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Dès cette époque, on peut considérer comme terminé, le long travail d'élaboration commencé à Tübingen.
En effet, la grande expérience de Francfort exerça sur la pensée d'Hôlderlin une action décisive, elle lui donna sa couleur définitive et le caractère immuable de l'événement vécu. Le bloc encore rigide, aux lignes incertaines de l'avant-dernière rédaction, s’anima sous l'influence de Suzette Gontard. Hôülderlin vit, en elle, l’Athénienne de ses réves, el il ui prèta les traiis d'une Diotima doni l'image était déjà tracée dans Hyperion, mais qui ne vivait pas encore réellement, L'amour vrai et profond du poète transforma les statues froides et lointaines qu'étaient Mélite et la première ébauche de Diotima, en un personnage agissant et sympathique dont les joies, les souffrances, les tendresses et ies héroïsmes trouvent un écho dans l'âme du lecteur.
Désormais, au cours de la rédaction qui ne s’achèvera quen 1799, liôlderlin poursuivra la réalisation du plan arrêté en 1797 et dont aucune influence ne pourra le distraire.
L'intimité d'Hôlderlin et de M°° Gontard, justifiée, en apparence, par ieur souci commun de l'éducation des enfants, se soutenait, malgré tout, assez difficilement aux veux du monde. L'entente mystique de leurs âmes atteignit vite un paroxysme qu'il était impossible de dépasser sans causer de scandale. [ls virent alors se dresser devant eux les limites que la réalité et les exigences sociales opposaient à leur désir d’un accord idéal toujours plus profond, Hôlderlin s'aperçut avec angoisse que cette union sans issue ne pouvail èlre éterneile ; les froissements d'amour-propre que lui infligeait le dédain de la haute société francfortoise lui firent sentir que, dans la vie pratique, un abîme le séparait de Diotima. « Il faut « songer », écrit-il à sa mère, « que l’on doit toujours « payer par de la souffrance l'honneur d’appartenir à la