‹ Études sur l'Islam et les tribus du Soudan (volume 2)Chapitre 34 sur 75 · Ouwarbé de VAkor · texte numérisé non relu

Ouwarbé de VAkor

On a vu qu'à la suite des luttes entre Oualarbé et Ouwarbé, ceux-ci durent évacuer le Bakhounou-Ouagadou, vers i83o, et se réfugier vers l'est; et qu'après un séjour dans le Dioura, ils s'en furent, non encore satisfaits, à la recherche de pâturages plus abondants et surtout plus paisibles.

Le groupement des descendants d'Alfa Guidado, serviteurs et captifs, conduits par Hamadi Sidi et Mahmoud

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ould Al-Hadji, tous deux petits-fils d'Alfa Guidado, arriva dans l'Akor et s'y installa (cf. le tableau généalogique en annexe). Mahmoud devait personnellement continuer l'exode vers Goumbou et aller mourir à Dougouni, mais son fils Ismaïla le remplaça. Celui-ci tâtonna quelque temps vers Bou Dyiguéré, puis revint à Akor.

Hamadi Sidi fut le premier chef de ce groupement peul et le fondateur d'Akor. Il n'y avait alors qu'une épaisse brousse autour de la mare d'Akor, dont le nom signifie « lieu de réunion des bêtes fauves » et que seuls fréquentaient des chasseurs maures. Les Peul conservèrent ce nom, emprunté à l'arabe hassanïa. Hamadi fit mettre le feu à cette brousse, édifier un village qui allait être la métropole des bourgades de la province, et commencer de nombreux lougans. Il mourut vers 1884.

Il fut remplacé par Alfa Guidado, fils de son cousin Hamadi Souka. Alfa Guidado était chef à l'arrivée des Français. Ses intrigues amenèrent sa déposition eh 1897 et son remplacement par son cousin Ousman ould Al-Hadji Aliou. Celui-ci était mort l'année suivante, le quatrième chef fut Cheikhna, le fils du fondateur du village. La mort de Cheikhna, en igoS, laissa la place à son cousin Aliou Birahima. Celui-ci, qui est mort en 1916, avait été révoqué dès 1904 pour malversation dans la caisse d'impôt; il avait été remplacé par Talib Ba, fils d'Ismaïla et chef actuel.

Les dix villages peul de la province sont des colonies d'Akor deuxième, que pour distinguer d'Akor Tagdaous on nomme Akor-Boro : Toubakoro, créé en 1882 par Dembel Kola, qui par la suite, en 1907, vint fonder Sabérémamy, délaissant le premier village ; Bourdiadié, fondé en 1 883 par Ismaïla père de Talib Ba. Il y mourut vers 1090. Bangolo, créé par Al-Hadji, frère cadet de Talib Ba en 1909, sur les ruines d'un village bambara. Dikoné, fondé en 1909 par Demba Haourou Ba, cousin de Taleb Ba. Dounguel, créé par Haouba Abdoulaye Ba en 1896 ; il vint

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ensuite fonder en 1908 Dyoya. La totalité de ce groupement ouwarbé est évaluée à i.5oo personnes environ.

Outre les transhumances ordinaires nécessitées par leurs troupeaux, les Ouwarbé de l'Akor abandonnent tous leurs villages dans la deuxième partie de la saison sèche, de février à juin, quand les mares sont sur le point d'assécher. Ils vont alors dans le territoire de Niamina et de Sansanding, et s'échelonnent sur la rive gauche du fleuve. Ils remontent chez eux aux premières pluies de l'hivernage.

Talib Ba est chef de la province d'Akor. Son quatrième ascendant. Alfa Guidado, est considéré comme l'ancêtre du groupement. Parmi les fils d'Alfa Guidado Birahima, dit Al-Hadji à la suite de son pèlerinage à la Mecque, est l'ancêtre de Talib Ba. Cet Al-Hadji, vivait à Alasso au milieu des Guirganké. Il a eu le bon esprit d'écrire une petite relation de son pèlerinage, qu'il avait entrepris en 1794- 1795 par le Touat, le Fezzan, Siouah et le Caire, route qu'il trouva fort dure, à juste titre. Cette petite relation tient en huit feuillets de 8 x 12, d'une écriture assez grossière, et d'un style qui n'a rien d'élégant, Le petit ouvrage, dont le manuscrit m'a été prêté par Talib Ba et se trouve toujours entre ses mains, a été traduit par mes soins et a paru dans la revue du Comité d'études de l'A. O. F.

Al-Hadji a laissé la réputation d'un grand marabout et ce pèlerinage, sans doute rare à ce moment, frappa les esprits. Aussi la coutume s'est-elle introduite de donner en son honneur ce nom d'Al-Hadji aux enfants nouveau-nés. Des Peul elle a passé chez les Marka, et c'est pourquoi cette appellation de Hadji fleurit ici sans que pour cela les intéressés aient été à la Mecque. C'est un simple nom.

On a vu plus haut ^Mahmoud fils d'Al-Hadji et Ismaïla fils de Mahmoud.

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