‹ Études sur l'Islam et les tribus du Soudan (volume 2)Chapitre 33 sur 75 · Ouwarbé du Kourmary · texte numérisé non relu

Ouwarbé du Kourmary

Les villages peul du Kourmary restèrent indépendants jusqu'en 1916. Cette indépendance tournant peu à peu à l'anarchie et à l'absence de toute administration, il fut convenu, après consultation des notables, que ces groupements seraient placés sous Tautorité de Mamadou Ba.

Cette mesure ne donna pas entière satisfaction. Eloignés de Nampala de plusieurs longues journées de marche, les Ouwarbé du Kourmary continuèrent à échapper à un contrôle sérieux. Un nouveau chef fut donc choisi. Ce fut Dembel Ba, frère aîné de Mamadou Ba et qui, depuis fort longtemps, se morfondait dans l'inaction.

Né vers 1870 à Alatonna, Dembel prit la fuite avec son père en 1896. Au cours de cet exode, il prit part à plusieurs expéditions entre tribus et fut notamment blessé par les Oulad Nacer qu'il poursuivait pour lui avoir volé des chameaux. Il fit sa soumission et revint à Sokolo en 1908. Sa conduite fut toujours correcte, encore qu'au début de 191 1, il ait fait quelque opposition à la nomination de son frère cadet comme chef du Nampala. On occupa son désir d'activité en le chargeant en 1916, sous l'autorité de Mamadou Ba, des Peul du Kourmary, et finalement on les. lui donna en toute indépendance en 1917. Dembel s'acquitte bien de ses nouvelles fonctions. Ce commandement le rallie définitivement à nous. C'est un homme intelligent, énergique, assez instruit, doué de bonne volonté. Il est influent et très connu chez tous les Peul Ouwarbé et Maures Daoud.

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Il est qadri, comme tous les Peul de la région, et a reçu i'ouird d'Alfa Saïdou Samba Ba, qu'on a vu plus haut.

Le Kourmary peul renferme d'importantes personnalités maraboutiques.

A Alatonna : a) Taïebou Yerowel Ba, né vers 1868 à Pété-Koli (Dioura), de la famille des Moussankobé. Il a cherché sa voie dans les divers groupements peul du cercle (Nampala, Akor) et a fini par se fixer à Alatonna, vers 1912. Peu fortuné, il fait le cultivateur pour vivre. C'est un homme fort instruit, très souple, le type de Peul qui sait s'adapter. Il jouit d'une très grande considération parmi ses compatriotes. Quand, au début de i9i6,lors delà réorganisation du tribunal de subdivision de Sokolo, on rechercha un assesseur peul, Taïebou Yerowel fut désigné par l'ensemble des djemaa de Nampala, d'Akor et du Kourmary. Sans doute son habitat à proximité de Sokolo guida-t-elle le choix de beaucoup, mais ses qualités et l'estime dont il jouit furent la cause déterminante de l'élection. Il s'acquitte fort bien de ses fonctions judiciaires, et comme il ne demande qu'à faire son chemin, on ne saurait trop le pousser. Ce sera un excellent auxiliaire.

Taïebou est moqaddem qadri par l'affiliation de Bokar Chékou Fofana, marabout très influent de Dioura et ouali reconnu, qui est mort en igiS, laissant un fils, Oumarou, dit Farou, qui n'a pas hérité de son influence. Bokar se rattachait par Bou Bakar Fav^niendé et Abdoulaye Souadou au Qaderisme des Kounta. Taïebou a plusieurs disciples, maraboutaillons locaux, dont, à Alatonna même, Sidi Hamadi Ba, né vers 1888, et Birahima Hamadou Ba, né vers 1868.

A Bossi-Tomou : à) Hamadi Sidi Ba, né vers 1872, imam du village, assez instruit et assez influent dans son groupement et aux environs. Il dirige une école de 6 élèves. C'est un qadri de l'obédience de Modibbo Alfaka Dial, de N'Dou-

l'islam en pays bambara i5g

kala. b) TaherHamadi Bitiel Ba, né vers 1860, petit maître d'école, de même obédience que le précédent.

A Kogoni : a) Hamadi Abdoulaye Dial, né vers 1870, imam du village. Son école a une douzaine d'élèves. Il a fait ses études en diverses localités de Mopti et de Sokolo et a embrassé leQaderisme Kountipar l'intermédiaire du suivant, b) Oumarou Hamadi Diaw, né vers i85o, est très connu chez les Ouwarbé locaux, quoique sans grande influence. Il est moqaddem qadri par ordre de Hamadi Al- Dioumaré Dial, de Kéni (Sokolo), disciple lui-même de Hamadou Alfaka, PouUo du Farimaké, qui vécut dans l'entourage des Kounta et fut affilié à leur Voie.

A iV^ou^a/a. Hamadi Alfaka Dial, né vers 1868, élève et disciple de son père Modibbo Alfaka Dial, mort vers 19 10 et qui a laissé une très sainte mémoire. C'était un ouali, qui a conservé de nombreux disciples. Son fils est assez considéré, surtout comme héritier de la baraka paternelle. Il dirige une école d'une dizaine d'élèves. C'est l'almamy local.

A Sokolo même, l'élément poullo ne donne aucun nom digne de mention. Sékou Hamadou Cissé, né vers i85o, élève et disciple qadri des Glagma, dirigeait une école de quartier, qui jouissait de quelque considération. Il est mort en 19,14.

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