‹ Études sur l'Islam en Côte d'IvoireChapitre 33 sur 67 · Rétribution scolaire · texte numérisé non relu

Rétribution scolaire

En principe, le marabout enseignant ne reçoit aucun

salaire pour son enseignement. Il ne reçoit que des cadeaux, mais ces cadeaux ont pris une régularité et une fixité telles qu'on peut aisément les considérer comme la rémunération obligatoire des bons offices du karamorho.

La famille quia décidé de confier son enfant à un marabout s'abouche avec ce dernier, au moyen d'intermédiaires connus, porteurs naturellement de cadeaux, le plus souvent en vivres ou en bétail (moutons et riz), rarement en argent ; souvent, on off"reun boubou de prix.

Le marabout accepte l'enfant, et, lorsque ce dernier lui est amené, la famille oftVe encore un cadeau au maître, souvent alors en argent : les sommes varient aujourd'hui entre 20 et i5o francs ; autrefois les prix étaient beaucoup moins élevés. A la fin du dix-neuvième siècle, à Kadioha on donnait 2 fr. 5o à l'entrée et 25 à 5o francs à la sortie ; à Kapéié, 2 fr. 5o d'entrée, aussi en cauris, plus une poignée de kolas; une barre de sel à la sortie; à Boron, 100 kolas et 5o.ooo cauris à l'entrée, 72.000 cauris à la sortie.

A partir de ce moment, l'enfant est sous la sauvegarde et la responsabilité du karamorho, qui lui doit aide, protection et entretien, les vivres étant cependant fournis en nature par les parents, s'ils se trouvent dans un village voisin ; en argent, s'ils sont éloignés. Le plus souvent, les vivres ou l'argent sont donnés au marabout, au moment des fêtes du Ramadan et des autres fêtes annuelles. Inutile de dire que le marabout y trouve grandement son compte, d'autant plus que pendant l'interclasse, les enfants sont le plus souvent employés aux champs ou aux métiers de tissage du marabout. Ce dernier ne manque jamais de faire connaître aux familles, à grand renfort de salutations de vœux et de louanges, les progrès de leur nourrisson. A chaque sourate nouvelle, à chaque livre qu'il aborde, un envoyé est adressé aux familles. Evidemment cette sollicitude n'est pas désintéressée ; l'envoyé ne revient jamais les

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