‹ Études sur l'Islam et les tribus du Soudan (volume 2)Chapitre 35 sur 75 · IV. II · texte numérisé non relu

IV. II

Talib Ba, fils d'Ismaïla, est né vers 1870. C'est un homme intelligent, assez instruit, très ouvert et dévoué. Il manque un peu d'énergie, partant d'autorité, mais, bien soutenu, peut faire un bon chef. C'est une belle tête peul, à la grande barbiche grisonnante. Il a montré beaucoup de sagesse et de zèle dans la reconstitution des éléments peul de TAkor, dispersés, méfiants, fuyants. Il jouit d'une grande considération chez tous les Ouw^arbé, ce qui n'empêche pas plusieurs d'entre eux, attirés, dit-on, par les intrigues de Mamadou Ba, chef du Nampala, de se diriger vers cette dernière province.

Talib Ba a deux frères, sympathiques aussi : Al-Hadji, né vers 1875, fondateur et chef de Bangolo ; Abba né vers' 1877, chef de Bourdiadié. Ils relèvent tous trois, comme l'ensemble des marabouts d'Akor-Boro, du ouali d'Ouadiabé, Bokar Bouyaté Ba, qui les a attirés à sa Voie lors de son séjour dans ce village. Ce Bokar, qu'on a vu plus haut dans le Nampala, se relie au Qaderisme des Kounta.

Les principales personnalités maraboutiques de la province sont :

A Akor-Boro même : a) Alfa Ousman Dial, né vers 1872, imam du village, instruit et aimé de la population. Il dirige une petite école de 8 élèves ; b) Hamadi Ousman Dial, frère du précédent, né vers 1860, peu instruit, mais hafîdh réputé. Il est l'élève et le disciple de son père Ousman, qui est mort à Sabéré-Badi vers 1880, laissant la réputation d'un grand savant. Il se rattachait aussi par Hamadou Koro, poullo deTénenkou (Macinao aux Kounta. c) Aliou Birahima Ba, chef révoqué du village et ancien imam, qui est mort en 1916, laissant la direction de son école à son fils aîné. Propre neveu de Taïebou Sidi Ba, il avait directement reçu de lui l'ouird et les pouvoirs de moqaddem sans passer par Bokar Bouyaté ; d) Birahima Oumar Ba, né vers 1870, maître d'une école d'une dizaine d'élèves, et qui a fréquenté divers marabouts à Goumbou

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et dans le Kourmary; e) Hamadou Khalil Ba, né vers 1860, aveugle, et/) Hamadou Boukari Ba, né vers 1862, petit maître d'école sans science ni influence.

A Bangolo : a) Youssouf Yorowel Ba, né vers i85o, qui vient de mourir en 1914, disciple qadri de AliouBirahima, précité ; b) Al-Hadji Bou Bakar Ba né vers 1870, disciple par son maître Alfaka Boukari BadeNdoukala,delamême obédience.

Dyoya^ Habibou, xModi Ba, né vers 1860, imam et moqaddem qadri. Né chez les Id Eïzan, o\i son père Brahim s'était rendu pour étudier et mourut, Habibou a été élevé dans cette fraction maraboutique maure et y a acquis une science arabe de première valeur. Il fut l'élève et le disdiple qadri du cheikh Ahmed Djiddou, qu'on verra à propos des Eïzans, et en reçut les pouvoirs de moqaddem. Il est l'imam du village et son école est florissante. Elle comprend de 10 à 20 élèves suivant la saison. Il a toujours auprès de lui deux ou trois jeunes gens, qui suivent un cours de droit ou de catéchisme théologique. Il est très populaire dans l'Akor, où les Ouwarbé reconnaissent sa supériorité intellectuelle sur les autres marabouts.

A Sabéré-Mamy : à) Boukar Demba Ba, né vers i858, maraboutaillon ignorant et sans importance ; b Hamadi Daye Ba, né vers 1870, marabout de second plan qui, en novembre 191 5, informé du prochain passage de l'administrateur dans l'Akor, céda à une crise de défiance maladive et se mit à inciter les jeunes gens à la fuite, à organiser l'exode vers le sud et à provoquer l'abandon de plusieurs villages. Il fallut plusieurs jours de recherches dans la brousse et de palabres pour les ramener. Hamadi a été condamné à un an de prison et cinq ans d'interdiction de séjour.

B. — Les Oualarbé (Goumbou-Nara).

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