‹ Études sur L'Hyperion d'HölderlinChapitre 40 sur 65 · CON IT TA · texte numérisé non relu

CON IT TA

(6) Id.

En effet, le peuple athénien grandit libre de toute influence violente, il ne fut ni affaibli par la domination des conquérants, ni enivré par les succès guerriers et sa niaturité ne fut pas hâtée par l'influence d'une sagesse trop précoce. Son adolescence se développa en toute liberté, comme le diamant se cristallise (1). Venu tard dans le monde, il fut épargné par les guerres funestes du début, l'histoire ne le mentionne pas avant l'époque de Pisistrate et d'Hipparque, et il se mêla peu à la guerre de Troie qui fut, pour les autres peuplades grecques « une serre, où elles s'exaltèrent et s’animèrent trop tôt » (2).

Pour que cette civilisation parfaite prît naissance, il fallut une destinée particulière, et, cette destinée, les Athéniens la trouvèrent dans la médiocrité qui fait le bonheur des sélections,

En effet, une destinée extraordinaire ne crée pas des hommes, elle engendre des colosses et non la beauté, « car les fils d'une telle mère », dit Hyperion, « sont « gigantesques, mais ils ne sont pas beaux » (à).

Cette modération détermine la vie politique, philosophique, artistique et religieuse des Athéniens (4).

Ils créent des dieux qui ne sont ni immenses, ni petits, mais semblables à eux, car la véritable beauté humaine s'identifie avec la divinité (5).

Donc, si la culture athénienne s’est élevée au suprême degré de perfection, c'est qu’elle exprime, par opposition aux cultures environnantes, de Sparte et d'Egypte, une nature livrée à elle-même, mûrie en toute liberté (6).

Cette conception de l’âme athénienne détermine les

(2) Id.

(3) Id.

(5) Id.

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