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perfection une force de resplendissement qui ennoblit tout autour d'elles.
Pour Hyperion, Diotima est une lumière dont il recueille les rayons dans son cœur comme dans un miroir.
« In welchem Spiegel sammelten sich so wie in mir die « Strahlen dieses Lichtes ? » (x).
Et Diolima considère le génie d'Ilyperion comme un rayon lumineux qui vient éclairer la nuit où elle était plongée.
« Da er, wie ein trauernder Genius, hereinglänzt in die « Schatten des Waldes, wo im Jugendtraume das umbe- « kümmerte Mädchen sass » (2).
Les mouvements adoucis de ce qui coule, vole ou plane dans la nature fournissent quelques images à la fantaisie du poète : « Wie eine Biene unter den Blumen fliegt meine « Seele oft hin und her zwischen den Meeren » (3).
Le son n'est en fait qu'un aspect du mouvement. Aussi, faut-il rattacher à cette série d'images les métaphores suggérées par l'idée de l'harmonie et du rythme.
Très musicien et très sensible aux bruits infinis de la nature, Hôlderlin paraît disposé à rendre par des sonorités les émotions de son âme.
Le chant exprime la vie qui se maintient et se renouvelle par l'accord mélodieux des êtres et l'harmonie est comme la force mystique qui crée et conserve le monde :
« Lebendige Tüne sind wir, stimmen zusammen in « deinem Wohllaut Natur » (4).
Les êtres qui se meuvent dans l'univers sentent et pensent au son d’une musique divine « Das ist auch meine Hoffnung, dass solche Tôüne und
(2) H. W., Il, 444.
« grôüssere einst wiederkehren müssen, in der Symphonie « des Weltlaufs » (1).
L'harmonie semble sortir, pour Hôlderlin, de toute chose vivante. Elle lui paraît, à lui, dont l'âme est particulièrement retentissante, comme le son même de la vie. Les bruits de la nature se mêlent parfois si intimement aux mélodies de son cœur qu'il est difficile de les distinguer
« Der Wonnegesang des Frühlings singt meine sterbli- « chen Gedanken in Schlaf » (2).
Les grandes aspirations, telles que l'héroïsme et l'amour, laissent sur les lieux où elles vécurent un souvenir de leur splendeur, dans les échos qu'elles frappèrent et qui peuvent retentir encore :
« In den Hainen, in den Tempeln, erwachten und tôün- « ten ineinander ihre Seelen, und treu bewahrte jeder « die entzückenden Accorde » (3).
Ces impressions de forme, de couleur et de reflet, de mouvement et de son, Hülderlin les associe et les confond parfois en une image complexe. Il identifie ainsi les ondes lumineuses et sonores et parle de « la mélodie de’ la lumière »
« Wenn über mir die Melodie des Morgenlichts mit « leisem Laute begann » (4).
Enfin, il est encore un autre sens auquel on ose à peine donner ce nom, dont les impressions positives, bien que difficiles à définir, suscitent chez Hôülderlin de nombreuses images d'un caractère symbolique. C’est le sens du mystère,
Pour Hôlderlin, les limites qui séparent le concret et le mystérieux, les êtres et les choses, l'homme et la nature
sont flottantes et s'effacent parfois. Aussi parle-t-il spontanément par symboles. Hyperion compare la beauté et la perfection idéales au rayon de lune qui joue sur son front mélancolique et apaise ainsi le trouble de ses pensées, Son àme est à la fois calme et agitée comme le firmament, elle ressemble, dit-il, à une mer houleuse d'où émerge, comme une Île sereine, la paix éternelle de Diotüma. Et Diotima, plus belle dans la tristesse que dans la joie, lui rappelle les fleurs qui exhalent la nuit un parfum plus suave que le jour.
Ainsi, le poèle a comme une intuition de ce qui n'est ni sensible, ni perceptible. Il pénètre et parvient à rendre par les mots la part d'indéterminé qu'il y a dans les choses, la part d'inconnu quil y a dans les pensées, l'inexprimable des sentiments.
Cette faculté de donner une forme concrète et symbolique aux aspirations et aux passions de l’âme humaine se manifeste dans de nombreux exemples, Nous n'en citerons qu'un
« Wir begegneten einander, wie zwei Bäche, die vom « Berge rollen, und die Last von Erde und Stein und « faulem Holz und das ganze träge Chaos, das sie aufhalt, « von sich schleudern um den Weg sich zu einander zu « bahnen » (x).
Hôlderlin explique donc l'infini par le fini, la vie de l’âme par celle de la nature. Il se transporte ainsi dans un monde idéal où la beauté céleste et la beauté terrestre se confondent et s'achèvent mutuellement
« Wir nannten die Erde eine der Blumen des Himmels « und den Himmel nannten wir den unendlichen Garten « des Lebens » (2).
Cette faculté de personnifier la nature, de symboliser l'invisible, inspire les apostrophes enthousiastes par les-
quelles Hyperion invoque la lumière, l'air, les eaux comme des divinités vivantes.
Par la richesse des métaphores et l'ampleur du rythme, de tels passages rappellent les hymnes à la nature et à l'éther.
Pour exprimer ses sentiments et ses pensées, Hôülderlin emprunte done au monde extérieur des formes, des couleurs, des mouvements et des sons. Doué d'un sens délicat de l'infini et du mystère, il exprime les plus imperceptibles frémissements de l'âme humaine.
Une autre différence peut fournir un principe de classification des images. C'est leur mode de formation et d'apparition dans l'esprit du poète. Les unes naissent spontanément d'une impression qui survient ou d'une analogie qui s'impose. Elles sont directes, subites, réflexes pour ainsi dire, tant elles ont l'air de continuer la sensation, le sentiment ou l'idée qui les à fait surgir.
On relève, dans le roman d'Hôlderlin, peu d'images de ce genre. Nous en citerons une :
« Ich bin’s gewohnt geworden, die Aussendinge abzu- « schütteln wie Flocken von Schnee » (1).
Le poète emprunte les termes de comparaison aux apparitions familières de la vie réelle qui semblent des formes toutes prêles à recevoir son sentiment ou sa pensée,
D'autres images sont dérivées d'une association qui suppose un trajet de l'esprit entre la sensation ou l'idée et la figure par laquelle il la traduit. Le mot sert de lien en pareil cas. Nous lisons dans Hyperion : « Ich ziehe durch « die Vergangenheit wie ein Ahrenleser über die Stoppe- « Hicker wenn der Herr des Landes geerntet hat » (2).
Ce rapprochement ne peut être immédiat. Avant d’entrevoir une ressemblance entre le passé et les chaumes,
Hyperion a dû associer l’idée de la gloire antique à celle