I. — GENERALITES
Les Soninké, qu'on appelle aussi dans le Sahel occidental Sarakollé, à l'imitation des Ouolof, et Marka à l'imitation des Bambara,]constituent avec leurs 40.000 âmes, l'élément ethnique le plus important du cercle. Ils forment la moitié de la population du Bakhounou-Sud, soit 1.405 âmes ; la totalité du Diafounou indépendant, soit 1.436 âmes ; les 9/10 du Diafounou-canton,soit 4.3o3 âmes ; la totalité du Diangounté-SarakoUé, soit 5.936 âmes; les 8/10 du Guidioumé, soit 5.717 âmes; la totalité de Kéniarémé, soit 9.243 ; et la plus grande partie de la population des villages indépendants, soit 8.509 âmes. On en trouve encore quelques-uns dans le Kingui-Diawara, le Sangha- Khassonké et le Gomintarabougou.
Les Soninké de l'est (Guidioumé, Diafounou et Kéniarémé) sont tous les descendants des très anciens habitants du pays. Ceux de l'ouest proviennent du Koussata, région qui se trouve entre le Kaarta et le Gomitarabougou et qu'on appelle aujourd'hui le Diangounté Bambara Koussata. La principale localité était Diongoye, village aujourd'hui disparu, qui était situé entre Gantiguila et Kouloudiengué.
Il y avait à Diongoye des Bambara du Diangounté et des Soninké, ceux principalement du clan Samoura, que l'on rencontre maintenant dans le Bakhounou-Sud et le Diangounté Bambara, et du clan Diarisso, qui occupe les villages de Touna, Kamouné-Diembéré, Koungo Dumpa, Moro-Moro, un nouveau Diongoye et plusieurs villages du cercle de Nara.
La plupart de ces Soninké sont musulmans, mais le sont différemment. Les anciens habitants du pays ne sont que de tièdes disciples du Prophète. Le contact des Bambara a été fâcheux pour leur orthodoxie. Avant l'arrivée des Toucouleurs, il est avéré que ces Soninké de première couche étaient — sauf de rares familles — fétichistes. Ils se réclamaient, et au surplus se réclament toujours, de leur droit coutumier, qui se rapproche singulièrement de celui des Bambara. Parmi eux on compte aujourd'hui encore un grand nombre d'individus ne pratiquant pas la prière, ignorant tout de l'Islam , et qui doivent être classés incontestablement comme fétichistes. En revanche, les Soninké de deuxième couche, ceux qui sont arrivés ici à la suite d'Al-Hadj Omar avec les Toucouleurs et les Foulbé, sont d'une grande pureté religieuse. Très attachés à leur foi, ils font souvent appel dans le règlement de leur litige au droit islamique des auteurs. L'influence réformatrice du grand Torodo se fait toujours sentir.
Les principaux clans m.araboutiques soninké sont : Kaba, Silla, Séméga, Maguiraga, Dibassi, Boiguillé ou Forana, Kébé, Cissé Nimaga, Bayaga, Ouagé, Sissoko, Komma, Fissourou, Maréga, Touré Fassa, Sogori, Tirera, Baradyi Sibi, Diembéra, Daramé, Boumé Tambalou, Gassama, Doukouré.