Cf. la n
ij. I*. 08 : « inde [après la mort de Guy de Ftochefort] îam aperte domus eius, cupiditatis, ambitionis, obseruantiae clientelaria diuersorium fuit, Cernere eiat omnium ordinum oon colluuionem (nam id tolerabile esset) sed quicquid pêne in quoque ordine decoris esse uidebatur, certatim sese addicentes aul Bpei alicuius certae, aul repraesentati praemii auctoramento, aul admissae aoxae metu... Quia eo usque inualuil hominum opinio, huius m impotentia atque illius [Guj de Rochefort] obitu, [p. 69] aculei seueritatis summae etiam iurisdictioni excussi esse uiderentur. 0 Cf. tout en l'as de la p. (i'i el p. 65 j voir aussi dans les deux notes suivantes.
une politique antifrançaise ; c'est d'avoir, par ambition personnelle et pour obtenir la tiare, faussé, si je puis dire, les ressorts de la politique nationale. Pour conduire les affaires de la France, il n'employait quedes Italiens1. On le voyait sans cesse en Italie, entouré d'une brillante escorte d'inutiles 2. Du reste, ajoute Budé, chacun sait les résultats de cette belle politique : c'esl lui qui nous a entraînés dans cette série d'aventures qui devaient aboutir à un désastre éclatant et d'où le nom français est sorti diminué.
Et pourtant les Français ont vivement regretté sa mort : lui seul semblait capable d'améliorer une situation que lui-même avait fait naître, lui seul aurait pu nous éparg-ner les Iiontes de ces derniers temps3. Ses successeurs n'ont imité que son absence de scrupules et son ég-oïsme impudent; dans la conduite des affaires
i. P. 65 : « si qui sunt ex ea secta Philoxeni superstiles, qui rerum Gallicarum transactores ideo in Italiani [p. 66] petendos esse duxit, ut nostrates honiines rerum actu summoueret... Si iu rébus domesticis non modo externo milite, ut iam fieri coepit, sedetiam in omni parte Reipublicae externorum operam adsciscendam censebimus, ma«-is iil adeo ut paucorum commodis seruiaat, quam ut publiée prosint, quae tandem nostrorum erit funetio, aut quando suae tutelae Frahcia restituenda dicetur? » Cf. p. 69 (il s'agit toujours du même personnage) : « Habuit pro cohorte praetoria non modo candidatos principes, sed etiam miniatos, quorum stipatu se maxime uir clarus mirabatur, fremente ipso loue ..., qui sibi eas opéras a Briareo exprimi aeçerrime ferebal ; iil quod t'inii ipse uidi audiuique in Yrbe dictitantem fremebunde cum apud eum essem. » Les miniati, ce sunt les cardinaux dont Georges d'Amboise s*était l'ait une véritable clientèle, et Jupiter, c'est ici non plus le roi comme plus haut, mais le pape lui-même. Ces ambitions du cardinal furent, suivant Budé, la première cause de nos désastres. Voir, dans le de Asse, la suite de la citation pré-
cédente, et aussi ce qu'il dit à la p. 435 : c Simul al) istis galeripètis metuo (ut aperte loquamur) qui nos semper e tranquillo in aestum atque in scopulum auferunt, fatali Franciae calamitate. » Enfin, et', plus bas la n. 3.
2. P. 73 (en bas) : a Praeclarum enim silii esse uir literarum nescius «\istimauit, cohorte millenaria futilium hominum stipatum ultro per Alpes citroque commeare, quos partim annuis congiariis ;i rationario publico principisque donarc instituerai . partim optimo quoque praemio uirtutis testatissimae sacro profanoque ornare. » Sur la politique du cardinal et sur la médiocrité 'lu personnel diplomatique qu'il employait, voir, à la page 76, un dernier passage fort important.
3. Pp. 71-72 : « Tametsi secundus eo nomine desiderium sui non modicum reliquit, quod eam rerum inclinationem quae secuta est. morari uidebatur; etiamsi Ipsum eius fundamenta primum îecisse conçusse orbe nostro omnes opinabantur, » Voir aussi les notes, suivantes ci tout l'ensemble de la digres* sion,
ils ont montré une impéritie sans excuse; ils n'ont rien su prévoir, ils n'ont rien su empêcher1. Le ton de ces critiques était amplement justifié par les derniers événements. La défaite de Guinegatte, notamment, avait produit en France une vive ('motion, et jusqu'à la mort de Louis XII, la situation du pays ne laissa pas d'être, par moments, fort mauvaise. On retrouve, dans le de Asse, l'écho de toutes les angoisses queBudé a traversées durant ces dix-huit mois2. Elles l'ont rendu pessimiste et il n'ose plus s'abandonner à l'espérance. Il n'a pas confiance dans le renversement incessant des alliances qui est le fruit de ces traités annuels dont on a pris l'habitude3. Il est vrai qu'il tire
1. Sur ces successeurs eu général, voir notamment les pages 434> 460-467 du de Asse. Mais il en est un à qui Budé consacre en particulier quelques lignes comme au plus important d'entre eux. C'est le dernier des trois personnages dont nous l'avons vu plus haut entreprendre le portrait (p. 168). Voici ce qu'il en a dit de plus précis (pp. 70-71 ; cf. p. 4^7) : « Is in suinmo magistratu dissimillimus sui factus, usque adeo omnia sibi susciperc permisit... ut dignos indignos, quos sibi morigeros semel expertus esset, in omni parte Reipublicae praeficiendos cu-[p. 7i]rarit... Videiicet fortunae indulgentia corruptus alque immemor personae quam gerebat, quod uirtuti debebalur illiberali obsequio dandum esse censuit. Ex quo Tact uni est ut quam existimationem primis et secundis uitae actibus collegerat, eam ipse in ultimo eodemque summo actu totam effudisse uideatur... Verum illc quoque mortuus est, cum summi honoris conuulsa majestate, tu m uero summae curiae lacessita seueritate, seminibus earum rerum iactis, quae insigni nostrarum rerum clade postea expiatae sunt. )> Il y a, dans ce passage, quelques traits assez précis pour nous permettre d'identifier le personnage en question. La « magistrature suprême » ne peut être que la chancellerie (voir, à la p. 447» IM1 parlant de Guy de Huchefort : « Hic adhuc unus numéros omaeis implesse gerendi iaro summi magistratu* existimatur »). Dès lors, il s'agit évidemment de Jean de Ganay qui fut chancelier après Guy de Rochefort et qui mourut en i5i2. Le désastre que sa politique avait préparé et qui suivit de peu sa mort, c'est la journée de Guinegatte, au mois d'août i5i3. Une fois pourvu de la « magistrature suprême », ce personnage n'a pas justifié les espérances qu'avait données le début de sa carrière : il suffit de rappeler ici la dédicace des « Annotations aux Pandectes » (cf. supra, p. q5).
■'. Voir d;ms le détail les digressions auxquelles sont empruntées nus diverses citations. Les lignes suivantes résumeraient assez, bien l'impression qui s'en dégage (p. 7M; il s'agit toujours des deux hommes politiques que Budé oppose à <iuy de Rochefort) : « At contra secundus incitatus et uibrans, tertius eo amplius praeceps, eo maxime nomine memoriam sui rébus Gallicis inussere, quod felicitati et gloriac iïrancicae funus indixissc existimantur. Haec est euiin omnium opinio, hic sermo, quem fama tumultuose his annis circuntulit. »
•>. P. 435 : >• Neque uero et ïlla iactatione Fœderum anniuersariorum satis ipsi uîdemur in portum quendam fixi certique cousilii respexisse. » Sur la
un heureux présage du mariage qui se prépare entre Louis XII et la fille du roi d'Angleterre1. Il ne se doutait pas alors que les derniers jours du règne approchaient. Lui-même il nous a dit ce qu'ils furent dans une page de son épilogue ; le vieux roi devenu incapable d'exercer le moindre contrôle sur les actes de ses favoris, ceux-ci comblés de faveurs d'autant plus grandes qu'ils avaient joué un rôle plus néfaste, le pouvoir souverain tombé aux mains d'hommes sans naissance, sans scrupules et qui mettaient au pillage les revenus de l'Etat, tel l'ut le spectacle scandaleux qui s'offrit alors aux Français". Ils eurent, quand mourut Louis XII, une impression de délivrance : « A voiries sentiments qui se peignaient sur les visages, on aurait cru que l'Etat sortait d'une longue période de honte, et ces jours de deuil ressemblèrent à des jours de fête3. » Budé, lui, n'aurait garde de s'abandonner trop vite à la joie : il faut attendre encore avant de présager ce que sera le nouveau règne. Tout de même il reconnaît que les premiers actes de François ont fait sur tout le monde une favorable impression : « 11 n'a maintenant, dit-il, qu'à s'inspirer de ces commencements, et je me porterai garant que nous assisterons à une résurrection éclatante de l'ancienne gloire des Français ; ranimée par l'attente de si grandes choses, la France a déjà repris courage et secoué cette tristesse où l'avaient plongée les épreuves envoyées par le ciel4. » Il s'en faut de peu que
politique française à cette époque, voir les observations de M. H. Lemonnier, Hist. de France de Lavisse, t. V, 1, p. 1 1!\.