‹ Études sur l'Islam en Côte d'IvoireChapitre 17 sur 67 · Touba (i · texte numérisé non relu

Touba (i

Le cercle de Touba s'étend sur la bordure orientale de la frontière guinéenne. C'est une « marche », territoire de transition entre deux zones géograghiques ; la savane au nord, la forêt au sud ; et entre deux races et deux religions : le peuple mandé mi-musulman, mi-fétichiste, au nord ; les peuples sylvestres, fétichistes et hier encore anthropophages, au sud. Il participe donc des deux races, des deux civilisations et des deux milieux géographiques. Si la région du Nord est, dans son ensemble, plus spécifiquement mandé, soit animiste, soit musulmane, et si les régions du Sud sont plus spécifiquement mahou, yafouba, dioula et toura, fétichistes endurcis, il est nombre de villages où la différenciation devient tout à fait malaisée, soit que les unes et les autres vivent côte à côte en des villages ou même en des quartiers entremêlés, soit môme qu'il y ait fusion et métissage.

Il n'est donc pas étonnant qu'ici encore l'administration ait tâtonné à la recherche d'une solution qui, si bonne soit-elle, ne saurait atteindre la perfection. En eff"et, le cercle de Touba actuel comprend deux subdivisions : Touba au nord, iMan au sud. C'est d'ailleurs à Man qi'est le chef-lieu, malgré le nom du cercle. Or jadis les s, jdivisions étaient séparées et Touba faisait cercle a\ec la

(1) Le Touba de la Côte d'Ivoire n'est pas le Touba Diakanké du Fouta Diallon de Guinée. Sur celui-ci, cf. Études sur l'Islam en Guinée : Frtuta Diallon, par Paul Marty. Paris, Leroux.

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région d'Odienné, l'unité administrative portait le nom de Touba-Odienné ou simplement de Touba. Man constituait un autre cercle. On va ainsi de l'une à l'autre organisation en quête d'une solution rendue impossible par la confusion de tous les éléments géographiques, physiques et humains.

Voici dans l'ensemble, et par provinces, la répartition des musulmans dans le cercle. Dans les provinces du Nord, l'élément musulman est évidemment nombreux par suite du peuplement d'origine mandé et de branche malinké :

Barala et Boroton, 3o p. loo; Koro, 60 p. 100; les musulmans résidant à peu près tous au chef-lieu de canton, Koro-ville ; Téné, 40 p. 100; musulmans résidant surtout dans les trois villages de Guentéguéla, Bongasso, Guana, qui comprennent les deux tiers de la population totale de la province; Mahou, 3o p. 100, les musulmans résidant dans les trois groupes : a) Férentéla; b) Ngaoué, Touba, Sokourala, Madina; c) Kamacila, Ngaoué, Dioman Fouissa, Kiento, Gouékan, où ils constituent la moitié de la population des villages. On n'en compte presque pas dans le reste du canton ; les trois provinces de Santa, Kaoua et Touradoufou ne renferment que 2 à 5 p. 100 de musulmans complètement perdus dans la masse fétichiste. Ainsi composé, le cercle de Touba demeure dans sa majeure partie un cercle à populations fétichistes; cependant, au point de vue de l'évolution de l'Islam ; il présente un intérêt réel, car il comprend à la fois des régions à islamisation totale, c'est-à-dire où l'élément musulman dépasse 90 p. 100; d'autres à islamisation partielle comptant de 10 à 90 p. 100 de musulmans; d'autres, enfin, où se fait sentir l'influence de la forêt, à non-islamisation, c'est-àdire comprenant moins de 10 p. 100 de musulmans.

Lesendroitsoù l'élément musulman dépasse 90 p. 100 sont constitués par de gros centres plutôt que par des régions.

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On a essayé de grouper en cantons les unes et les autres, en tenant compte dans la mesure du possible des affinités de races et de traditions.

Tiaoïié semble être le centre musulman le plus ancien de la circonscription de Touba.

Des Koné musulmans, venus du Sankaran (région de Kankan), sous la conduite de xMoriba Koné, avec l'aide des Diomandé, Mandé fétichistes, et de leur chef Kogué Kan, chassèrent du pays de Tiaoué, les Yafouba et les refoulèrent vers le fleuve Bafing. Ces faits semblent remonter au début du dix-huitième siècle. Après la victoire des Koné, arriva Yssifou Bamba, compagnon de Moussa Barhayorho. Yssifou construisit avec le secours de Ibrahima Barhayorho, disciple de Moussa Barhayorho, une mosquée (diamio) qui fut détruite dans la suite au cours des guerres locales et remplacée par une petite mosquée (missiri-mousso). A quelques pas de cette mosquée se trouve le tombeau d'Yssifou Bamba.

Dans les rares occasions où ils s'approchent de ce tombeau, les musulmans du village ne manquent pas de retirer leurs sandales ; par contre, ils laissent à leur aise ies troupeaux de bœufs piétiner et couvrir de leurs déjections la sépulture d'Yssilbu.

Les deux tiers de la population du village font salam, mais ce sont des musulmans d'une grande tiédeur. Ce manque de zèle est si considérable qu'il y a deux ans, de pieux marabouts déclarèrent au gens de Tiaoué qu'il était préférable qu'ils ne fissent plus salam ; on voulait les rejeter complètement du giron des orthodoxes et des fervents. Dans la même réprobation d'ailleurs on englobait les villages de Sérifina et Mandougou et dans le cercle du Ouorodougou, les villages de Gouaran et de Diorolé. On ne trouve à Tiaoué aucune personnalité digne de mention.

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Koro, chef-lieu du canton du même nom, fut fondé vers le milieu du dix-huitième siècle par Moussa Barhayorho. Toute la population est musulmane. 'Le village ne possède qu'une missiri-mousso, dans laquelle pourtant on vient faire de tous côtés la grande prière du vendredi. Les familles notoires du village sont les Barhayorho et les Mérité, encore qu'à l'heure actuelle elles n'aient aucun représentant digne de mention.

Voici d'après Le (>ampion, l'histoire et la légende de Moussa Barhayorho, le fondateur de Koro.

Vers le milieu du dix-huitième siècle, douze marabouts partirent ensemble de la boucle du Niger et se rendirent à La Mecque. Leur pèlerinage terminé, ces pieux personnages se fixèrent en desrégions dififérentes. Hadji Salimou Souaré et Mohammadou Barhayorho demeurèrent à Tombouctou ; Hadji Mohammadou Fofana et Maliki Somono demeurèrent à Kankan ; Hadji Bamba Fadiga demeura à Dienné; Hadji Bakari Taraoré demeura à Ségou ; Hadji Mohammadou Dialé à Vamala; Hadji Yssifou Kamaraté à Bouandougou (cercle de Ouorodougou) ; Hadji Morifing Bamba, à Toulé (cercle du Ouorodougou) ; Hadji Diaya à Samatiguila, près d'Odienné; Hadji Férémourou Kanaté à Féréfégoula, près d'Odienné; enfin Hadji Moussa Barhayorho, des douze compagnons, le plus saint, le plus illustre, vint dans la région de Touba et fonda Koro.

A vrai dire, l'histoire rapporte seulement qu'un chef fétichiste nommé Gonsalia Diomandé, habitant le pays de Beyla, tant pour obtenir victoire dans les luttes de clans, voire de famille, que pour repousser vers les forêts les Yafouba, populations autochtones, fit appel à la protection des prières de Moussa Barhayorho et surtout à l'appui de ses hommes venus en exode, soit volontaire, soit forcé, des régions la boucle du Niger. Moussa prêta son concours, les Yafouba furent razziés et la victoire acquise aux Diomandé. Moussa, pour sa part de butin, eut beaucoup

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de captifs et l'existence florissante de Koro fut dès lors pour longtemps assurée.

La légende est venue broder sur cette trame réelle ses fantaisies merveilleuses.

A La Mecque, Barhayorho aurait reçu mission, parait-il, de marcher vers l'ouest et de ne s'arrêter que lorsque son bâton de voyage, tenu horizontalement sur ses épaules, serait arrêté par deux arbres de même espèce. Moussa se mit en route. Arrivé au fleuve Férédégouba, lui et ses compagnons demandèrent aux piroguiers de leur faire traverser l'eau. Ces derniers refusèrent. Moussa alors prit son bâton et le déposa sur les eaux ; elles se séparèrent immédiatement-, livrant chemin. Cependant, derrière le passage de Moussa les eaux se maintenaient séparées. Les piroguiers quémandèrent le pardon de Moussa et lui firent don d'une captive. Moussa pardonna; les eaux se rejoignirent et reprirent leur cours.

A une journée de marche de la rivière, le bâton de Moussa se trouva immobilisé par deux arbres, tous deux nommés Korokoro. En cet endroit, Moussa créa un village qu'il nomma Koro.

Dans les alentours du village, il n'y avait pas d'eau, Moussa implora la clémence d'Allah et immédiatement un ruisseau se mit à couler ; on le nomma « so gui ma » (accorde-moi de l'eau). L'eau d'ailleurs disparut inopinément. La consternation fut grande, on crut qu'Allah avait maudit le nouveau village et que les génies malfaisants s'en étaient emparés ; on parlait de décamper séance tenante, quand le chef ordonna d'attendre au lendemain. Dès que le jour parut, l'eau coula en abondance. On construisit alors une mosquée à côté de la source. Le voyage de Moussa vers les régions de Beyla fut encore signalé par maints prodiges; près de Gahoué, un rocher sur lequel Moussa avait fait sa prière conserve profondément gravé les traces des pieds d^j saint personnage et, tout à côté, un

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arbre, sur lequel, à l'étape, Moussa avait déposé la selle de son cheval, garde les empreintes de cette dernière, en caractères inaltérables. Moussa Barhayorho mourut à Koro ; son tombeau est un lieu de pèlerinage, fréquenté à la fois par les musulmans et par les fétichistes.

Le chef de la famille des Barhayorho, Vamoya Parhayorho, est en quelque sorte le grand prêtre de ce tombeausanctuaire. Les crédules solliciteurs viennent lui soumettre leurs espoirs, leurs craintes, leurs désirs et, contre offre d'un poulet, voire d'un mouton, quémandent la protection de Moussa Barhayarho. Vamoya délègue alors près du tombeau de l'ancêtre un membre de sa famille, qui expose l'objet de la visite et de la requête, et sollicite sa puissante et rapide intervention.

L'ancêtre des Mérité Yabia, Mérité, était un des suivants ou des compagnons de Moussa Barhayarho et était originaire comme lui de Tombouctou. Les deux familles se sont alliées dès la première heure par des mariages.

Toute cette gloire islamique est bien déchue. Nfa Foumba, chef de la génération précédente, né à Koro vers 1860, Mérité par son père, Barhayorho par sa mère, a laissé une mémoire très vénérée. C'était un homme intelligent et ouvert qui accueillit avec sympathie les Français, facilita leur installation et conseilla adroitement le chef de canton à qui d'ailleurs il étaitallié. Il est mort vers 1910, laissant deux fils : Nfa Moriba et Nfa Likou, tout à fait insignifiants.

Les trois marabouts locaux sont aujourd'hui : Nomori Barhayorho, Bakari Kaloro et Moussa Soumaorho, dont les connaissances sont nulles et la clientèle scolaire de 2 à 4 élèves.

Mandougou a été islamisé par Diaramissa Bamba. Il venait de Koro et arriva du temps de Gouaksué, fondateur du village, fils de Wassa Fanamba et petit-fils de Kogué.

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Ces faits ne doivent guère remonter au delà de la fin du dix-huitième siècle. Avec l'aide de Sakiiba Saranorho, venu de Kong, Diaramissa construisit une grande mosquée (Diamiou). Elle est actuellement en ruines et sur les décombres, on éleva une modeste missiri-mousso. Diaramissa Bamba alla mourir à Férentéla et fut enterré en ce village à côté de son parent Bambadyan Bamba. Tous les habitants de ce village font salam, sauf une trentaine de Diomandé, mais il n'y a aucune personnalité digne de mention.

Giientégiiela a été en grande partie islamisé par des musulmans de Do. Leur chef, Fémomia Bamba, venait de Férentéla (fin du dix-huitième siècle environ). A Fémomia succéda Bahoué Bamba qui abandonna complètement Do, créa Guentéguéla et construisit la mosquée diamiou. Cette mosquée subit les dévastations de la colonne de Molditar Touré, le despote d'Odienné. Avant qu'on ait eu le temps de la réparer, les pluies d'hivernage arrivèrent et la jetèrent complètement à terre. On la reconstruisit dans son état actuel quelques années plus tard. C'est une grande et spacieuse mosquée-cathédrale de style soudanais.

Trois marabouts, maîtres de petites écoles de 5 à 8 élèves, sont à citer : Karafounga Bamba, le plus réputé; Katogoma Bamba; Fa Sotigui. On verra les origines de cette famille Bamba à Férentéla.

Un de ses membres, dont on voit le tombeau sur place, a laissé le souvenir d'un saint homme : Moussa Bamba, né vers i83o, mort vers 1910. 11 était le frère de Kamori Bamba, le célèbre marabout de Férentéla, et avait étudié à Mankono avec Anzoumama Karamoko.

Sokouralla est de fondation récente. C'est Ibrahima Touré, venu du Sankaran de Kankan (Guinée), qui la fonda vers 1840.

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LesTouré sont originaires de Dienné. Le premier immigrant serait Fountéra Touré, qui s'établit à Kimiéko, où étaient déjàles Bamba musulmans. Ils se succédèrentdepère en fils, Nfa SirifoTouré,BiramaTouré, AnzoumanaTouré, Karamoko Sirifa.

Celui-ci, dit Kalimou Touré, né vers 1886 àMondougou, €t mort vers 1902, fut, comme son frère Anzoumana, un marabout de renom. Il a laissé plusieurs fils, dont les plus connus, cultivateurs et maîtres d'écoles, sont Mamadou Birama et Mamoné. Les autres maraboutaillons sont : Kaba Touré, Séké Kalorho, Sitifa Bamba, Moussa Bamba, Karamoko Dousso, Ahmadou Kamaro, tous personnages sans importance.

L'almamy de la mosquée est Birama Touré précité., né vers i865, sans instruction ni influence politique.

La mosquée locale est assez spacieuse et de style soudanais. Le village, malgré sa dizaine d'écoles, n'a guère plus de 40 à 45 écoliers.

Madina a été ainsi nommée en l'honneur de la sainte Médine d'Arabie par Moussa Touré et Moussa Sarayorho, ses fondateurs, originaires tous deux de Toa près de Bienko. Elle s'honore de trois marabouts, maîtres d'école, dont la clientèle ne dépasse pas au total 20 élèves. Ce sont Fodé Sako, le plus réputé, Birama Sérifou et Sanio Sarayorho.

Fodé Sako (de Sayoro) est né à Mousso-madougou (Karagoua), où son arrière-grand-père, Mamakou Sako, a été enterré. Salifou Séko, son grand-père, quitta Dienné pour commercer et s'établir dans la région ; il mourut au cours d'un voyage à Sierra Leone, Son père, Mamadou Sako, fut aussi un commerçant et un marabout. Son tombeau est à Sanankoroné. Toute cette famille a laissé une certaine réputation islamique et il est certain que ce sont ces dioula, actifs, intelligents et doués d'un certain esprit d'apostolat qui sont les missionnaires de l'islam et lui valent ses suc-

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ces. Fodé Sako a fait des études assez sérieuses à Kankan d'abord, puis dans le Labé (Fouta Djallon); il a une bonne instruction arabe et fait la classe à une vingtaine d'enfants. Use relie par ses aïeuxau qadérisme de Dienné ; moqaddem de la voie, il distribue lui-même cet ouird dans la région. C'est au demeurant un homme effacé, discret, et qui vit du travail agricole en commun avec ses enfants, ses neveux et ses élèves.

Férentéla est probablement par le nombre de ses adeptes et par les traditions, sinon par la ferveur ambiante, le centre d'islam le plus important de la région. L'occupation première du pays est attribuée à Diali Moussa, marka, originaire de Dienné. ïl arriva peu après les Diomandé, et les aida à repousser les Diola et Nété qui occupaient la région.

Son fils Bamba lui succéda. Après s'être rendu àGahoué, en passant par Koro, il songea à s'établir dans le pars. 11 fixa son choix sur un emplacement pittoresque, sis à quelques kilomètres à l'ouest de Gahoué, et y construisit un village, avec une mosquée diamiou. Ces faits ne doivent pas remonter au delà du milieu du dix-huitième siècle. Bambadyan Bamba eut pour successeurs Vabirima Bamba, puis de père en fils. Va Senessé Bamba, Yssifou Bamba Mandibou, Bamba, enfin Gamori Bamba, chef actuel. Ce dernier donna un appui efficace à Samory et, de concert avec ce despote, ravagea une grande partie des pays fétichistes des alentours, le Kaoua particulièrement. Cette politique eut pour résultat de créer une haine profonde et irréductible entre musulmans de Férentéla et principalement leur chef, d'une part, et, d'autre part, leurs anciennes victimes animistes des contrées voisines. En dépit de quelques apparences contraires, les musulmans de Férentéla ne sont pas très fervents. C'est ainsi que le vendredi, il n'y a pas de grande prière à la mosquée-diamiou, et par suite pas de khotba. Pour excuser cette abstention, les habitants de

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Férenléla déclarent que le fondateur Bambadyan Bamba a ordonné qu'il en soit ainsi. Il n'y a pas de muezzin attitré ; il appartient à chacun, si bon lui semble, de lancer l'idzân. En revanche, la ville s'honore d'une vingtaine d'écoles coraniques, dont le total d'élèves va à peine de 60 à 80. Mais ici il est de bon ton de tenir une école, n'y eût-ii qu'un ou deux enfants. ^Cette profession confère un brevet de haute science. Inutile de dire que tous ces marabouts sont de la plus parfaite ignorance.

Gamori (ou Kamori) Bamba est né, vers i85o, à Férentéla. Tout jeune, il alla à Beyia et y fit de bonnes études auprès du grand marabout Va Moussa Doukouré. Revenu à Touba, il accompagna Douga Diomandé, chef de Gouékan, dans toutes ces campagnes contre les Yafoumba du Baling et contre le Touradougou. Il se rendit avec Do àBankoura, auprès de Samory,quile prit en qualité de chef de ses sofas et l'utilisa, comme il a été dit, dans toutes ses colonnes et jusqu'au Djmini, à Kong et à Boudouko; l'almamy nomma, vers ce temps-là, Gamori chef du Mahou.

Dès lors, le pays fut partagé en deux camps : les partisans des Diomandé d'un côté; ceux de Gamori de l'autre. Avec l'appui de l'almamy, Gamori se maintient au pouvoir; il fut le seul chef du Mahou qui ne désespéra pas de la situation de Samory ; il engageait vivement celui-ci à marcher sur Touba, alors faiblement défendu.

Après la capture de l'almamy, Gamori vient se fixer à Férentéla, et les rivalités de commandement devinrenttout à fait aiguës.

Une reconnaissance, commandée par un sergent indigène, et partie de Beyla, étant arrivée dans le Mahou en 1896, les deux compétiteurs portèrent leur différend devant le commandant de cercle de Beyla, qui reconnut comme chef du Mahou, le chef légitime Douga Diomandé; Gamori ayant fait de la résistance fut envoyé en prison à Bissandougou ; on le dirigea sur Kankan, puis il fut ramené à

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Bevla, où on lui conféra le commandement des villages de Férentélaet d'Ouaninou, apanage des Bamba dans leMahou. On le jugeait alors très durement. Une note de 1900 relate : Allure autoritaire, intelligent, figure énergique, osseuse, regard froid, il donne l'impression d'un insoumis, on le sent non vaincu. Correct en apparence, il vient au poste quand on le fait appeler, paye l'impôt régulièrement pour ses deux villages, Férentéla et Ouaninou ; mais il entretient des intelligences avec des chefs insoumis de Bafingko et lors de notre occupation de ce pays, à Nouantoïlou, le lieutenant Cenac acquit la certitude que Gamori faisait passer des armes et de la poudre à nos ennemis. C'est un mécontent à surveiller de près, que nous tiendrons facilement grâce à Douga Diomandé, son ennemi, chef du Mahou .>(>■

Les gens du Mahou n'ont certainement pas oublié qu'il fut autrefois leur chef, du moins de nom, et cet ambitieux serait fort à craindre pour eux, si notre présence n'était là pour maintenir au pouvoir les Diomandé, qui sont d'ailleurs les chefs légitimes.

Ses relations avec le poste sont correctes, mais il ne peut oublier que ce sont les Français qui l'ont déchu de son autorité et réduit au rang de chef de village,

«Toutefois, disait-on en 1900, si l'on supposait qu'un soulèvement du Mahou Diomandé pût se produire, ce qui est fort improbable, avec quelques promesses nous aurions là un allié sérieux pour réprimer ce soulèvement. Kamori Bamba entretient des relations avec l'arrière-Bafing et particulièrement le pays de Guonné. »

Depuis ce temps, la situation s'est considérablement améliorée, malgré deux petits incidents où il fut puni disciplinairement pour avoir, été trouvé en possession de pou dre de traite et pour attitude inconvenante avec l'autorité; il a d'ailleurs versé dans la cléricature. En fin 191 1, il s'est fait recevoir marabout avec un cérémonial inusité, qui attira à Férentéla les marabouts de toute la région, et depuis,

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il se consacre en grande partie à l'étude et à la prière.

Kamori possède aussi une très grande influence, mi politique, mi-religieuse, dans toute la région et jusqu'à Beyla. Lorsque son père, chef de Moribadougou, fut assassiné à Guéasso au moment delà révolte manou-libérienne, il conserva beaucoup de sang-froid, et ne modifia pas sa conduite. Cette hauteur d'âme lui a valu une grande réputation.

Kamori est un homme intelligent, ouvert, qui, malgré tout, peut encore rendre des services et qu'à ce titre et par respect pour son passé, on doit traiter avec autant de déférence et de courtoisie que de fermeté. Il se dit qadri de l'obédience des zaouïa de Beyla (Guinée) et à l'occasion fait l'école coranique à une demi-douzaine d'enfants de sa famille.

Après Kamori, deux autres Bamba sont à signaler: iMoriba Bamba fils de Souleïman,almamy et chef religieux de Férentéla, né vers i85o ; il est aujourd'hui à peu près impotent et aveugle, c'est un vieux brave homme, qui a enseigné le Coran et distribué l'ouird qadri à tous les marabouts de Férentéla et qui a cessé son enseignement lors de la libération des captifs. Il n'y voit plus assez pour lire et écrire, mais préside aux funérailles de tous les marabouts du pays. C'est l'homme le plus vénéré du village, le saint local. Il se rattache, comme tous les marabouts du cru, à Moussa Doukouré, chef de la zaouïa qadrïa de Doukouralla (Guinée). Samouka Bamba, fils de Mamadou, né vers i85o, est le chef de Férentéla. Il prit part dans sa jeunesse aux colonnes des Sakouraka contre les Yafouba du sud du Bafing et à la plupart des colonnes de Samory, notamment à celles contre Séguéla. Il fut condamné à huit jours de prison par le commandant de la première colonne française, venue à Touba, pour petits incidents locaux. Il vécut ignoré à Férentéla jusqu'à la mort de son oncle Gamoé, chef du village, survenue le 3i mars. Le

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mois suivant, il lui succédait. Samouka n'a ni instruction arabe, ni influence religieuse, mais chef d'un gros village musulman de 1.600 habitants, il est très lié avec ses coreligionnaires de Moribadougou (Guinée).

Les autres Bamba, Moami, Moussa, Sidiki, Yssifou, Yatigui, Mamadou, Ahmadou, Kanga ne sont que des maraboutaillons, maîtres d'école de 2 à 4 élèves.

Les Sérifou sont représentés par des personnages de même envergure: Moriba, Matoma, Goamé ; les Torhoma, par Méba Toehoma ; les Touré, par Moriba et Bakari. Moriba, almamy et chef en second des marabouts de Férentéla, est un homme peu instruit et peu intelligent. Il est né vers 1865 et se rattache par ses ancêtres Sidiki Touré, Salifou Touré et Souleïman Touré à Abdoullaye Touré, marka du Niger, venu ici au dix-huitième siècle. C'est le patriarche des Touré de la région, et à ce titre il donne les rudiments du Coran aux enfants de la famille.

Touba, chef-lieu de la subdivision de Touba, aétéfondée vers 1875 par Youssoufou Fadiga, marabout de Férentéla. Ces Fadiga sont arrivés dans le pays au dix-huitième siècle ; le chef de l'exode fut Bakari Fadiga, qui venait de Diaka sur le Niger. Il s'installa à Ngaoué près de Touba, et y reçut le meilleur accueil des Saramorho, qui l'y avaient précédé. On lui donna une femme ; on facilitera l'installation de ses captifs. II fut ainsi le fondateur de la famille actuelle. Les générations se succédèrent de père en fils. Bakari, Souleïman Aliou, Aliou, ditLakika, à cause de sa remarquable stature, né à Ngaoué, s'installa à Férentéla et y mourut vers 1870. C'est lui l'aïeul des Fadiga actuels, il laissa deux fils: Sidiki et Yssifou ou Youssoufou. Les deux frères vinrent, quelques années plus tard, faire quelques lougans sur l'emplacement actuel de Touba. Un hameau de culture y naquit; il crût ; ce fut Touba.

Sidiki Fadiga, né vers i83o, est mort vers igoS. Ce fut un marabout d'une notoriété considérable. Son grand âge^ sa science, sa réputation de vertu et de sagesse, son titre de moqaddem tidiani lui valurent une considération qui n'est pas près de s'éteindre. Il a élevé coraniquement et donné l'ouird tidiani à tous les marabouts du village. II sut vivre en bons termes avecles premiers occupants français du pays, et entretint par la suite avec eux d'excellentes relations.

Parmi ses innombrables petits-fils ou petits-neveux, il faut citer :

a) Bintou Karamoko Fadiga, né en i86o,filsd'Amaraetde BintouBamba. Son père Amara enseigna le Coran pendant 36 ans à Kankan d'abord, à Conakry ensuite. Il en partit vers 1889, pour se rendre à Bissandougou (Guinée), où il comptait voir Samory. Ce dernier se trouvait alors à Sikasso. Bintou lui fut envo}é pour lui porter les salutations d'Amara. A son retour, la famille revint à Touba et s'y installa. Bintou fut l'homme de Samory; il fit partie de son Conseil et rendit la justice en son nom; il était chargé de la lecture du Coran et de la recherche des plus beaux manuscrits arabes. Il prit part au siège de Sikasso, revint à Bissandougou, puis partit à Conakry. II devait revoir Samory à Doué, quelque temps avant sa chute. Bintou était à Touba, quand survint l'occupation, française. II servit de guide au commandant d'une de nos colonnes qui passa le Bafing à la poursuite de Samory. Rentré chez lui, il fit désigner un membre de sa famille^ pauvre et sans influence, pour exercer le commandement à sa place. Il se tint à l'écart pendant plusieurs années et la libération des captifs accentua encore cette réserve. Il a fini par se rallier à nous, a repris sa place naturelle de chef du village et du groupe de Touba(7. 000 habitants), en 191 1,. non sans quelque défiance au début, puis s'est vu conférer

les fonctions de Président du Tribunal de subdivision.

Aujourd'hui, Bintou doit être considéré comme un de nos meilleurs agents. Actif, zélé, intelligent, il remplit à la satisfaction générale sa double charge de chef politique €t de magistrat. Peut-être pourrait-on lui reprocher de la partialité à l'égard des musulmans. Sa réputation est considérable ; tout le canton de Mahou sait que c'est à l'amitié que Samory avait pour lui qu'il ne subit pas les dévastations accoutumées des sofas, et on lui en a gardé une •grande reconnaissance.

Bintou Karamoko est relativement instruit en arabe, plus instruit même que les marabouts de carrière; très ouvert, il s'intéresse à tout ce qui touche notre civilisation. C'est en •somme un personnage remarquable qu'il faut traiter avec beaucoup de ménagement, beaucoup de doigté, dont il faut respecter l'orgueil, et qui ne mérite d'être très surveillé que dans ses relations trop brutales avec ses administrés, •diomandé animistes. Il est en excellents termes avec tous les chefs de canton de la région et leur sert un peu de modèle.

En 1915, il adressait les vers arabes suivants à son chef de poste :

« Nous demandons à Allah de faire triompher le Gouvernement français.

« Nos cœurs souhaitent ardemment la victoire des Français

« Sur les Allemands. Qu'Allah nous fasse rester à l'ombre du drapeau français ! »

b) Lamine Fadiga, son cousin, est né à Férentéla vers î85o. C'est l'almamy et le cheikh des marabouts de Touba. ïl a fait quelques études à Kankan, mais les a achevées à Touba même, et n'en est plus sorti. Il enseigne le Coran à une demi-douzaine d'enfants. Il n'a pas de fortune et vit du produit des cultures familiales auxquelles sont employés

ife

ses élèves. Il est peu instruit et manie plus facilement les caractères arabes en langage malinké que la langue arabe elle-même.

c) Katoma Fadiga, frère du précédent, est né vers i885, à Sokouralla. C'est un marabout de peu d'envergure, qui vit tranquille, partagé entre ses cultures et son enseignement. Il fut assesseur du tribunal de cercle, jusqu'au jour où le chef-lieu du cercle fut transporté à Man,

Les autres Fadiga ne sont que des maraboutaillons,^ plus occupés de leurs cultures ou de commerce que d'études et de prières. Ce sont tout de même des notables de la ville. Falikou Fadiga, iMamadou Fadiga, Kamali Béné Fadiga, Comoé Fadiga, Lahana Fadiga, Moussa Fadiga, Fatoumata Fadiga.

La famille qui vient immédiatement après les Fadiga est celle des Bamba, dont l'ancêtre, Vémo Bamba, suivant de Youssoufou Fadiga, participa avec son maître à la fondation de Touba. Son chef estMamadou Souraké est Bamba, né vers i85o.C'estun homme moyennement instruit, mais affligé d'une cécité presque complète.

Touba est pourvue d'une mosquée spacieuse, dans le style soudanais. C'est une grande case carrée sans aucune ornementation. Elle aété construite vers 1892 par les fidèles locaux etcontinueà êtreentretenue par eux. Elle est ordinairement pleine, et, par conséquent, les jours de grande fête, où l'on peut compter 600 fidèles à la prière solennelle, elle ne répond pas aux besoins de la ville. A l'intérieur, un compartiment spécial est réservé aux femmes. Tous les marabouts de Touba se rattachent au tidianisme du grand Sidiki précité.

Ce nom arabe de Touba paraît avoir été donné par piété à la ville. Les Touba abondent en effet en pays islamique. Mais à l'origine, le premier Touba fut-il appelé

Mosquée de Gahoué.

La prière du vendredi.

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Mosquée de Gahoué.

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Mosquée de Gahoué.

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ainsi par réminiscence du ciel de Mahomet, dont un des cercles porte ce nom -là, ou bien simplement parce que Touba veut dire en malinké « grande forêt » (tou... forêt, Ba... grand)? Cette explication ne conviendrait pas ici, car Touba est sise en pleine savane, mais elle peut se justifier par la surprise que les gens du Diakapelé ont pu avoir à la vue de cette brousse assez dense ? Grammatici certant.

Sanankoroni s'honore de deux marabouts de peu d'envergure: Souaïla Saranorho, né vers i85o, et Mamadou Sérifou, tous deux élèves des maîtres de Sokouralla.

On trouve de même, à Gouékan, un Karamoko Sérifou, ' et à Membala, Mamadi Kamara et Birama Dousso, petits maîtres d'école, dont la clientèle religieuse oscille entre 2 et 6 ou 7 élèves, suivant la saison et les cultures.

Il ne reste plus à citer dans cette région de Touba, centre important, que Gahoiié.

Le premier musulman qui s'établit en cette région de Gahoué fut Mahammadou Saranorho ; il venait de Kong. C'était vers lySo environ. A cette époque, Wassa Fanamba Diomandé, fils de Kogué Kan, était chef de Gahoué. A Mohammadou Saranorho, premier chef de la petite colonie musulmane, succédèrent Mamadou Saranorho, qui construisit la mosquée (diamiou), puis Bakari Fadiga, venu de Kankan et enfin Kanali Fadiga, lequel quitta Gahoué pour se fixer à Férentéla. Samouka Fadiga prit à Gahoué la place de Kanvali Fadiga; Samouka eut pour successeurs Amara Fadiga, puis Samouka Fadiga, chef actuel de ' la colonie musulmane. Les Saranorho et les Fadiga ont toujours conservé les meilleurs rapports et sont unis par de multiples liens matrimoniaux.

Le chef du village, Douba Diomandé, et les familles des Diamandé, soit le 1/4 du village, sont fétichistes; tout le reste de la population du village fait salam.

A Gahoué, il existe une hostilité sourde, mais vivace, entre les familles des Diomandé, fétichistes, conquérante du pays, d'une part, et, d'autre part, les musulmans venus, mais qui grâce à leur astuce, à leur intelligence plus vive, puis à leur nombre, ont pris une importance de plus en plus grande. Par suite de cette rivalité il est difficile, sinon impossible, à Douba Diomandé de remplir efficacement ses fonctions de chef de village.

Gahoué compte une douzaine de marabouts, petits maîtres d'école, dont la clientèle varie entre 3 et 6 élèves. La plupart d'entre eux sont des Saranorho, qui est la famille dominante du village : Lansiné Lamin, Amara, Birahima. Les autres sont des Sérifou Yangona^ Sidiki, Salah, Karimou ; ou des Fadiga: Kanvali, Moami, Samouka. Le plus important d'entre eux est Méma Samouka, né vers 1845, Mandé dioula, qui par ses ancêtres, Mamadou Sidiki et Foumba, se rattache à Abdoullaye Saranorho. C'est une famille de marabouts cultivateurs qui a toujours fourni les almamys à la mosquée de Gahoué. C'est le cas pour Méma, qui ne jouit d'ailleurs d'aucune influence spéciale. Dans sa jeunesse, il a fait des voyages de commerce vers Odienné, Kankan, Moussadougou, Maninian, Séguéla. Puis il a ouvert une école coranique etfait des lougans, et il s'y consacre depuis 40 ans ; C'est un qadri de l'école de Fadiga de Touba. Il a toujours entretenu les meilleures relations avec les Blancs, disant, dès le premier jour, « que le chef du pays représentait tout le monde et qu'à ce titre il faisait les aff'aires de tous ».

Gahoué a une mosquée ordinaire en banco, dans le style soudanais. Elle peut contenir 5oo fidèles aux jours de fêtes solennelles.

Avec la deuxième subdivision du cercle de Touba, la subvision de Man, on se rapproche encore de la zone sylvestre et même on y pénètre partiellement. Il ne faut donc

GHOUPE.MENTS ET INDIVIDUALITES ISLAMIQUES 145

pas s'étonner de voir l'islam diminuer progressivement avec l'élément malinké, pour s'arrêter complètement à la lisière de la forêt. Il n'y a que deux villages où l'on puisse trouver une petite communauté islamique digne de mention : Man et Guéfenso. A Alan, le village des autochtones est fétichiste, mais le village des étrangers, où se trouve le poste et le marché, est musulman. Il n'y a aucune vieille famille à Man. Le village n'est composé que d'étrangers, se livrant au commerce, et la population est essentiellement flottante. A signalertrois marabouts notoires : Sého Fadiga, le plus important de tous, né vers 1882, almamy sans mosquée, et maître d'école d'une douzaine d'élèves. Il a fait ses études à Touba et se rattache par l'ouird à Bintou Karamoko Fadiga. Moussa Douklé, né vers 1881, élève et disciple tidiani des marabouts de Kankan ; Kanvali Salifou, né vers i870,élèveetdiscipletidiani deSaranorhod'Odienné.

Guéfenso, qui a pris le nom de son fondateur, Guéfé, est un village mixte, où l'élément animiste prédomine considérablement. Il n'y a pas de mosquée; un marabout, Mamadou Salifou, né vers 1872, venu de Gahoué, fait l'école aux 4 ou 5 enfants musulmans du village.

En dehors de Man et de Guéfenso, on citera les villages de Kouroukoro, Kamalo, Namalagondo et Dotou comme renfermant quelques familles musulmanes, mêlées à la masse fétichiste. Ces centres sont dépourvus de mosquée. La troisième subdivision de Man, celle de Kouibly, est entièrement fétichiste et sylvestre.

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