III. — Personnalités maures de Tichit-Kounda
Le quartier maure de Tichit-Kounda date de roccupation toucouleure. Il s'est constitué à cette époque par l'établissement de quelques marchands et aventuriers, surtout tichiti, dans la capitale des Foutanké. Le marabout en vedette de cette génération fut Mballé Makan, qui devait, sur la fin de sa vie, émigrer vers Goumbou, où il mourut.
D'autres arrivèrent après lui :
Cheikh Ould Sidi, ouali et moqaddem des Tidianïa ; il ouvrit une école, où se sont formés quelques brillants élèves, entre autres Guibrirou Séméga, assesseur au tribunal de subdivision. Il mourut à Nioro en 1897.
Un peu plus tard, Mohammedou Seydina Oumar, de la secte des Tidjanïa, qui ne fit pas école et dont le fils est Chérif Hamallah dont on parlera plus loin.
•A titre documentaire, on peut signaler le passage dans le cercle, au temps d'Al-Hadj Omar, du ouali Sidi Abdallah ould Sidi, frère de Cheikh ould Sidi, venu de Tichit. Il ne séjourna qu'un mois dans la région et se rendit à Ségou appelé par Al-Hadj Omar. Son frère Sidi Mohammed ould Ahmed, de Tichit, est l'auteur de quelques ouvrages, entre autres d'un gros manuscrit sur la mystique tidianïa dont on trouve un exemplaire à Nioro, chez Guibrirou Séméga.
Son fils, Sidi Mohammed ould Sidi Abdallah, est très instruit ; il habite Nioro, mais ne fait pas école et se livre au commerce.
Tichit-Kounda présente aujourd'hui quelques personnalités notoires. La plus remarquable était Aloïa oqld Abd Er-Rahman, né vers 1848, et qui est mort en 1916. Il appartenait à une famille qui fut autrefois captive des Maures de Tichit. Venu à Nioro à la suite des caravanes, il s'y fixa, et fit du commerce, ce qui l'enrichit rapide-
2l6 ÉTUDES SUR l'iSLAM ET LES TRIBUS DU SOUDAN
ment. A l'arrivée d'Archinard, tous les Maures de la ville s'enfuirent dans le Sahel. Aleïa fut arrêté par les spahis de la colonne, qui réussirent à mettre la main sur un certain nombre de petits groupements. Dans la réorganisation qui suivit, Archinard remarqua son intelligence et son adresse, et le mit à la tête des fuyards qui se reconstituaient peu à peu. Il a été jusqu'à sa mort un chef correct, quoique gêné par ses origines. Il a été remplacé, comme chef du quartier des Maures, par son fils Mohammed ould Aleïa, né vers 1882, qui est aussi assesseur au tribunal de subdivision. Il désire toutefois démissionner pour se consacrer plus entièrement à son commerce. Il relève du Tidianisme de Cheikh ould Sidi et de Hadj Mohammed ould Mokhtar. Les autres personnalités maures de Nioro sont : a) Hamoudou ould Mohammed ould Sidi Bouïa, mort en 191 1. C'était un commerçant en vue. Il avait marié une de ses filles avec Sidi Ahmed ould Abidin, chef des Oulad Mbarek du Kingui. Il entretenait les meilleures relations avec les Mechdouf et les Ahel Sidi Mahmoud. Il rendit ainsi de nombreux services. Après sa mort, ses fils sont répartis chez les Tinouajib-Ahl Adyé, du Sahel. Seul Bouh revient ici faire le commerce du sel et des dattes ; b) Ahmed ould Niaba, le Tichiti, né vers 1878, commerçant;
c) Ahmed ould Lahsen, le Tichiti, né vers 1876, commerçant et disciple tidiani d'Al-Hadj Mohammed Mokhtari ;
d) Al-Qadi ould Mballa, le Tichiti, né vers 1840, marabout considéré, disciple tidiani de Moulay Ahmed, le Merrakch ;
e) Hadj Balla ould Brahim, le Oualati, né vers i885, commerçant ; /*) Moussa ould Soueid, des Tekna-Aït Moussa, complètement noir comme ses concitoyens de Nioro. Né vers 1870, il est venu ici vers 1892 et se livre au commerce. C'est le notable des Tekna de Nioro.