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(3) Cité par Zinkernagel, € Entwickelungsgeschichte von Hôlderlins Hyperion », chap. I.
(à) H. W., IL, 17.
siasme, l'amitié qu'ils symbolisent, Alabanda lui répondra : « Ces étoiles ne sont qu'un vain signe qui perpétue, « dans le ciel, la mémoire des frères héroïques ; mais ces « frères vivent en nous, avec leur courage et leur amour « divin. C'est toi le fils des dieux et tu partages ton « immortalité avec ton Castor bien-aimé » (1).
L'amour et l’amitié apparaissent donc, dans le roman d'Hôlderlin, comme les facettes d’une seule aspiration idéaliste et héroïque vers le perfectionnement individuel.
Diotima et Alabanda incarnent la belle humanité vers laquelle vont les nostalgies d'Hyperion ; ils complètent sa personnalité qui ne pourrait s'épanouir sans eux. Diotima, c'est la poésie, le rêve, l'illusion qui console l'âme blessée et déçue par la médiocrité du présent. Hyperion se sent attiré vers cette figure élancée, vaporeuse, qui semble ne pas toucher la terre et qui transfigure tout autour d’elle par le rayonnement de sa belle perfection. Alabanda, au contraire, appelle Hyperion à la vie, à l’action. Il porte en lui de vigoureuses énergies capables de transformer le présent, d'édifier l'avenir, et Hyperion ne résiste pas à l'emprise de ses suggestions. Selon les besoins de son cœur, le héros s’abandonne aux douceurs du rêve, au charme de la poésie, et, l'amour lui fait entrevoir des mondes nouveaux, ou bien, il &e jette dans les péripéties de la lutte pour créer réellemeunt l'idéal entrevu dans le rêve, et, son âme s’exalte au contact d'Alabanda.
L'ami est donc, pour Hyperion, le guerrier sublime, le demi-dieu, l'Achille fougueux et enthousiaste qui l'entraîne dans l'irrésistible silage d’une course olympique. Mais Diotima, elle aussi, est une madone héroïque. Le charme radieux de ses perfections éveille l'enthousiasme, la foi en un avenir meilleur dont elle est le gage.
Ivperion à profondément conscience de cette valeur éducative de l'amour et de l'amitié, et il unit, dans une
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tendre vénération, les âmes héroïques de son amante et de son ami, lorsqu'il s’écrie, débordant d'enthousiasme « Diotima ! Alabanda ! créatures nobles et sublimes » (x).
Mais, cette vénération est nuancée d’une plus délicate tendresse, lorsqu'IHyperion évoque Diotima, Alabanda reste toujours, pour lui, der liebe Rüsiige (2), c'est-àdire le héros qui domine et qui attire par l'emprise irrésistible de sa personnalité, par sa vigueur physique et morale. Diotima représente la délicate et fragile perfection qui s'épanouit « comme les fleurs frileuses de l'hiver » (3) au pâle rayon qui la fait vivre.
Ainsi, l'amour et l'amitié, tels qu'ils se manifestent dans le roman d'Hôlderlin, sont de belles et fécondes aspirations qui dominent, tour à tour, l'âme d’Hyperion et qui déterminent, en grande partie, son évolution morale. Ces aspirations ont pour condition nécessaire la noblesse de l'âme humaine, elles n'atteignent leur qualité supérieure que chez les êtres d'élite, chez les héros qu’elles soutiennent dans leur ascension sublime vers l'idéal et dont elles illuminent la douloureuse destinée.
Il. -- L'amitié
Hyperion fait deux fois l'expérience de l'amitié. Il croit entrevoir l'humanité vers laquelle il aspire d’abord en Adamas, puis en Alabanda, et cette vision de l'idéal éveille, chez lui, le désir de s’en rapprocher, de vivre dans sa sphère, de se confondre avec lui.
Une différence profonde distingue ces deux manifestations de l'amitié. Le sentiment qu'Hyperion éprouve