‹ Études sur l'Islam et les tribus du Soudan (volume 2)Chapitre 17 sur 75 · I. — Subdivision de Ségou · texte numérisé non relu

I. — Subdivision de Ségou

Ce sont surtout les Somono qui constituent l'élément islamisé de la subdivision de Sésrou. Des Marka n'v constituent que de petites familles dispersées soit à Ségou même, soit dans les principaux centres voisins.

Un seul foyer maraboutique très actif est à signaler : Marka Dougouba. Dans ce centre très islamisé, la population marka, environnée de Bambara fétichistes, a fait de l'Islam une sorte de bannière nationale, autour de laquelle elle se serre. Quatre petites mosquées en banco viennent témoigner de la vigueur de cette foi.

Les marabouts, maîtres d'écoles coraniques, qui prédominent, sont au nombre de sept à huit, tous qadrïa, sauf un, Lancena Sanogo, qui relève des Dyiré tidiania de Ségou. Leurs écoles comprennent un total de près d'une centaine d'élèves.

Ils dérivent tous de la propagande d'un marabout marka, décédé vers igoS, Souleyman Kamenté, qui paraît avoir eu une très grosse influence. Il a laissé une belle réputation de piété et de science, et son tombeau, qui s'élève dans la maison qu'il occupait en son vivant, et qui a été abandonnée à sa mort, est très visité.

Il a été remplacé par ses deux fils : Ismaïla Kamenté, né vers 1871, imam de la grande mosquée, et Youssoufou, né vers 1876. Celui-ci est le moniteur de son frère. L'école d'Ismaïla comprend la moitié des étudiants de Marka Dougouba, soit 5oi. Sur ce nombre, 6 apprennent la Rissala, Lakhdari, le Moivatta et le premier livre de Khalil.

Il faut citer, parmi les autres marabouts marka de ce centre Ousman Darako, né vers i85o. Sidi Kamenté, né vers 1860, et Baba Kené, né vers 1870, imam de la deuxième mosquée.

La propagande d'un des disciples de la zaouïa de Mamadou Abdoulaye Souadou, a recruté parmi les Marka de la région de Ségou quelques adeptes au Qaderisme kounta. Un missionnaire, Abdour-Rahman Diallo, pouUo du Bakhounou, parcourut la région vers 1890. Il donna son ouird, à Kisma, àSlimana Mimaka, marka de Tamani. Par celui-ci, Touird s'est répandu à Ségou-Koura-Somono, où Ahmadou Famenta, né vers i85o, en est le plus notoire représentant, et à Ségoubougou-Marka, où Mama Dyiré et Sanoussi, petits marabouts locaux, en sont les tenants officiels.

IL — Subdivision de Barouéli.

Si les Somono prédominent dansla subdivision de Ségou, les Marka constituent la grande majorité des islamisés de la subdivision de Barouéli.

Les principaux foyers d'Islam : Barouéli, Goulomba, Boadié, Kamba,Tiénébougou, Siémona-Marka, Kénenkou, ne sont pas autre chose que les îlots markade cette région bambara et fétichiste.

Partout c'est le Qaderisme qui prédomine, issu, comme à Ségou, de la lointaine propagande kounta et des missionnaires peul et marka des pays peul.

l'islam en pays bambara 65

Les personnalités notoires de ces marka du Barouéli sont :

A Barouéli-Goulomba, Diambo Mamadou Silla, né vers 1842; Kaoura Tangara, né vers 1862; Bakari Haïdara, né vers 1860; Chékou Boïguillé, né vers 1880; tous maîtres d'école. La plupart de leurs élèves suivent les cours de l'école française, Maki Aw, qui fait un petit cours de droit, le plus en vue de ces marabouts.

A Boadié, qui est le centre islamisé le plus important de la région: Chékou Niangado, né vers i885 ; Bouya Baba Fofana, né vers' 1887; Chékou Maïga, né vers i85o; tous maîtres d'école.

A Kamba, les membres de la famille Sako, et depuis la mort du chef Moussa Sako, ses fils Bou Sako et Idrissa Sako.

A Tiénébougou, Amadou Taraoré, né vers 1897, maître d'école.

A Siémona-Marka. Kalilou Passa, né vers 1896, maître d'école.

A Kénenkou, centre de rayonnement assez actif, Dia Baga Haïdara, né vers 1876, maître d'école.

IIL — Subdivision de Bamako.

La subdivision de Bamako, peuplée presque entièrement de Bambara et de Malinké, qui se bambarisent par la langue et les mœurs, est dans son ensemble, fétichiste. Ici, encore, c'est l'élément marka qui lui donne surtout sa physionomie religieuse actuelle. Mais à côté de ce facteur relativement instruit et fervent, il y a un deuxième élément islamisé : les Touré, d'origine nord-Saharienne, qui, chronologiquement, sont les premiers adeptes du Prophète installés à Bamako.

C'est vers le milieu du dix-neuvième siècle que, d'après

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