CINQUIEME CAHIER
Il se distingue de tous les autres par son état de conservation. La reliure en est encore très propre el très fraîche, très nets aussi les dessins rectilignes en l'orme de losanges que l'on aperçoit sur les plats. Le dessus du volume porte les armoiries de Guillaume Budé, qui sont encore parfaitement visibles. En haut, on lit le titre suivant : ex Quintiliano ex aristotele et themistio. A l'intérieur, le volume se compose, de t5o feuillets environ. H jesl à peu près complètement rempli, chaque page étant écrite du haut jusqu'en bas; les disparates d'écriture v sont beaucoup moins sensibles que dans aucun des autres volumes. On n'y remarque guère d'additions marginales, ni de surcharges dans l'interligne. Tout, on h1 voit, nous indique des notes prises avec beaucoup de suite et qui doivent reproduire tout l'essentiel des ouvrages d'où elles sont empruntées. En revanche, il n'y faut point chercher de ces remarques de détail dont Budé faisait ensuite profiter son style. II est certain que ce volume une fois rempli, il n'a pas dû souvent le rouvrir pour y chercher de nouvelles ressources d'expression. On ne voit pas. dans ses ouvrages, qu'il en ait souvent mis à profit les notes, et cela même nous dispensera de nous y arrêter longuement.
Le volume débute par d'abondants extraits de Quintilien, choisis avec beaucoup de méthode. Budé ne s'attarde pas à des remarques sur la pensée ou sur le style de son auteur. Il tâche, avant tout, de faire dans ces extraits un résumé de l1 Institution Oratoire; il lui arrive île transcrire çà et là des passages qui n'ont d'importance qu'à son point de vue personnel ; cela, toutefois, esl assez pare. Somme toute, il a atteint
son but et ses extraits nous donnent, du livre de Quintilien, une idée précise et complète. Quelques remarques de cette série méritent d'être signalées. Un passage de Quintilien sur la nature de l'analogie amène sous la plume de Budé une citation de Bessarion : in 2. de materia ele me ntali loque ns. >\\ s'agit, sans doute, du traité in Calumniatorem Platonis.) Plus loin, une définition de l'enthymème fournira l'occasion «le plusieurs citations d'Aristote : Aristoteles in 3° pri. anal, de catasyllogismo loque ns.
2Ô6 GrUILLAl Ml BUDÉ.
Aux extraits de Quintilien succèdenl des extraits d'Aristote. En lisant le philosophe grec, Budé recourt, pour le comprendre, à tous lescommentateurs grecs ou latins, anciens mi modernes, qui onl essayé d'en éclaircir les obscurités. C'est d'abord des Catégories qu'il s'occupe, el il l'ait de ce traité «les extraits moins considérables que dés commentaires auxquels il a donné lieu. Ceux d'Ammonius, de Porphyre, «le Boèce, d'Argyropoulos el «le Léo Magentenus soni mis à contribution. Des extraits des Secondes analytiques sont ensuite annoncés ainsi : ex posterioribus analiticis et themistio et ioanne grammatico; c'est dans la traduction d'Ermolao Barbaro que Budé lit Thémistius. Le litre que nous venons de transcrire n'indique pas tons les commentateurs auxquels il s'adresse lour à tour. Il s'aide souvent des traductions latines de Théodore Gaza, el le nom dn commentateur Philoponus revient plus d'une fois en tète de citations importantes. Puis viennent quelques courts extraits de la Dialectique et de la Politique. Ceux de la Physique el du de Anima sont plus longs e1 pins abondants; le texte grec, il est \ rai, \ occupe moins de place que le latin de là traduction de Thémistius. Enfin . les dernières noies qui se rapportent à la philosophie aristotélique sont empruntées au livre déjà cité de Bessarion : e.r libro Bessarionis. Nous ne pourrions dire, comme pour Quintilien, que «es extraits philosophiques représentent très bien le développement et les idées principales des ouvrages auxquels ils sont empruntés. Mais, par leur variété même, ils montrent bien quelle application et quelle ardeur Budé apportait à l'étude de la philosophie d'Aristote.
I les extraits de Lactance terminent le volume. Budé a lu d'un boul à l'autre et la plume à la main les sept livres des Institutions. <//n/nes, le de Ira dei el le de Opificio dèi. Il n'essaie pas d'en l'aire, comme pour l'Institution Oratoire, un résumé même succinct . Il v recueille chemin Faisanl les pensées qui lui semblent intéressantes par elles-mêmes. Dans les premiers livres des Institutions divines, il transcrit beaucoup de
détails mythologiques OU de traits relatifs aux philosophes el aux poètes anciens. Ici encore il s'abstient de toute réflexion personnelle OU même
de tout rapprochement avec d'autres auteurs. Ainsi, le volume reste.
d'un bout à l'autre, un simple recueil d'extraits.