avant la manchette : Eloquentiae mimera
2. P. 55i. Il y a là une allusion à un fait réel, inconnu des historiens, et qui esl assez curieux pOUT qu'il vaille la peine de citer le passade même de Budé : 0 ... extiterunl aliquol non pridem Stoicorum simiae, qui in amplissima curia [c'est le Parlement que Budé appelle ainsi, cf. p. 253] pro tribunali censuerint poetas omnes cremandos, poeticamque adeo trans Alpes releçandam, unde inauspicatis auibus eam uenisse supereiliose fremebant : ... tragoedias enim mirificas in uenerando illo eonsessu, non sine assensu excitauerant, arrepta occasione oh uecordiam cuiusdam facinorosi perditissimi, qui aescio quid de
loue alque aliis poeticis mimiuihus in dira deineiilia l'un irrque suiiiniauerat,
h'w iix prima literarum elementa edoctus. »
.'5. A la tin d'une tirade contre les Priscianomastîgae, c'est-à-dire contre ceux qui, dans leur ignorance du latin, écorchehl Priscien à chaque mol : » Neque uero me praeterit quid isii de Graecarum literarum stndinsis loquitari soliti
sint .» 1 p. 554 »•
raisons, **1 1«* est, à l'ordinaire, grandement honorée. C'esl elle qui a rempli le monde de la gloire de Démoslhène et <le Cicéron. Leurs œuvres, aujourd'hui encore, sont répandues partout, et partout sont l'objet d'une admiration respectueuse ; la France seule fait exception et ne donne pas à Minerve et aux Muscs la place qui leur revient '. Voilà ce qui indigne Budé, voilà ce qu'il ne peut souffrir, et il saisit toutes les occasions de dire ce qu'il pense à ce sujet. Si Accurse semble faire fi de l'autorité d'Homère, il prend la défense du poète et entame les louanges de la poésie. Mais il le dit ingénument, « il a plus de peine à trouver la fin de ces digressions qu'il n'en a eu pour les commencer2 », et nous ne le suivrons pas dans ces nouveaux développements.
Aussi bien, aux yeux de Budé, la littérature antique n'est pas seulement éloquence et poésie. î! y voit, suivant son expression, une « encyclopédie » dont la valeur et l'intérêt subsistent encore aujourd'hui3. C'est dans Platon et dans Arislole qu'il va chercher les principes de la science politique 4 ; il leur demanderait
î. Je ne fais ici que traduire ou résumer les principaux passages d'une longue digression qui occupe les pages 443-440 et à laquelle, plus haut déjà, nous avons fait un emprunt. Cf., en particulier, à la p. 443, la manchette '.'Digressi<> in latinitatis contemptores ; à la p. 444-44^ •' Verum, isti nesciunt, etc.; enfin, à la p. 447 • Haec illa est eloqnentia quae, etc. A la page 445, Budé a introduit dans le développement une reproduction presque textuelle du fameux passage du pro Archia sur Futilité et les agréments des études littéraires.
2. La digression dont je parle occupe les pages 544-555. Budé se trouve alors amené tout naturellement à prendre l'offensive contre les jurisconsultes du temps, qui font métier de mépriser les lettres anciennes : nouvelle digression au cours de laquelle il s'avise (p. 56o) de la remarque que j'ai citée. Il ne se décide à y mettre fin qu'à la page .r»G3 : « Sed îam uela contraham. Vereor enim ne aut rei indignitate transuersus, aut indignatione inconsulta, in altum rursus l'erar. » .Mais nous ne sommes pas encore au terme; Budé lance un dernier trait à ses adversaires, et c'est alors seulement qu'il s'écrie, pour tout de bon cette fuis : « Sed rétro inhibendus impetus... Ego me tandem ad meum munus pensumque reuoeabo serius, ut sentio, quam oportuit. »
.''). Sur ce que Budé entend par V Encyclopaedia, cf. pp. 20, $61, 545. Sur l'histoire du mot, en latin d'abord cl puis en fiançais, cf. H. C.hamard, éditeur de du Bellay. Deffence et Illustration, pp. [24-i25. Il convient de remarquer qu'au chapitre f\ de ses Mîscellanea, Politien avait déjà exprimé la nécessité, pour les humanistes, de connaître les œuvres des jurisconsultes, ■ les médecins, etc., c'est-à-dire, en somme, d'être encyclopédiques.
4. P. 170, à propos du principe du Digeste qui se formule ainsi : />/,inceps legibus solutus est : « Aristoteles, libro 3° Politicôn, buius dicti rationem memorabilem afferre mihi uidetur ■> ; et toute l'argumentation qui suit ne fait