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(4) Id.
« fermeté, le calme de l'âme et la vivante activité » UE
Diotima ne possède, comme Lotte, aucune science livresque, mais une intuition délicate des choses, plus précieuse que les connaissances acquises et le savoir artificiel du monde : « Que vaut », dit Hyperion, « l'orgueil: « leuse pensée des hommes à côté des accents spoaianés « de cet esprit qui n'a pas conscience de ce qu'il sait ? « Qu'est-ce que la sagesse d’un livre comparée à la sagesse « d’un ange ? » (2).
Te!s sont les traits essentiels du caractère de Diotima qu'Hôlderlin paraît avoir empruntés à Suzette Gontard el à l'héroïne de Werther. Mais, l'originalité de cette figure féminine très différente, au fond, .de M” Gontard et de Charlotte, ressortira de l'analyse même du sentiment qu'elle inspire à Hvperion.
Au milieu des splendeurs de Kalaurée, Hvperion et Diotima oublient la fuite du temps dans l’enchantement de leurs entretiens. C'est dans la belle lumière du paysage grec, sous les verts ombrages du laurier et de l'oranger, parmi les colonnes brisées de l'Acropole, qu'ils évoquent l'antique splendeur d'Athènes et sa résurrection dans les siècles à venir. Les regrets, les angoisses, les enthousiasmes qui agitent le cœur d'Hvyperion perdent, au contact de Diotima, quelque chose de leur douloureuse acuité et les dissonances de cette vie intérieure si tourmentée s'effacent dans l'immense harmonie de l'espoir, dans les douceurs du rêve et de l'oubli : « L'âme de « Diotima », dit Hyperion, « fut, pour moi, un Léthé, le « Léthé de l'oubli sacré » (3).
Quels sont les éléments essentiels de ce rêve qui enchante, pour un temps, le cœur d'Hyperion et lui donne l'illusion d’une félicité complète ?
(1) Werther, Gœthe, Werke, herg. von Prof. Dr. Prem. NIL 13. (Ma PAS TENTE (3) H. W., IL 79;
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L'amour d'Hyperion et de Diotima est un accord idéaliste et intellectuel qui tend toujours à spiritualiser l’élément sentimental. Et la beauté, la perfection, l'amour, la sagesse divine que symbolise Diotima se confondent dans l'hommage rendu à sa merveilleuse prescience de toute chose (1).
Son amour, pour Hyperion, contient moins de souffrance et de soumission que de compréhension. Ou, du moins, lorsque cette souffrance et cette soumission existent, elles sont motivées par la claire intuition d’une nécessité qui impose le sacrifice, telle que la destinée héroïque d'Hyperion.
En effet, pour Hyperion, comme pour Socrate, Diotima est celle qui comprend, qui conseille et, par là même, qui console. Lorsqu'Hyperion développe devant ses amis, réunis chez Notara, sa conception idéale d’une humanité parfaite, Diotima pénètre le fond de sa pensée encore obscure pour lui-même. Guidée, moins par le raisonnement que par une profonde et mystérieuse intuition, elle devine les idées qu'il ne formule pas encore (2). Et ainsi, elle découvre les causes profondes de sa mélancolie, elle analyse la vague souffrance qu'il ne parvient pas à définir : « O ne ris pas de ta destinée », lui dit-elle, « ne « ris pas de ton cœur, car je les comprends mieux que « toi-même » (3). La maladie qui tourmente son âme, c’est la nostalgie d’un monde idéal qu'il a cru voir réalisé à certains moment de sa vie et le désespoir causé par la perte de cette illusion, Il a eu tort de demander à la réalité plus qu'elle ne pouvait lui donner, en cherchant dans ses amis, Adamas, Alabanda, non pas un individu, mais tout un monde, l’âme d'élection qui devait réunir
(1) H. W., IL, 82. « Sie war wunderbar allwissend ». (A IE WOITERSE (3) H: W. II, 89.
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en elle toutes les perfections d'une humanité utopique (1). Il est donc à la fois très riche et très pauvre, car il possède le fantôme d’un âge d'or à venir, mais cet âge d'or n'existe pas encore. Tandis que ses rèves le transportent dans un monde idéal de beauté et de justice, il se retrouve, à son réveil, dans læ société appauvrie de la Grèce moderne, Accablé par l'insignifiance du présent, il cherchera, dit Diotima, «un dernier refuge dans la tombe » (2: Mais Hyperion s'élève contre cette sombre prophétie, car son désir nostalgique s'est évanoui à l'apparition de Diotima qui satisfait les aspirations de son esprit et de son cœur « tant que le soleil et Diotima resplendiront », dit-il, « il n'y aura pas de nuit pour moi » (3).
Il lui avoue alors l'exaltation spirituelle que fit naître, en lui, leur première rencontre : « O Diotima, je ne puis « te dissimuler plus longtemps ma félicité, mon inquié- « Lude, mes appréhensions, oui, tu le sais, tu dois le « savoir, je périrai si tu ne me tends la main (4). Depuis qu'il la connaît, il se trouve dans l'état de « quelqu'un qui aurait tout perdu pour tout gagner » (b) et l'harmonie parfaite des aspirations succède au trouble de son âme. « O, Diotima !», dit-il, « je me suis élevé jusqu'à toi, et le « divin joue maintenant avec le divin, comme les enfants « jouent entre eux » (6).
Leur entente spirituelle, c'est le merveilleux épanouissement de l'âme au contact d'une autre âme, dans la sphère enfin conquise de la liberté, de l'harmonie et du jeu.
Is se parlent, dit Hyperion, « d'âme à âme » (a) ets
(QU a ANA E GC (2) H. W., IH, 90.
(3) WI 00 (4) Id.
(7) HW 11692: