‹ Études sur l'Islam en Côte d'IvoireChapitre 11 sur 67 · COMMERÇANTS ET MARABOUTS MAURES · texte numérisé non relu

COMMERÇANTS ET MARABOUTS MAURES

La Côte d'Ivoire sylvestre et maritime, et même soudanaise, a vu défiler, depuis notre occupation, un certain nombre de commerçants, de marabouts ou tout simplement d'aventuriers, d'origine blanche, qu'il est bon de connaître. Les uns se sont installés à demeure dans le pays : les autres ont disparu, souvent par des circonstances indépendantes de leur volonté, mais reviendront quand l'occasion sera favorable. Les uns et les autres cherchent leurs ressources dans l'exploitation des indigènes, licite ou illicite. Tous auraient quelque tendance à profiter de la crédulité de ses âmes simples, sinon pour leur infuser l'islamisme, du moins pour tirer cyniquement parti du prestige que le merveilleux islamique et leur peau blanche leur donnent aux yeux de ces populations arriérées.

Ces marabouts et commerçants semblent avoir été connus depuis fort longtemps, à l'orée septentrionale de la grande forêt. Il est curieux de lire les instructions que la Compagnie (anglaise) d'Afrique adressait de Londres, le 3 1 octobre j 8 18 à Dupuis, qui s'en allait à Coomassie gérer ses intérêts et représenter le Gouvernement britannique auprès des chefs achanti. Elles montrent que les négociants anglais ne se faisaient pas d'illusion sur la valeur morale des Maures et sur les services qu'ils pouvaient en attendre.

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