TROISIÈME CAHIER
Ce volume porte ce titre sur la couverture : ex uerrinis et ex Columella et Varrone : et hieronymo et celso. Comme on le voit, il ne contient que des extraits d'un petit nombre d'auteurs. Il convient d'ajouter que les lectures dont il est le résultat ont été laites avec beaucoup de suite et de méthode. Les ouvrages auxquels ils se rapporte ont été lus en entier: les extraits qui en ont été pris résument les idées essentielles et reproduisent les passages les plus importants. Parfois Budé y ajoute des remarques de grammaire et de style : souvent aussi il lui arrive de transcrire de long passages pour les détails précis qu'ils renferment sur certaines questions. C'est ce qu'il a fait dans les Verrines pour tous les passages qui intéressent l'élude des monnaies anciennes. Il s'en servira pour le de Asse ; M. de Budé a relevé dans cet ouvrage jusqu'à neuf extraits des Verrines qui figurent déjà dans notre volume. La langue des discours est aussi l'objet de remarques assez nombreuses. Budé s'arrête de préférence aux expressions qui renferment quelque terme juridique. Il les éclaircil au moyen du commentaire d'Asconius, ou bien par des rapprochements avec des passages de Cicéron lui-même, de Quintilien, de Tacite ou de Tite-Live. C'est la méthode des Annotations aux Pandeetes. Parfois, il note l'usage qu'il pourra faire lui-même de telle ou telle expression. L'exclamation per deos immortales va lui suggérer cette réflexion : dicere nos hodie possimus per deum diuosque immortales. 11 suffit d'ouvrir presque au hasard le de Asse ou le de Transitu pour s'assurer qu'il a souvent employé la tournure. L'expression de : edicturn translatitium, qu'il explique longuement, est aussi de celles
i. Sur l'usage <|u*on faisait alors du latin dans la vie journalière, cf. Brunot, Hist. de la langue franc., t. Il, p. H.
dont il se plaît à orner son style. Josse Bade l'a relevée dans le bref commentaire qu'il a inséré à la fin du de Asse (Voeu m subobscurarum explanatio), et il ajoute, après l'avoir éclaircie : cuius multa sunt exempte*.
Aux extraits des Verrines succèdent des extraits des lettres de saint Jérôme : ex hierony. in epist . Budé devait en coûter le style hardi et chargé de figures. Nous le voyons relever le passage où saint Jérôme se compare à un vaisseau qui sort du port et qui va déployer ses voiles. Son attention s'arrête aussi sur les expressions énergiques dont saint Jérôme flétrit les hérétiques de son temps et cela ne surprendra pas chez l'auteur du de Transitu.
Le reste du volume est consacré à des extraits d'auteurs techniques. Budé s'occupe d'abord des deux classiques de l'agriculture : Vairon et Golumelle. Dans les extraits de Varron (ex Varrone), Budé recueille des règles et des préceptes qu'il a pu appliquer dans ses propres domaines; il note aussi au passage diverses étvmologies données par Varron.
Dans les extraits qu'il fait de Columelle (ex Columella), Budé étudie livre par livre son de re rustica, et il en transcrit de nombreux passages. Le nombre et l'importance des extraits sont en rapport, pour chaque livre, avec l'intérêt pratique que le sujet offrait pour Budé. Il ne trouve que peu de chose à prendre dans les derniers. Mais il transcrit, dans le premier livre, les préceptes relatifs aux maisons d'habitation, aux moyens d'en choisir la place et d'en établir le plan ; dans le deuxième, il emprunte à Columelle les procédés et les recettes utiles pour le labour et le fumage des terres; il fait enfin d'abondants extraits des livres consacrés aux vignes et aux vergers. ( >n sait d'ailleurs que dans le de Asse Varron et surtout Columelle sont cités assez fréquemment. Parfois même Columelle a fourni à Budé des tournures qui, îles Aduersaria, devaient passer dans les ouvrages imprimés : celle de pinguis Minerua sera reprise dans le de Studio (Lucubr., p. 6 I) : pinguis atque etiam teinte atque horridae Mineruae discipuli), el dans le de Philologia (ibid., p. .Vj C : quosdam pinguis Mineruae homines). De même, on lit dans les notes le passage où Golumelle compare les mauvais voisins aux brigands légendaires tels qu'Autolycus et ( lacus. La métaphore sera reprise dans le de Asse 1 Lyon, i55o, p. 787
On a déjà vu. par les extraits du deuxième volume, combien Budé était familier avec les auteurs anciens qui ont traité' de la médecine. Les
i . Cf. déjà Annot., p. 209.
extraits de (Vise, qui terminent le troisième volume, attestent l'étude approfondie qu'il avait faite de cet auteur. Chacun «les cinq premiers livres lui fournit environ huit payes d'extraits. Il passe rapidement sur îes deux derniers et ne prend, au moins à cette place, aucune note sur le sixième'. Comme, d'ailleurs, ces extraits ne sont accompagnés d'aucun commentaire, il est inutile de s'y arrêter plus longtemps.