‹ Études sur L'Hyperion d'HölderlinChapitre 7 sur 65 · HAN · texte numérisé non relu

HAN

(CDI PANENTE YU

(4) H. W., II, 243. « Es muss beraus, das grosse Geheimnis, das mir das Leben gibt, oder den Tod, »

ment, la poésie Ivrique pour consacrer toute son activité à transformer le fragment d'Hyperion paru dans la Thalia. Il écrit à Hegel, le 20 janvier 1795 : « Mon activité créa- « trice est consacrée, presque entièrement, à la transfor- « mation des matériaux de mon roman, Le fragment de « Ja Thalia est une de ces masses non dégrossies. Je pense « avoir fini à Pâques » (1).

Le travail qu'Hôlderlin effectua pendant l'année 1795 eut pour résultat une série de fragments en vers et en prose dont Zinkernagel et Claverie ont essayé de déterminer l'ordre chronologique (2). L'événement essentiel qui marqua, cette année-là, dans la vie intellectuelle d'Hôlderlin, fut l'influence philosophique de Fichte qui se substitua chez lui à celle de Kant, ou plutôt qui vint la compléter. La pensée de Fichte domine dans les fragments de 17095 classés par Zinkernagel et Claverie. Elle fait leur unité.

Cette version d'Iéna comprend, à côté de quelques fragments de peu d'importance, quatre parties essentielles qui seules nous intéressent : un fragment en vers dans lequel réapparaissent, quelque peu transformées par l'influence de Fichte, les idées du Thalia-Fragment. À ce premier fragment, se rattachent quelques chapitres en prose publiés par Sauer en 1885 et intitulés La Jeunesse d'Hyperion (3).

Cette seconde partie est une transformation du fragment métrique dans laquelle Hôlderlin semble se dégager de la terminologie fichtéenne tout en restant fidèle au fond même de la philosophie de Fichte.

Ces deux fragments présentent une situation analogue à celle du Thalia-Fragment. Le héros, parvenu au terme

(1) Lrrzmaxx. —- Von und an Hôlderlin, p. 256. (2) ZivkerxaGez. — « Die Entwickelungsgeschichte von Hôlderlins Hyperion ». — CraveriE. € La jeunesse d'Hôülderlin jusqu'au roman

d'Hyperion ».

(3) Archiv fur Literaturgeschichte, XIIT, 380.

de son évolution morale embrasse, d’un regard, sa vie passée, et sourit au souvenir des hésitations de sa jeunesse. Mais, le principe qui a déterminé cette évolution n'est plus le même, L'Hyperion de 1795 reconnaît la valeur de la sensibilité. Au lieu de sacrifier la sensibilité à la raison, il cherche l'idéal moral dans le développement harmonieux de ces deux facultés : « Nos aspirations », dit-il, « dont aucune ne doit être supprimée, seront conci- « liées par l'amour » (x).

L'énergie nécessaire pour s'élever jusqu'à cette excellence morale, il la puise dans les richesses infinies de sa personnalité, car il a profondément conscience de la valeur du moi. Il le considère, avec Fichte, comme la source de tout bien et de toute beauté : « Lorsque nous « contemplons, dans les belles formes de la nature, « l’image de la divinité, c'est notre esprit qui anime le « monde » (2).

Aux fragments que nous venons de citer, se rattachent, par le sens, deux passages d'une version d'Hyperion trouvés dans les papiers de Hamel.

Le premier de ces passages paraît avoir fait partie d'une œuvre assez vaste dont il ne reste que la fin du lroisième chapitre, le quatrième tout entier, le début et la fin du cinquième, la première partie du sixième, Les idées exprimées dans le quatrième, le cinquième et le sixième chapitre sont à peu près identiques à celles du Thalia-Fragment. La forme même présente de grandes analogies dans ces deux versions. É

Le second fragment de Hamel fut publié par Seuffert en 1889 (3). Pour la forme et le fond, ce nouveau fragment se rapproche du quatrième chapitre du fragment précédent et de la première lettre du Thalia-Fragment.

(1) HV:

QYHW STD (3) Vierteljahrsschrift für Literaturgeschichte,

Hôlderlin essaie de montrer que l'âme humaine, sortie du paradis de l'enfance, doit s'efforcer d'enrichir ses facultés et de perfectionner sa culture, pour s'élever jusqu’à l'idéal de la raison, et pour substituer, en elle, à l'harmonie naïve des origines, l'harmonie consciente et réfléchie de l’âge mür. Mais, le début de ce fragment réapparaît, presque intact, en 1797, dans la dixième lettre du roman, où Hyperion oppose à la joie débordante du printemps ionien, la profonde désespérance de son cœur qui-pleure l'amitié perdue et dont les héroïques aspirations restent sans écho.

Telles sont les parties essentielles de l’avant-dernière rédaction d'Hyperion. Elle nous renseignent sur l'évolution philcsophique d'Hôlderlin, elles contiennent quelques beaux passages, mais elles ne forment pas un ensemble.

Le grand événement qui anima enfin ce bloc encore inerte de souvenirs personnels et de réflexions philosophiques, ce fut la rencontre d'Hôülderlin et de celle qui devait incarner Diotima, Suzette Gontard (1).

M Goutard fut, semble+l, très belle. Elle avait les veux et les cheveux très noirs, l’éclatante blancheur de son teint rappelait celle des beaux marbres, et la régularité de ses traits que le sculpteur Ohnmacht devait immortaliser, arrache au poète ce cri d’une admiration profonde : « l’Athénienne ! » (2).

Cette ressemblance n'est pas une vaine analogie extérieure, et à mesure que les rapports du poète et de M°° Gontard se font plus intimes, il découvre, ou plutôt

(1) Pour les renseignements sur la famille Gontard et sur l'accueil qu'elle fit à Hôlderlin, voir Claverie, € La jeunesse d'Hôülderlin », p. 111-114.

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