‹ Études sur l'Islam et les tribus du Soudan (volume 2)Chapitre 22 sur 75 · VI. — Les États de Sansanding · texte numérisé non relu

VI. — Les États de Sansanding

Sansanding, prononciation maure de Sisa7ii (petit pou), est une ville marka, très fortement islamisée, au milieu d'un pays bambara fétichiste. En dehors de la capitale, on ne peut guère signaler dans la région que quatre ou cinq petits îlots, semi-musulmans, et également marka : Sibla, Makri, Sénenkou, Kokrimadougou, Niaro.

A côté de ces Marka, très attachés à leur religion, on rencontre quelques familles d'ex-sofa foutanké fort métissés, et qui témoignent, sous l'influence du fama sans doute et contrairement aux traditions de leur race, d'un très grand libéralisme. Ils ne fournissent, à l'heure actuelle, aucun marabout.

A signaler encore pour mémoire quelques Bambara du Kaarta, jadis islamisés par Ahmadou Chékou, et qui ne sont pas complètement revenus à leur fétichisme.

Ici comme ai Heurs dans la région de Ségou, l'Islam marka dérive directement du prosélytisme des grands Cheikh Kounta. Deux ou trois marabouts de la génération précédente ont reçu cet enseignement, l'ont professé avec quelque éclat, et Tont transmis aux karamoko actuels. Le milieu est assez cultivé et certainement sympathique.

Les plus notoires sont : A Sansanding, Mostafa Kaioussi, né vers i852, disciple d'Ousman Sow, Poullo du Farimaké, qui par Abdoul-Qadir Qoureïssi, marka de Sokolo, et Ni Tarakoré, forgeron marka, se rattache à Sidi Mokhtar Al-Kabir. Mostafa fait un petit cours d'enseignement supérieur et paraît quelque peu lettré.

Boa Haïdara, né vers 1870; Falaji Sako, né vers 1847, et ses disciples Sidi ou Karamoko Haïdara, né vers 1880, et Mostafa Soumané, tous maîtres d'école ou commerçants.

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sont les talibés de l'Almamy Ali, marchand réputé, et se rattachent par lui à Alfa Ousman Sosso, marka, à l'Almamy Sidiki, et enfin à Sidi Mohammed, commerçant maure, venu s'établir à Sansanding, sur l'ordre du Cheikh Sidi-1-Mokhtar.

Ndari Cissé, né vers 1845, imam de la grande mosquée, marabout vénéré dont le nom Ndari serait une corruption de l'appellation respectueuse de « cadi » et ses disciples Boul Qassoum Tounkara, tous maîtres d'école, relèvent de l'almamy Dyanguiné, mort vers 1880, et par Talmamy Moussa se rattachaient à Sidi-1-Bekkaï.

Baba Magané, né vers 1860; Mamadi Taraoré, qui vient de mourir; Seydou Thiam, d'origine toucouleure, et à Kokri-madougou, Sougali Toumeta, se rattachent par Birama Silla à Mamadou Bolé Magané, qui était un des élèves de Taleb Slimani, marabout que Cheikh Sidi-1-Mokhtar envoya plusieurs fois dans la région. Le Cheikh luimême, d'après la tradition, serait venu jusqu'àîSansanding.

A Silla : Gaoussou Soumaré, né vers 1870, almamy, et Baba Taraoré, né vers 1875, tous deux maîtres d'école.

A Nakri : Moussa Koanta, almamy et maître d'école.

A Niaro : Bokori Kouma, vieux marabout qui s'est éteint en 1916.

A Sénenkou : Mohammed Yaré, son fils Karamoko Yarè. ses disciples Karamoko Nionno, et Fayoussou Manadiou, qui se disent sans ouird, ou tout au moins sans connaissance de leur chaîne spirituelle, ayant « perdu toute science » à côté des Bambara incultes et fétichistes.

A Kongangourou : Ahmadou Dokounou, né vers 1878, petit marabout, maître d'école.

Un seul pèlerin connu a fait, dans les États de Sansanding, le pèlerinage de la Mecque. C'est Sidi Yahia Koné, fils de Karamoko Dvanguiné, de Sofana, qui y accompagna son père. Ils firent le voyage par xMarseille etAlexandrie.il est établi aujourd'hui à Sansanding.

Caron dit, dans son ouvrage De Saint-Louis à Tombouctou, avoir reconnu l'accueil aimable des gens de Sansanding en donnant un Coran à leur almamy. Il était curieux de connaître la version indigène. Voici ce que raconte Mostafa Soumaré, cadi du tribunal local :

« Trois ans avant la prise de Ségou, un Blanc arriva sur un vapeur. C'était pendant l'hivernage. Il fut bien accueilli par notre chef de village, le vieux Kami Kama. Ce dernier reçut de lui des perles rouges et des étoffes. Notre almamy, Ali Taraoré, accompagné de Brahmane Diabaté, alla ensuite voir le vapeur. Après sa visite et alors qu'il se promenait sur la place du marché, il fut rejoint par le Blanc qui lui remit un Coran, tandis que son compagnon Brahmane Biabaté recevait une chéchia rouge. »

Les descendants de l'almamy Taraoré sont actuellement au nombre de deux, tous domiciliés à Sansanding. L'aîné Mohammed Lamine Taraoré est chef d'école maraboutique ; le plus jeune, Sediq Taraoré, est étudiant en droit musulman : c'est lui qui possède actuellement le précieux Coran donné à son père par le lieutenant de vaisseau Caron.

On ne saurait omettre la figure extrêmement curieuse et sympathique du fama Mademba, fama des États de Sansanding par la grâce de Archinard depuis mars 1891. On lui confia à cette date et par la suite les innombrables sofa d'Ahmadou Chékou, et de ses frères et lieutenants, ramassés un peu partout dans le Sahel et dans la vallée occidentale du Niger, et il les installa à Sansanding où, sous son autorité ferme et paternelle, ils s'accoutumèrent à leur nouvelle vie.

Comme tout bon Toucouleur, le fama est etsedittidiani, mais, ainsi que le font remarquer ses fils, il n'est pas exclusif. Sur sa table fort bien soignée paraissent vins fins et apéritifs variés; et ses troupeaux de cochons encombrent Ja plage du Niger et les rues de la ville. On le dit de plus

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affilié à la loge maçonnique de Conakry, mais il n'en entretient pas moins les relations les plus amicales avec ses voisins les Pères Blancs de Ségou, et plusieurs de ses enfants ou neveux ont fait chez eux leur éducation.

Les fils du fama, musulmans plus modernisés encore que leur père, suivent les traces de cette vie toute de loyalisme et d'honneur. Racine et Abdoul Qader sont officiers et ont fait les campagnes de Verdun, de la Somme, des Dardanelles. Ben Daoud est instituteur à Sansanding (i).

Le quartier sofa de la ville renferme encore quelques prétendus tidianïa, dont le plus original est Falli Baba Keïta, chef de quartier, chef de la police de la ville et homme de confiance du fama. Ses déclarations d'affiliation religieuse sont accueillies par les éclats de rire des marabouts marka; et il avoue lui-même, en maniant un grand sabre de cavalerie légère, insigne de ses fonctions, qu'il « n'est pas trop fort » pour faire le salam ordinaire.

VIL — RÉGION DE MONIMPÉ (Dia).

La région de Monimpé, qu'on appelle aussi canton de Kokry, du nom du gros village où l'on fait escale sur le, Niger, s'étend sur la rive gauche du fleuve, en aval de Sansanding et en amont de Diafarabé. Également éloignée de Sokolo, de Dia et de Sansanding, elle a, tour à tour et suivant les points de vue envisagés, dépendu de ces trois subdivisions. Elle ressortit aujourd'hui à Dia.

Elle est à peu près uniquement peuplée de Bambara fétichistes, venus il y a plusieurs siècles du Minianka. Le commandement s'est maintenu depuis le premier jour entre les mains de la famille Koulibali. Ils ont été mêlés aux luttes engagées entre le Macina musulman et l'État fétichiste bam-

(i) Le fama Mademba est mort en 1918.

bara de Ségou. En 1892, ils se signalaient à notre attention par leur révolte contre le fama de Sansanding.

Dans cette masse bambara, attachée à son passé et à ses croyances animistes, on distingue des colonies marka très religieuses, dont l'une surtout, celle de Marikoulé Doukouré à Ouro-Boki est un véritable zaouïa islamique.

Les trois centres d'Islam, — tous marka, — duMonimpé sont : Kouna, Markalla et Ouro-Boki.

Kouna n'a qu'un petit marabout, Brahima Koné, né vers 1860, imam du village. Il est peu instruit et son école n'a que 4 ou 5 élèves. Il est qadri, disciple de Abd El-Ouafa Minta, personnage très vénéré de la génération précédente, mort vers 1900.

Markalla est un peu plus important avec ses deux marabouts : Almamy Diaka Binta, né vers 1870, imam du village, et Daouda Diakabinta, né vers 1872. Leur deux écoles réunies comptent une douzaine d'élèves. Almamy est originaire de Kaminiandougou (Ségou), d'où sa famille est venue au dix-huitième siècle. Il doit surtout son prestige à son oncle Amadou Diakabinta, qui fut un marabout de renom et dont il fut l'élève et successeur.

Ouro-Boki enfin, dit aussi Boki-Béré, comprenant : a) le village marka, qui a pour marabout Sékou Taraoré, né vers 1880, dont l'école est fréquentée par une quinzaine d'élèves, et surtout b) la zaouïa de Marikoulé.

Marikoulé Doukouré, de son vrai nom Mamadou Koulé Boukouré, fils de Mamadou Founé, est né vers i835 à Demba-Diarisso (Goumbou). Sa famille, d'extraction marka, est originaire de Diara dans le Kaarta de Nioro. A la suite de luttes intestines, elle se dispersa, les uns venant s'établir à Sokolo, tandis que Mamadou Founé s'installait dans le Bakounou.

Tout enfant, Marikoulé vint retrouver ses cousins de Sokolo et fit auprès d'eux de bonnes études. Il voyagea fort

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peu et ne quitta Sokolo que pour passer quelques années dans le Karéré auprès de son maître Abou Bakari. Il était revenu à Sokolo lors de l'occupation française ; il émigra alors vers Dembaka (Dioura) et, ne s'y plaisant pas, alla s'installer finalement à Boki-Béré, dit Ouro- Boki.

Nous trouvons ici une curieuse efflorescence du prosélytisme qadri des Kounta.

Entre i85o et 1860, se trouvait, parmi les disciples du grand Sidi-1-Bekkaï,à Tombouctou, unToucouleurdeBoki Diavé (Matam), Mamadou AbdouUaye Souadou. Ce jeune homme, cherchant fortune, était passé des bandes d'Al- Hadj Omar à la cour du dernier amirou du Macina. Il y fit la connaissance de Sidi-1-Bekkaï, partit avec lui à Tombouctou, se perfectionna auprès de ce maître éminent dans les études islamiques, en reçut l'ouird et, à sa mort, après un court séjour chez les Maures du Hodh, vint s'installer à Gagnan, dans le Farimaké. Il devait mourir, vers i885, à Dina, dans le Bakounou, après s'être acquis dans toute la région un prestige maraboutique considérable. Son tombeau y est des plus vénérés.

Un de ses disciples, d'origine marka, Abou Bakari Mamoudou Taraoré recueillit sa succession spirituelle. C'était un lettré remarquable et un esprit dévoré de mysticisme le plus fervent. Marchant sur les traces de son maître, qui était aussi un auteur mystique, il a laissé une dizaine de poèmes fort curieux, tant pour leur élégance littéraire, que pour l'élévation des sentiments. Ils rappellent en général les poèmes de l'Ancien Testament: Psaumes, Cantique des cantiques, etc., et célèbrent Allah, le Prophète et les fondateurs et rénovateurs du Qaderisme.

Chantant le Prophète, Abou Bakari dit :

« O Dieu, bénis-le autant de fois qu'il y a d'êtres marchant et rampant;

« Autant de fois que tu sais de choses sur les enfants passés et futurs d'Adam et de Satan ;

« Autant de fois que les anges font de prières et autant de fois qu'il y a de loués et de blâmés;

« Autant de fois que les hommes, les démons, les oiseaux et tous les animaux parlent de langues;

« Autant de fois qu'il y a de plantes dans la brousse. »

Ailleurs et sur le même sujet :

« O diamant du monde, ô mare dans laquelle nous boirons avant d'entrer au Paradis,... tu es mon amour et je ne serai qu'à toi, toi qui es le plus sûr appui.

« J'aurai voulu être le bois qui te servait de dossier à la mosquée et qui pleura quand on le remplaça.

« Je suis jaloux du lézard, quand il prononça : « Il n'y a « point d'autre divinité qu'Allah et Mahomet est son Pro- « phète. »

De son côté, Mamadou Abdoulaye Souadou, qui avait déjà dit et à fort juste titre « Louange à Dieu, car la vérité (islamique) s'est répandue par la grâce du Cheikh Sidi-1- Mokhtar et du Djilani >►... s'écrie, célébrant le Cheikh Bekkaï :

« Mon maître jouit d'une influence et d'une réputation de bonté sans égale.

« Sa lumière va au plus haut des cimes. Puissé-jeêtre de ceux qui la voient.

« Lumière dont la clarté est aveuglante.

« Ses pieds ont laissé de nombreuses traces sur les chemins de la recherche de la pureté et de la science.

« Il a souvent écarté les misères de ceux qui l'ont invoqué.

« Il a marchandé et acheté toutes les vertus.

« A son arrivée à Tombouctou, cette ville fut entourée par le bonheur et un heureux sort.

« Elle en fut si comblée que rien ne lui manqua.

« Habitants et étrangers eurent leur part de lumière.

« Et les deux flancs de la ville fleurirent à l'ombre de son étendard.

« Accorde, ô Dieu, ta piété à son imam Bekkaï.

« A Tarrivée du Cheikh, la ville rajeunit et les descendants de Ham, qui l'habitaient, furent heureux.

« Bekkaï, tu reçus dès l'enfance la prophétie et toutes ses parures.

« Et plus tard, tu en manifestas toutes les preuves... »

Mamadou Abdoulaye Souadou fixa lui-même dans un de ses poèmes les règles de son ordre : « Chantez souvent ces cantiques : chantez-les joyeusement pour l'amour du grand Prophète ; Quand vous les entendrez, écoutez-les avec plaisir et imitez le chantre. Balancez votre corps en l'écoutant pour l'amour de l'Élu. 0 mes frères, adoptez ces cantiques qui viennent de celui dont le cœur est brûlant d'amour pour l'Envoyé de Dieu. Récitez-les, matin et soir et Mahomet viendra à vous ; Chantez et dansez joyeusement, louez-le sans cesse et fermez les oreilles, à tous les blâmes qu'on vous adressera... » Il prévoyait déjà les railleries et critiques dont ses dévots talibés seraient l'objet de la part des musulmans plus rassis,

Abou Bakari s'était installé en dernier lieu à Fawniendé, village situé près de Dioura et aujourd'hui disparu, et y avait créé une sorte de village-zaouïa.

C'est auprès de lui que Marikoulé acheva ses études et développa cet esprit de mysticisme qui le caractérise. Le Cheikh, qui avait remarqué ses capacités, le désigna comme son successeur spirituel, et c'est depuis cette époque que le prestige de Marikoulé s'est répandu dans la vallée du moyen Niger, de Bamako à Tombouctou et dans le Sahel oriental.

Son instruction n'est pas très développée, mais sa sainteté est admise par tous, et on lui donne généralement le nom de Ouali. Quelques-uns même, spécialement attirés

par son mysticisme, ^le dénomment: le « Soufî » de Bokibéré.

A la mort de son maître, et après des tentatives à Sokolo puis à Dembaké, il vint s'installer non loin du village de Bokibéré, y fonda, à l'instar de son maître, un village propre, sorte de zaouïa, comprenant une vingtaine de familles et 120 personnes. Le village a sa mosquée, ses écoles, son cimetière où aucun étranger n'est admis. Ils pratiquent l'endogamie la plus intransigeante, et tout en vivant en bons termes avec leurs voisins, ne frayent point avec eux.

On vit la parfaite existence monastique dans cette zaouïa marka. Chaque jour, après la prière de l'aurore et celle du crépuscule, le maître continue les oraisons en l'honneur d'Allah et du Prophète et on finit par le chant à tue-tète des cantiques composés par Abou Bakari en l'honneur de Mamadou Abdoulaye Souadou et par celui-ci en l'honneur du Cheikh El-Bekkaï. Seuls les disciples du maître sont admis dans ces séances dites « Achra ».

Le reste de la journée est consacré surtout aux travaux des champs, coupés parfois par des conférences pieuses.

On n'y fait pas de prosélytisme actif: ce n'est pas en effet la manière de l'Islam, mais on y prêche d'exemple, et il est évident que cette zaouïa, installée en un pays bambara, résolument fidèle à ses traditions, poursuit le but que recherchaient les premiers moines irlandais qui bâtissaient leur moûtier dans les forêts de la Germanie barbare : la conversion. Avec le temps et des circonstances favorables, il y réussira sans doute.

Marikoulé est aujourd'hui un beau vieillard de quatrevingt à quatre-vingt-cinq ans, très ouvert, très sympathique, et dont l'attitude a toujours été loyaliste. Il est malheureusement aux portes de la cécité.

Il a cinq fils : Chékou, né vers 1871, et que des abcès indéterminés dans la gorge privent de. la parole ; Raouttou,

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né vers 1875, ouvert, sympathique, quelque peu instruit, sinon intelligent; Kisma, né vers 1890 : Bakari, né vers 1897, etAhmadou, né vers 1900, tous les trois encore à l'étude. Tous ces enfants paraissent insignifiants et n'hériteront vraisemblablement pas de Tinfluence spirituelle du père.

Il a en outre plusieurs filles, mariées à des notables de Bokibéré ou de Sokolo.

Marikoulé avait un frère, Ahmadou, décédé depuis plusieurs années, et dont le fils aîné, Sidi-1-Mokhtar, ainsi nommé en l'honneur du Cheikh Kounti, est né vers 1870. C'est peut-être le membre le plus instruit de cette famille, encore que son physique n'en donne pas l'impression. En le prenant par la douceur, on peut presque converser avec lui en arabe.

Les disciples de Marikoulé, qui ont tous reçu de sa main l'affiliation qadrïa, sont concentrés autour de lui. Le Cheikh en effet les laisse difficilement s'égailler. Il les marie, leur donne des lougans et entend qu'ils se fixent auprès de lui.

A Bokibéré même, on peut signaler : Modibbo Songo, né vers i85o, Diawara du Kaarta.

Sidi Sira, né vers i85i, Diawando du Kaarta, Amadi Bintou, né vers i855, Diawando qui vient de mourir; Oumarou Ali Diallo, PouUo, né vers i85i, et Amadou Antou Soh, PouUo, né vers i856, tous trois originaires du Guinbaka.

Ali Amadi Cissé, né vers 1864, Poullo originaire du Macina.

Kisma Doukouré, né vers i865, et ses trois fils Chékou, Gaoussa et Kisma, originaires de Sokolo.

Marikoulé a admis auprès de lui, en qualité de catéchumènes, attendant l'initiation, un certain- nombre de talibé peul et marka.

L'intruction est la partie la plus faible de la zaouïa. Elle ne dépasse pas l'étude du Coran, est donnée par Modibbo

Abdou Diatasseï, diavando, et s'adresse à tous les enfants, — garçons et filles, — de la zaouïa. On ne pourrait, en cherchant bien, trouver plus d'une demi-douzaine de livres dans ce foyer islamique. En dehors de Bokibéré, on ne peut citer de disciplesproprement dits du Cheikh, mais comme on Ta dit, il est l'objet d'une certaine vénération et on vient souvent lui faire visite pour avoir part à sa baraka.

Le Cheikh Abou Bakari, de Fav^niendé, a laissé d'autres disciples dans la région. Un seul, Bakar Sékou Fafana, Malinké de Ya Salam, mort en 19 16, a laissé un nom par sa sainteté d'abord, mais surtout par le choix d'un de ses disciples, Hamma Samba Bouna Dial, installé à Dioura, juriste éminent et ex-cadi de la ville.

Originaire de Sévaré (Mopti) et appartenant à la famille peule de Foulouganké, Hamma Samba jouit d'une grande considération chez les populations de Karéré, chez les Peul Ouv^arbé du Mampala, et même chez les Bambara islamisés de Dioura. Son grand âge l'a contraint d'abandonner son école, et il ne vit plus que des aumônes de ses fidèles et admirateurs et du commerce des amulettes.

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