II. — Subdivision de Koulikoro
La subdivision de Koulikoro, qui se rattache administrativement au cercle de Bamako, est très peu islamisée. En comptant tous ceux qui de près ou de loin se réclament de l'Islam, on arrive à 2.000 musulmans environ sur iS.ooo habitants.
Ils sont groupés en trois centres : Koulikoro, Koula- Marka et Sansani.
Ces deux derniers sont marka et seront vus sous ce titre. Koulikoro est un centre qui doit sa prospérité récente à sa situation de terminus de la voie ferrée et de tête de ligne de la navigation du Niger. La population y est donc très mêlée. L'élément musulman et maraboutique y est surtout représenté par des familles somono : Dyiré, Fofana, Kané, et par quelques Toucouleurs, les uns et les autres venus de Ségou, et ayant apporté avec eux leurs bannières religieuses.
A côté de ces marabouts professionnels, et d'un ou deux Marka, il faut signaler une importante colonie de Ouolofs et de Toucouleurs, attirés ici par le négoce, l'industrie ou les besoins des ateliers et services de la voie ferrée et de la navigation fluviale. Ils sont très indépendants et affectent d'avoir peu de relations avec les marabouts du cru. La superbe des Ouolofs notamment se fait sentir là comme ailleurs et leurfait perdre tout crédit. Les luttes que ce petit groupement, fier de sa supériorité intellectuelle et de son vernis, a entrepris contre les Somono pour leur enlever la présidence de la prière a achevé de leur aliéner la communauté locale. Ils s'adonnent, en outre, à leurs perpétuelles et fatigantes controverses politiques, en un pays où les
Européens eux-Diêmes se désintéressent à j/iaste titre de ces questions secondaires.
A. — Les Qadrïa.
Les principales personnalités somono, attachées au Qaderis-rne des Kounta, sont :
Lassana Fofana^ fils de Birama, né vers 1840^, à Kouiikoro. Il est le chef actuel des Somono de la ville. Il tenait jadis une école coranique. Son fils et adjoint, Ansounoana^ né vers 1888, l'a remplacé à la tête de cette école. Lassana est le disciple de Modi Taraoré, commerçant marka de Koulikoro, lequel par Sidiki Taraoré, marka du même lieu, et Alfa Sidiki Drame ^ de Tassilima (San) se rattachait à Sidi-1-Mokhtar Al-Kabir.
Souleyman Nguiré (déformation locale de Ndyiré)^ fils d'Oumarou, né vers 1870, à Ségou, venu ici vers 1906 comme peseur de poissons. Il a ouvert depuis ce temps une école coranique qui compte 5 à 6 élèves. Il se rattache à son père Oumarou, qui par son frère aine Mamadou Dyiré relevait des Dyiré islamisés de la première heure à Ségou.
Mamadou Témenta^ né vers i85o à Ségou-Sikoro^ venu ici, en igiOyComme peseur de poissons* Il a ouvert une école coranique qui compte 8 élèves. Il se rattache au Karamoko Dembélé de Ségou, vu plus haut.
B. — Les Tidianïa.
Il faut distinguer, comme on l'a fait précédemment pour Ségou, d'où les uns et les autres dérivent d'ailleurs, les Foutanké initiateurs,, des Somono leurs élèves.
a) Les Foutanké. — Les Toi. — AhmadouTal, né vers 187g, et Karamoko Tal né vers i885, tous deux fils de Salifou, fils de Habi Saïdou Tal, sont des maîtres d'école tou-
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couleurs de la génération foutanké de Ségoia. lissent venus à Koulikoro v-ers igoô avec leur mère Dîaminatou Tal, fille d'Al-Hadj Omar, Ils se livrent entre temps au commerce.
Leur oncle, Mamadou Tal, habite avec eux et joue aussi au marabout. Il se déclare moqaddem en vertu des pouvoirs à lui conférés par Mohammed Mokhtar de Nioro, déjà vu.
Ces Tal relèvent de Mourtada, fils d'Ai-Hadj Omar, à Nioro.
Almamy Ouagué, est d'origine sarakollé. ïl est né à Bakei, vers 1S72, et se rattache au Tidianisme de Boundou. Cultivateur et commerçant, c'est l'un des marabouts considérés de Koulikoro. Son école comprend une dizaine d'élèves.
b) Les Somono. — Mamadi Kané, fils de Youssoufou, est né à Ségou-Koro vers 1872. Son père était almamy et maître d'école du village. Mamadi a fait ses études auprès de lui. Le commerce des kolas l'a emmené jusqu'en Côte d'Ivoire. De passage à Koulikoro vers 1900, il s'y fixa et ouvrit une école qui avec ses 20 élèves est actuellement l'école la plus florissante de Koulikoro. Elle a compris jusqu'à 3o élèves.
Mamadi Kané a reçu Touird tidiani de son oncle Abdour- Rahman Kané, dit Benafa, qui fut un des disciples de Mamadou Lamin, le célèbre agitateur sarakollé.
Mamadi est président du tribunal de subdivision de Koulikoro : il jouit sur place d'une certaine réputation de droiture et de quelque influence.
Gaoussou Ndanté, né, vers 1868, à Bodié (Ségou) est l'écrivain d'arabe du poste. Il est à temps perdu commerçant, cultivateur et cordonnier. C'est un homme actif, dévoué et fidèle.
Dans la subdivision proprement dite de Bamako l'élé-
ment somono musulman est insignifiant : une seule personnalité mérite de retenir l'attention. Elle prendra place ici, à la suite de Koulikoro qui, au surplus, fait partie du cercle de Bamako.
KoNiafo estné, àSégou, vers 1870. Il est venu commencer à Bamako, vers logS, et n'en est plus reparti. C'est un homme fort instruit pour un Somono, et dont la bibliothèque compte une vingtaine d'ouvrages, chiffre relativement élevé. Son école coranique est fréquentée par 25 ou 3o enfants. Il est tidiani, et même moqaddem de l'ordre. Il a reçu ces pouvoirs d'Al-Abbas Diawara, de Kouroussa, qui était le disciple d'Oumarou Touré qui avec son père Abd Er-Rahman Touré alla à la Mecque vers le milieu du dix-neuvième siècle et fut affilié à la vraie chaîne tidiani parle propre disciple du fondateur de la Voie : Mohammed Rali-Ko Niafo n'a que peu de talibés.