D'HOW OUR
« son souffle vivifiant, la graine brise l'enveloppe qui la « tient prisonnière. Les arbres, pour baigner leurs bran- « ches dans lés flots de son haleine, secouent la neige, « comme un manteau importun » (1). Hyperion reconnaît, en lui, un principe divin, omniprésent et immortel, de même essence que l'esprit humain : « Nous aimons « tous l'Ether », s’écrie-t-il, « notre affinité est réelle el « profonde » (2).
Ainsi, des abstractions telles que la lumière et l’éther vivent et agissent, pour Hôüfderlin, elles parlent à son imagination, elles lui inspirent du respect et de l’amour. Ce sont, pour lui, des divinités familières dont il aime la présence ; son âme s’épanouit parmi elles. « Soleil, Ether », dit Hyperion après la mort de Diotima, « vous êtes mes frères, mon cœur ne peut plus vivre que parmi vous » (3).
Mais l'attitude d'Hyperion vis-à-vis de la nature n'est pas exclusivement hellénique. Il se mêle, à son sentiment grec, une religiosité plus moderne, de couleur panthéistique, assez proche du déisme de Rousseau qui, lui aussi, aima la nature, non pas seulement par besoin du cœur, goût des chimères, ivresse d'oublier, mais encore, parce qu'elle exprimait, pour lui, la divinité et le conduisait à I comprendre.
Hyperion n'invoque pas seulement les forces divinisées de l’univers, telles que la lumière, l'éther, l'Océan, mais aussi, et plus souvent encore, la puissance abstraite qui contient toutes ces forces, « la nature divine, l'âme, l'esprit du monde ». Et il y a, dans ces ferventes invocations, un amour moins païen pour l’Etre suprême qui réconforte les destinées humaines,
« O Sainte Nature! », s’écrie-t-il, « je ne saurais « exprimer le sentiment qui m'envahit lorsque mon œil
« contemple ta beauté, mais d’indicibles félicités s'expri- « ment par les larmes que je verse devant toi » (1).
Emu par la jeune splendeur du printemps, il lève les yeux vers le ciel étoilé, et devant l'harmonie immuable des mondes qui évoluent dans le ciel, inconsciemment, il murmure une prière ‘ « M'aimes-tu », demande-t-il, « « Père céleste, plein de clémence et de bonté ? » Et, l’affirmation de cet amour, il la perçoit « dans la certitude et la félicité de son cœur » (2).
Il aspire à connaître, de plus en plus profondément, la divinité qui se manifeste dans l'univers, et cette connaissance du principe même qui régit la vie des mondes, il l'acquerra, par la contemplation spirituelle de la nature où la divination et l'amour triomphent de la réflexion « La nature me ferme ses bras, Car je suis un étranger « pour elle ; je la regarde sans la comprendre. Hélas ! « pourquoi fréquentai-je vos écoles ?... Près de vous, je « devins raisonnable, j'appris à me distinguer de tout ce « qui m'environne, et, maintenant, je suis isolé parmi les « beautés du monde, banni du jardin de la nature où je « grandis et où je fleuris, et je me dessèche au soleil de « midi » (De
De cette contemplation spirituelle de la nature naît l'intelligence profonde de sa beauté et de sa félicité «© O, ma Divinité ! Je ne concevais pas, jadis, que tu sois « capable de souffrances égales à tes félicités. Mais, une « joie sans douleur serait inertie et la mort enfante la « vie » (4).
Ainsi, Ta douleur qui purifie l'âme humaine est la source même de la beauté et de la perfection divines, et Hyperion entrevoit l'identité de cette vie « harmonieuse,