‹ Études sur L'Hyperion d'HölderlinChapitre 13 sur 65 · COHEN AT · texte numérisé non relu

COHEN AT

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pas de pleurer aux portes interdites, il tendra, de toutes ses forces, à recréer l'harmonie par sa nostalgie sentimentale (1) de l'idéal : « Tout se purifie », dit Diotima, « la fleur de la vie se libère peu à peu de l'élément gros- « sier » (2).

Et Hyperion puise une suprême consolation dans cette espérance en un retour des joies qui lui furent ravies « Tu retourneras parmi les dieux, tu vivras de la vie « sainte, libre et enfantine de la nature dont tu es MSUD ():

Ainsi, la nature extérieure éveille l'admiration du poète par le prestige de sa calme sérénité, de son éternelle splendeur ; il épanche, en elle, son mécontentement, sa mélancolie, l’intime désaccord de ses facultés et il la considère, par opposition avec la sentimentalité dont il souffre, comme naïve (4). Elle devient pour lui l'idéal, le but suprème de ses nostalgies.

Mais comment Hyperion conçoit-il cette harmonie nouvelle de l'âme humaine et des objets extérieurs ?

Il veut se réfugier avec Diotima sous les grands arbres des forêts « qui seront pour eux comme les colonnes « du saint des saints dont jes profanes n'osent approcher, « et, penchés sur la source, ils contempleront, dans son « miroir, le monde de leurs pensées » (5). Ils vivront de la simple existence des arbres et des fleurs, et, le matin, quand l'animation du monde allumera, devant eux, comme l'incendie d'un immense sacrifice, ils iront joyeusement à leur tâche, car leur activité, si infime soit-elle, se fondra dans la flamme de l’éternelle vie qui monte,

(1) Dans le sens schillerien.

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