LES PREMIÈRES « ANNOTATIONS AUX PANDECTES )). I2Û
et de Bartole '. Beaucoup, au seizième siècle, auraient pu, sans doute, rendre à Budé le même hommage.
Ainsi les Annotations ont servi doublement la cause de l'humanisme français; elle développèrent la connaissance de l'antiquité chez ceux qui y étaient initiés déjà et, chez les indifférents, qui subissaient encore le joug des antiques disciplines, elles durent opérer de fréquentes conversions; Rabelais n'a pu manquer de les lire, et Pantagruel ne faisait que reproduire les idées de Budé quand il émettait celte proposition téméraire : « Au monde n'y a livres tant heaulx, tant aornés, tant élégans, comme sont les textes des Pandectes ; mais la brodure d'iceulx, c'est assavoir la Glose de Accurse, est tant salle, tant infâme et punaise, que ce n'est que ordure et villenie2. »
i. Cf. M. Ant. Mureti oraliones, éd. Tauchnitz, t.I, pp. 166-168, et notamment le passage : Deus igitur effecit, ut quaedam Iiudaei et Alciati, etc.
2. Rabelais, II, 5; je cite d'après l'édition I*. Jannet. Cf. encore le chapitre x du livre II.