‹ Études sur L'Hyperion d'HölderlinChapitre 15 sur 65 · C'ELNE IT 12 (2) H. W., IL · texte numérisé non relu

C'ELNE IT 12 (2) H. W., IL

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« spéculations de l'esprit inquiet fondent, comme des « perles de cire, aux flammes de la nature » (1).

Ainsi, l’homme découvre, dans la nature, un génie sympathique qui réalise, au prix d'efforts et de douleurs infinies, la pureté morale, la sainteté vers laquelle il aspire lui-même. « La douleur », dit Hyperion, « est digne du « cœur de l'homme, elle est digne de ta confiance, à « nature ! car elle conduit de perfection en perfection, « jusqu'à la perfection suprême » (2).

Mais cette perfection de la nature dépasse les forces humaines. Elle est le signe de la divinité. Et, la confiance naïve de l’'homme-enfant vis-à-vis des forces de l'univers devient, chez Hyperion, un culte fervent et réfléchi. On rencontre, à chaque ligne, dans le roman, des épithètes comme celles-ci

« La nature divine » (3) ; « La plaine paradisiaque » (4) ; « La terre sacrée » (5).

Dans cette adoration de la nature divine, Hyperion oublie nos agitations d’un jour, il entrevoit le calme paradisiaque des félicités éternelles. « O, bienheureuse na- « ture ! » s’écrie-t-il, « toutes les félicités du ciel sont « contenues dans les larmes que je pleure devant toi, « comme un amant devant son amante ! » (6).

Ainsi, la nature, telle que la conçoit Hyperion, ce n'est pas la nature réelle, mais une nature rêvée par le poète, telle qu'elle n’a jamais existé. Sa splendeur n’est plus une réalité dont nous ayons conscience, mais une aspiration. Le mot « nature » éveille, chez lui, la vision sereine d’un

(4) H. W., Il, 11.

(5) H. W., Il, 12.

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