CH: WAP AS
(2) Pour l'exposé des principes essentiels de la philosophie de Schelling, voir Brehier ; « l'Histoire de la philosophie allemande », (3) H. W. IL, 56.
Mais cette idée de la libération du moi absolu qui entraîne la moralisation de la nature pouvait subsister, chez Hôlderlin, sans heurter les conceptions de Schelling, elle pouvait même prendre au contact de ces conceptions une force nouvelle,
En effet, dans son Trailé de l'Ame du monde, paru en 1799, Schelling montre, en partant de la philosophie de Fichte, que Funivers est un organisme qui trouve en luimême les causes de son perpétuel rajeunissement.
Pour Schelling, la nature, conmme l'activité du moi chez Fichte, n'est productrice que grâce aux limites qu'elle rencontre et qu'elle s'efforce de surmonter, Ainsi, il transporte le système de Fichte dans la nature où le moi et le non moi sont remplacés par des forces impersonnelies et inconscientes.
Diotima a conscience de cette marche lente et pénible de la nature vers la perfection, de ces conquêtes successives d'une force sur une autre force, semblables aux victoires de l'esprit dans son ascension vers la liberté : « Lève « les yeux vers le monde », dit-elle à Hyperion, « n'est-ce « pas la marche triomphale où la nature célèbre son éter- « nelle victoire sur l'anéantissement ? » (x).
Elle se rend compte que tout, dans l'univers, subit une purification progressive, l'âme humaine comme la nature, puisqu'elles sont d'essence identique, et, cette purification, c'est toujours l'ascension vers la liberté spirituelle : « Tout « dans la nature se purifie, et partout la fleur de la vie « se dégage de plus en plus libre de la matière gros- « sière » Co):
Les efforts que nécessite cette purification progressive créent, dans la nature, comme dans l'âme humaine, la douleur qui est la condition nécessaire de tout progrès vers la perfection et les félicités éternelles
CHEN TL 19 (AJ ONN UT, 189:
« Tout être doit souffrir », dit Hyperion... « La nature « sacrée ne souffre-t-elle pas ? Son éternité est-ce l’inertie « sans fin du néant ? Ne connaît-elle pas la victoire, « n'a-t-elle pas accompli toutes les perfections ? » (x):
C'est ainsi que l'âme humaine et la nature fraternisent par leur communion intime dans la souffrance et dans la victoire, |
Mieux que le moralisme Kantien et le subjectivisme de Fichte, l'influence de Schelling paraît avoir aidé Hôlderlin à préciser une des conceptions essentielles de son idéalisme, à savoir qu'un même principe anime la nature organique et la nature inorganique, qu'un même rythme vibre dans l'évolution de ces deux éléments, qui, partis d'une origine unique, aspirent à s'unir de nouveau.
Cette aspiration spontanée du cœur qui s'achève dans une vision philosophique du monde et de la vie évoque, à notre esprit, les convictions d'Henri d'Ofterdingen dont le rêve magique s'apparente, à bien des égards, avec
l'idéalisme d'Hôlderlin (2).
Les sources de la pensée d'Hôlderlin sont donc très diverses.
Et cependant, si l'on considère avec quelque recul l'évolution de cette pensée, la ligne selon laquelle elle se développe apparaît très nette et {rès simple.
Les nostalgies qui s'éveillèrent spontanément dans le cœur du jeune Hôlderlin se précisèrent lorsqu'il prit contact avec l'idéal platonicien et les conceptions de Schiller. Il entrevit, comme fin dernière de l’évolution humaine, une beauté et une moralité supérieures par les-