DO FES
s'écrie : «Not und Angst und Nacht sind eure Herren » (1).
Ces mots rappellent le passage suivant, emprunté au troisième livre de Job : « Que les ténèbres et l'ombre de « la nuit l’obscurcissent, que les nuées l’environnent et « qu'il soit plongé dans l'amertume. »
Lorsqu'il analyse la misère humaine, Hôlderlin semble imiter le rythme de la bible, et on croit entendre les brusques appels de l'âme prophétique dans ces phrases courtes d'une symétrie nerveuse
« O Ihr Armen ! die ihr auch so durch und durch « ergriffen seid vom Nichts, das über uns waltet, so grün- « dlich einseht, dass wir geboren werden für nichts, dass « Wir lieben ein Nichts, glauben ans Nichts, uns abar- « beiten für nichts, um mählich überzugehen ins « Nichts » (2).
Ainsi, les hommes s'agitent impuissants dans les ténèbres qui les enveloppent, car il leur manque, selon Diotima : « Das Eine was Not ist. »
Leur vie, dit la Sagesse, « s’évanouit comme la nuit qui fuit aux rayons du soleil ».
Hôülderlin se souvient peut-être de cette image lorsqu'il écrit dans son roman
« …. Ein inneres Leben, vor dem das Leben der Erde « erblasst und schwand wie Nachtlampen im Morgen- Oro» (ae
Comme le prophète, Hôülderlin choisit les apparitions de la nature pour symboles de la destinée humaine, Parfois, de telles images éveillent en nous des réminiscences bibliques : « Ich war aufgewachsen wie eine Rebe ohne « Stab » (4).
NP OUDSES
On lit dans l’Ecclésiaste, XXIV, 19 : « J'ai grandi « comme un bel olivier dans la campagne. »
Hyperion : « Oftmals lag ich, wo kein Auge mich « bemerkte, unter tausend Tränen da, wie eine gestürzle « Tanne, die am Bache liegt, und ihre welke Krone in « die Flut verbirgt » (1).
Job, XIX, ro : « Il a renversé mes espérances comme « un arbre déraciné. »
Hyperion :
« Es schwinden, es fallen
Die leidenden Menschen
Wie Wasser von Klippe
Zu Klippe geworfen
Jahrlang ins Ungewisse hinab » (2).
Job, XIV, 11.12 : « L'eau s'écoule d’un lac, les fleuves « larissent ; ainsi l’homme, lorsqu'il a passé, ne revient « plus. »
Les scènes de la vie champêtre inspirent au poète des images qui rappellent la grandeur et la simplicité des tableaux bibliques
« Ich ziehe durch die Vergangenheit, wie ein Ahren- « leser über die Stoppeläcker wenn der Herr des Landes « geerntet hat » (3).
Ainsi Hôlderlin recueillit, au cours de ses contemplalions, de ses rêveries, de ses lectures, des visions et des accents qui se confondirent avec les manifestations de sa vie intérieure, et qui devinrent la forme naturelle de son sentiment et de sa pensée.