‹ Études sur l'Islam et les tribus du Soudan (volume 2)Chapitre 59 sur 75 · III. — Peul Toronké · texte numérisé non relu

III. — Peul Toronké

Les Peul Toronké, au nombre de 325, sont les fils de ces nombreux aventuriers des diverses tribus peul du Fouta Toro, mais surtout du Toro et du Lap, qui se sont attachés à la fortune d'Al-Hadj Omar vers i85o et l'ont suivi dans le Sahel. Ils appartiennent surtout à la tribu Soh, mais il y a aussi quelques Dialoubé et Ba.

Il y a parmi eux un certain nombre de personnalités notoires : Madani Ndiaye, névers 1880 à Farabougou (Nioro), ancien chef. C'est le fils de Hamadou Mokhtar, qui fut le chef de Kaarta sous Ahmadou Chékou, et d'une femme bambara de la famille Massassi. Hamadou fut tué à la guerre, ainsi que tous les frères de Madani. Celui-ci resta chef d'une famille très diminuée. Parti jeune du pays, il vécut toujours avec les Français, notamment auprès du gouverneur Ponty , à qui, par sa connaissance de nombreuses langues, il servit d'interprète. Nommé chef des Peul Toronké le 21 octobre 1908, il ne rendit que peu de services : son activité ne put suppléer aux qualités qui lui manquaient, et notamment à l'honnèté administrative et à une

réputation sans tache. Il fut remplacé, en 19 14, par Alfa Idrissa,

Alfa Idrissa Diallo^de Gavinani, est né à Dianou, près de Dagana, vers i858. Il s'est installé àSambagoré à i'ouest de Nioro, vers 1880, puis à Gaviani en 1891. L'autorité toucouleure, puis l'autorité française l'utilisèrent comme grand cadi des Toronké. Il était un des marabouts les plus considérés du pays et exerçait les fonctions de moqaddem tidiani, par consécration du Chérif Sidi Mohammed de Nioro. Ace titre, il servait, depuis de nombreuses années, d'intermédiaire entre le commandant de cercle et les Peul Toronké, auprès de qui il jouit d'une grande influence. Il fut nommé leur chef en 1914, mais âgé, malade, il n'avait pas l'autorité nécessaire pour diriger cette population nomade, toujours errante à la suite de ses troupeaux de bœufs. Ancien cadi, c'était un homcne de droit, non un homme d'action. Très considéré, il était peu obéi. Il se fit suppléer par Ali Ba, et on finit par le lui donner comme remplaçant. Alfa Idrissa est nanti de quatre femmes peul, une de Nioro, trois de Gavinani, et de nombreux enfants

Ali Ba, du clan wadabé, était chef du village de Demba Demba, quand il fut nommé chef des Peul Toronké, en fin 191 7, après avoir servi trois ans de Khalifa à son prédécesseur. Originaire de Podor, il est venu ici au temps d'Ahmadou Chékou. Il a pris part à plusieurs expéditions contre le Kaarta et le Diafounou. Actif, intelligent, énergique, il est aimé de ses gens qu'il sait atteindre, malgré leur dispersion, et nous est tout dévoué. Il en a donné des preuves lors des recrutements et désarmement, et d'une façon constante, avec le recouvrement de l'impôt. Il est tidiani de l'obédience omarienne,

BouBakar Bamba Soh, dit Demba Daye, est né à Dodel (Podor) vers i852. Il est venu ici vers 1878, sous k commandement de Mountaqa. Établi d'abord à Sembagoré, il en émigra lors du repeuplement de ce village par les Bam-

bara. Il vintalorsà Gavinani. lia épousé plusieurs femmes peul du pays. Il a fait le pèlerinage de le Mecque de février 19 10 à septembre 191 1. Il ne paraît pas enchanté de son voyage et déclare que, s'il avait su exactement ce que c'était, il ne l'aurait pas entrepris. En PouUo avaricieux, il trouve que les gens de la Mecque sont des exploiteurs. Intelligent et actif, il paraît dévoué. Il est plus cultivateur et riche pasteur que marabout, malgré son titre d'Hadj.

Al-Hadj Hamadou Ba de Gavinani, né à Kaédi-Pavé (Fouta-Toro) vers 1848. Il a rejoint Ahmadou Chékou vers 1870, et s'est fixé dans le Sahel occidental; il est installé à Gavinani et tient une petite école coranique. 11 a fait le pèlerinage de la Mecque en 191 1, mais ne jouit pas pour cela d'une grande influence.

Page 1