‹ Études sur L'Hyperion d'HölderlinChapitre 53 sur 65 · ON IL · texte numérisé non relu

ON IL

d'amères nostalgies, le souci d’un avenir incertain, de funèbres pressentiments. Ils pensent, comme Alabanda, que les vertus des anciens sont désormais sans emploi. « Les héros, », dit Alabanda, « ont perdu leur gloire et « les sages leurs disciples » (x).

« Mon cœur », écrit Hôlderlin dans Griechenland, « appartient aux morts » (2).

Ilyperion évoque avec enthousiasme le souvenir de son ami à jamais disparu et les exploits des héros dont il rencontre les tombes sur sa route, Sa patrie dévastée « s'étend devant lui comme un cimetière ». Il la parcourt, seul et sans gloire, recueillant les vestiges du passé, tel le glaneur qui ramasse les épis oubliés, et peut-être tombera-t-il un jour « sous le couteau du chasseur qui « frappe les Grecs, comme le gibier des forêts » (3).

Cette tendance à se détacher du présent pour se réfugier dans le souvenir d'un monde évanoui est tout ossianique.

Le-passé glorieux ne vit plus, pour les héros d'Ossian, que par la mémoire des générations qui disparaissent. Alpin a voué son chant aux morts : « Morar », dit-il, « rapide comme le cheveuil sur la colline, terrible comme « les feux du ciel pendant la nuit, dort maintenant dans « la tombe, Quatre pierres couvertes de mousse, un arbre « dépouillé de ses feuilles, les hautes herbes qui ondulent « au vent indiquent seules aux regards du chasseur l'en- « droit où repose le vaillant guerrier » (4).

Comme Hyperion, Armin erre par le monde, sans amour et sans Patrie. Il appelle en vain son fils et sa lille « Arindal, le héros redoutable et Daura, la vierge « bien-aimée » (5),

(MEN ENTISS:

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