‹ Études sur L'Hyperion d'HölderlinChapitre 14 sur 65 · COLA IT · texte numérisé non relu

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Le To

calme et sereine, de la terre vers le ciel. C’est alors, seulement, qu'ils seront heureux, « heureux comme les anciens « prêtres de la nature, à la fois saints et joyeux, qui « connurent la piété avant que le premier temple ne fût « bâti » (x).

Ainsi, la nature dont rêve Hülderlin est, à la fois, familière et majestueuse, humaine et divine. Elle lui apparaît comme le retour à l'ingénuité, à la simplicité des premiers âges, comme le temple lointain des ferveurs naïves et des félicités éternelles.

Comme l’âme humaine, la nature est pensante et douée de recueillement intellectuel « voll friedlichen Geistes » (2). Elle connaît, elle aussi, les larmes et le deuil, elle est capable de souffrances aussi intenses, aussi profondes, que ses félicités, car la souffrance est un élément de perfection, or, la nature symbolise, pour Hyperion, la perfection suprême, $es béatitudes sont des victoires remportées au prix de luttes indicibles et, non pas, le sommeil lourd, inerte du néant : « Tout être doit souffrir », dit Hyperion, « et d'autant plus profondément qu'il est excellent. La « nature sacrée ne souffre-t-elle pas ?... Son éternité, « est-ce l’inertie sans fin du néant ? Ne connaît-elle pas « la victoire, n'a-t-elle pas accompli toutes les perfec- « tions ? » (3).

Le symbole de cette vie spirituelle et de cette valeur morale de la nature, c'est la flamme, la flamme ardente ét immatérielle qui consume la matière, qui purifie et qui s'élève triomphante au-dessus de l'élément tangible

« La terre », dit Hyperion, «est une joyeuse flamme de « vie, libre de tout élément grossier (4) et les pénibles

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