Voir, plus loiu, le début de l'Appendice II, extrait A
Le recueil d apophtegmes offert a François ier. 207
symboles qui servent à la figurer, ("/est Mercure qui en est le dieu chez les Grecs et les Romains ; chez les Celtes, c'est Hercule, si on en croit le récit de Lucien1, et ces deux fictions n'expriment qu'une seule et même chose : c'est l'action bienfaisante de l'éloquence « laquelle est nécessaire sur toutes choses a bons ambassadeurs. Se depuys le commencement des roys de France il v eust eu gens scauans et eloquens en France, et que les roys eussent fait estime d'eulx, la nation franeovse fust autant estimée que nulle autre après les romains. Car les francovs ont fait de grans choses qui n'ont pas esté mises par escript ; au moyen de quoy on n'en fait compte auiourduy néant plus que des cronicques de France qui se font par les moynes de sainct Denis, et ainsi est venu en oubliance la gloire de tant de nobles et vaillans roys et princes et cheualiers de ce royaume par faulte de la plume » ~ .
Nous voici enfin à la conclusion de tout le développement qui précède : « On voit clerement par ce que dit est et autrement que les histoires anciennes sont les inuentaires et registres des actes et appoinctemens qui se donnent par les iugemens de dieu et des faitz et ordonnances de la prouidence diuine, mémoire et ramenteuance de la vertu des hommes et aduertissement de la variété et puissance et instabilité de fortune » 3. Les histoires, en nous faisant connaître le passé, nous permettent donc de prévoir l'avenir; grâce à elles, l'homme de bon jugement peut acquérir cette prudence qui est si précieuse pour le gouvernement de notre vie. Dans ce registre de l'histoire, Budé choisira plusieurs mots remarquables de rois et de princes anciens et il en tressera comme une couronne ou un bouquet qu'il offrira à François Ier.
Avant d'en venir « aux Gentils », il commencera par commenter quelques maximes de Salomon. Mais est-il bien nécessaire
1. I);uis l(>s Annotations (pp. Vi'-Vi •''')• Budé s'était déjà souvenu «lu mythe de l'Hercule gaulois, el il avait traduit une partie du réeil de Lucien; mais, en dépit dt; s., 11 goût pour cette fable, c'esl du mythe gréco-romain qu'il s'esl inspire pour donner au miniaturiste le sujet <!<• la scène qui es1 peinte ;'i la première page du manuscrit dans le compartiment supérieur (cf. notre planche du début).