‹ Études sur l'Islam et les tribus du Soudan (volume 2)Chapitre 28 sur 75 · X. — Subdivision de Mourdia · texte numérisé non relu

X. — Subdivision de Mourdia

La subdivision de Mourdia, qui comprend tout le Sud du cercle de Goumbou-Nara, s'enfonce déjà dans la masse fétichiste bambara du Bélédougou. L'Islam n'y est représenté que par quelques Peul, étudiés ailleurs, par les Maures de passage et par l'élément sarakollé.

Les Sarakollé ont été islamisés, ou plutôt réislamisés, à la fin du dix-huitième et au début du dix-neuvième siècle, par des missionnaires marocains, maures ou marka de l'extérieur. Mungo-Park, qui y passait en juillet 1796, dit : « Nous arrivâmes à Moorja, grande ville célèbre par son commerce du sel, et par le grand abord des Maures, qui viennent y échanger cette denrée contre du blé (du grain, du mil) et des étoffes de coton. La plupart des habitants sont mahométans, et il n'est permis aux Kafirs (fétichistes) de boire de la bière {dalo) que dans certaines maisons y>.

Cette situation s'est maintenue jusqu'à nos jours. Actuellement, seul dans la génération qui disparaît, un marabout

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local, Pamara Doukouré, a réussi à se faire un nom et à constituer un groupement local, qui semble devoir évoluer de lui-même.

Les principaux de ces missionnaires, surtout tidianïa, sont :

Taleb A hmedy chérif de TEst, qui paraît être un missionnaire de Temassin (Constantine). Il se disait disciple du Cheikh Ali de Temassin, fils du Sid Ahmed Tidjani. Au cours d'un voyage dans le Sahel vers i85o, il a conféré l'ouird à Mamadou Bintou Doukouré, SarakoUé de Bagoeli (Balle), né vers 1845, maître d'école à Mourdia, secondé, vu son grand âge, par son fils Tidiani Doukouré.

Ahmed Sérier, de Tichit, était disciple de Mohammed Al-Hafedh, des Ida Ou Ali, Mohammed Al-Hafedh, avait reçu de Sidi Ahmed Tidjani l'autorisation de consacrer 10 moqaddem en Mauritanie ; Ahmed Sérier fut un de ceux-là. Il laissa ses pouvoirs à son fils Mohammeddou, marabout très connu dans tout le Sahel occidental et dans le Hodh, et qui consacra moqaddem à son tour Ahmed ould Mbakka, d'origine Tichiti, installé h Mourdia. Parmi les enfants de ce dernier, Taîné, Ahmeddou, né vers 1890, paraît assez instruit.

Moktar YourqeïTalfi^ deDienné, disciple de Mohammed Al-Râli, ardent disciple lui-même du Sid Ahmed Tidjani et chef de la zaouïa de Médine. Ce Moktar a conféré l'ouird à Mamadi Keïta, Sarakollé de Sansanna, aujourd'hui décédé, et qui a laissé divers talibé ; à Sansanna, Cheikh Touré, né vers 1847, almamy du village, peu instruit, mais très vénéré; Cheikh Kouma, né vers i855, maître d'école remplacé par son fils Mamadou Mentena ; Lamin Koïta, né vers i85i, maître d'école; Modi Tagora Keïta, né vers 1870, fils des anciens chefs et marabouts de la région, personnalité respectée.

Cheikh Hamallah, chérif de Nioro et moqaddem tidiani. C'est un disciple de Cheikh Sidi Mohammed ben Abdallah

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Al-Djouini, venu d'Aïn Mahdi (Alger), mort dernièrement à Nioro. Ce Chérif Hamallah, très important, sera étudié sous le titre de Nioro. Il a comme disciples notoires dans la région de Mourdia :

Amadi Afo Silla, Sarakollé, né vers 1876, maître d'école réputé à Mourdia, cultivateur à Médina Silla.

Mariéri Sogoné, né vers iSgS, maître d'école à Mourdia, almamy de la mosquée des Makambiné, qui sont les baratines des Ahel Tichit;

Kisma (Bou Bakar) Mangana, né vers 1870, marka de Boro, almamy du village, maître réputé qui a formé et affilié plusieurs des Karamoko delà région, tels que Bakari SilJa, né vers 1884 ; à Boro : Cheikh Wagué, né vers 1882, à Ortôbila; Mamadou Silla, né vers 1866, almamy de Médina-Silla ; Modi Togola Silla, né vers i8go, à Médina Sarakollé ;

Soumaré Drame, né vers 1875, à Tomboula. Il a étudié à Sokolo et à Kersignané (Kayes).

Mamadou A bdoulaye Souadoii, dont la notice est donnée ailleurs, a laissé comme principaux talibé dans la région de Mourdia ;

Soumana Silla, Sarakollé, né vers i85o, à Dossorla dont il est Talmamy ;

Ba Niané Tambadiou, né vers 1870, à Sansana, disciple de Mamadou par son neveu, Mamadou Modibbo;

Hamma Diallo, né vers i865, pouUo, à Sansana, maître d'une école florissante.

La personnalité islamique la plus importante de la région de Mourdia est actuellement Pamara Doukouré. Pamara, déformation locale d'Omar, né vers 1840, est fils de Madalla Doukouré. Sa famille vient de Goumbou et son père, Mamadou Dalla, élève des maîtres de Oualata et notamment de Mérouan ould Abdallah, des Djaafria, était un Cheikh réputé. Lui-même est né à Dalébougou et a fait ses premières éludes chez les marabouts locaux de renom,

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notamment à Mogossi chez Marikoulé, dont les fils professent à Touba (Banamba), puis à Sansanding chez Mohammed Boli où il fut le condisciple de Marikoulé, le pieux ascète des Ouro-Boki (Dia). Il avait ouvert une école coranique à Goumbou, quand il vint s'établir à Mourdia, vers 1875, sur la demande du chef Faliki Diara, dont il fut le chapelain.

Pemara tient une école florissante de 25 élèves; son fils aîné Mamoudou, intelligent, ouvert et lettré assesseur au tribunal de Mourdia, le seconde dans l'enseignement coranique. Il se livre à des pratiques mystiques parfois désordonnées. Le vieux marabout cassé et quasi aveugle fait des petits cours de théologie et de droit.

Personnage fort sympathique, Pamara a toujours mis son intelligence au service de la cause française, notamment lors des divers recrutements et lors de la révolte du Bélédougou.

Il a reçu l'ouird qadri d'Ousman Sosso, marka du Kounari installé à Sansanding. Il a reçu le titre de moqaddem d'abord du même Ousman Sosso, puis de Mohammed ben Ai-Habib, des Ahel Taleb Bou Bakar (Larlal) qui était un disciple de Mohammed Fadel, le père des Fadelïa.

Pamara a formé coraniquement la plupart des maîtres d'école de la région. Il a conféré l'ouird à plusieurs de ces maîtres ou autree personnages de marque et notamment:

Mamadou Doukouré, né vers 1872, almamy de Bomandiougou ;

Karamoko Silla, né vers 1876, marka domicilié à Boro, intelligent, instruit et honnête, président du tribunal de Mourdia.

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