‹ Études sur l'Islam et les tribus du Soudan (volume 2)Chapitre 21 sur 75 · IV · texte numérisé non relu

IV

Ousseni. Il avait quitté Kiba vers 1904 pour aller perfectionner son éducation chez les marabouts Soninké du Haut Sénégal. Il vécut longtemps à Kersignané et à Koussané, fut affilié à la confrérie d'Ismaïla Tounkara et englobé dans la répression qui mit fin à cette agitation, fut expédié manu militari sur son village d'origine en 191 3.

Kerouané, autre réminiscence d'Islam et ainsi nommé en l'honneur d'Ibn Abou Zeid, le Qaïrouani, auteur de la Rissala, chère entre tous ouvrages aux marabouts noirs. Le marabout fondateur de la cité était un Marka du nom de Mohamdi Cissé.

Elle comprend huit petits marabouts et une quarantaine d'écoliers. De ces Cheikhs locaux et insignifiants on signalera : Modi Kangué, né vers 1870, qui a l'école la plus importante (10 élèves), et Baba Sofana, né vers i85o, qui est le plus instruit. Il est l'almamydu village depuis 1880 ; il est ordinairement remplacé à son école par son fils aîné Kissima Sofana.

Ces marabouts, soit qadrïa, soit tidianïa, relèvent tous des maîtres de Kiba ou de Touba.

Niaminaj gros bourg commerçant de 1.200 habitants, sur le Niger, est un centre fortement islamisé. Son nom seul l'indique déjà: Al-Yémen, c'est-à-dire le bonheur du pays, ou encore l'Arabie Heureuse.

Elle a été fondée, il y a plus d'un siècle, par les familles Koné, Sako et Bérété, originaires de Kankan et de Koundia. Ce furent les Sako qui, fondateurs du village en furent les premiers chefs. Lors de la prise de Ségou par Al-Hadj Omar, les habitants de Niamina, craignant des représailles, s'enfuirent. Le conquérant les ramena chez eux et leur donna comme chef, d'abord Amara, puis Sidi Koné (vers 1861). Le commandement est resté à partir de cette date chez les Koné.

LISLA.M EN PAYS BAMBAHA 83

Sidi Koné reçut Caron en juillet 1887 et lui rendit des services que le vaillant officier se plaît à reconnaître. Par la suite il a accueilli notre influence avec joie. Il mourut en 1894 et fut remplacé par son fils, Lansana Koné.

Chef du village de Niamina et chef du canton de Messékélé Niamina, Lansana, né vers i863, est un homme intelligent, dévoué, très écouté de ses gens, qui s'occupe beaucoup de culture et de commerce. Il est en relations avec tous les villages du fleuve, de Koulikoro à Ségou. Il a servi de guide et déporte-parole au commandant Bonnier en 1892. C'est un auxiliaire précieux et sûr.

Parmi la douzaine de marabouts qui font de Niamina une ville pieuse autant que commerçante, le plus notoire est Lamin Bérété,qui vient de succéder à la mosquée locale à son oncle Sidiki.

Almamy Sidiki Bérété, né vers 1840, était issu d'une des plus vieilles familles locales, dans laquelle, depuis plusieurs générations, se perpétuent les fonctions d'imam de la mosquée. Il exerça lui-même cette charge pendant dix ans. Il est mort le 21 août 1917. Son neveu Lamin, né vers 1860, Ta remplacé aussi à la tête de son école, qui compte une douzaine d'élèves.

Les autres personnalités intéressantes de Niamina sont: a) Souleyman Sakko, né vers 1888 à KaïJo (Sierra-Léone) qui arriva dans le pays au début de 1914, et s'y est installé à demeure pour faire du commerce; b) Bouya Gakou, né vers 1860, et qui vient de mourir. Très intelligent et très influent, il était le plus instruit des maîtres de Niamina. Son école de 29 élèves semble péricliter avec ses fils ; c) Mohamdi Sosso, né vers 1876; d) Ba Moussa Cissé, né vers 1880 ; e) Ma Ciré Silla, né vers 1878 ;/) Karamoko Touré, né vers 1878.

Tous ces marabouts sont qadrïa et relèvent de l'obédience kounta par l'école de Sansanding.

Un seul tidiani d'importance est relevé à Niamina : Al-

rr>amy Salifou, imam de la petite mosquée du ciief de village.

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