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où les membres mutilés gîsent pêle-mêle, tandis que le sang de la vie s’infiltre dans le sable » (1).
Essayons de préciser cette théorie d'Hülderlin. Comment naquit d'après lui la civilisation athénienne ? Est-ce par la situation géographique du pays ? La nation grecque se forma dans l'union intime avec la nature « qui ne lui « donna ni pauvreté, ni opulence, le ciel ne la brûla pas « sous une pluie de feu, la terre ne la gâta pas de caresses « et de donc exagérés » (2).
L'Egypte, au contraire, tel un despote superbe, anéantit l'homme par sa puissance et son éclat. « Avant même de « marcher, il faut s'agenouiller, avant de parler, il faut « prier » (3). L'Egyptien fait abnégation de lui-même avant d'atteindre la totalité de son être, incapable de concevoir la beauté infinie, il révère une divinité voilée, une énigme sinistre, l'image muette et sombre d'Isis (4).
Mais, le climat de la Grèce, plus favorable au développement humain que celui de l'Egypte, fut le même pour les Grecs antiques et pour les Grecs modernes, le même à Athènes et à Lacédémone, or Lacédémone représente la passion surabondante, le manque de naturel, Athènes seule réalise l'idéal de modération grecque (5).
Cette civilisation serait-elle le résultat de l’art, de la philosophie, de la religion ou de la ‘politique ? Non, car ce sont là des manifestations du génie d’un peuple qui existent seulement lorsque la civilisation se développe (6). L'idéal grec est dù au bonheur d'un développement spontané qui apparaît comme le produit d’une sélection Bumaine.
() H. W., IL 201. Hôlderlin reprend ici le thème schillérien des lettres sur l'éducation esthétique de l’homme.