‹ Études sur l'Islam et les tribus du Soudan (volume 2)Chapitre 64 sur 75 · LES KHASSONKÉ · texte numérisé non relu

LES KHASSONKÉ

Les Khassonké du Sahel sont tous concentrés dans une portion de la province de Sangha. Elle a été érigée en canton autonome sous le nom de Sangha-Khassonké. Ils sont au nombre de 3.285.

Leur Islam ne diffère en rien de celui de leurs frères de race de la région de Kayes, décrit ailleurs. C'est dire qu'il est tout à fait superficiel.

Ils ont pour chef Sokhna Amadi Diallo, chef du village de Lakamané, et considéré comme le chef du canton. Il appartient à l'une des familles notables des Khassonké de la région, les Fabaura-Biraya, et se trouve apparenté aux Dembaya du Khasso. De temps immémorial sa famille fournit le chef du Sangha. C'est le plus âgé qui porte le titre ; et c'est par application de cette coutume générale dans tout le Sahel, que Sokhna est considéré comme le chef général. Vieux et presque aveugle, il est entouré de parents besogneux et de « niamankala », mendiants qui exploitent son autorité. De plus, la libération des captifs l'a appauvri. Il n'a guère d'autorité et ne rend que peu de services. Il est toutefois dévoué, et en a donné la preuve en facilitant les recrutements et en donnant son fils.

La personnalité la plus remarquable de son entourage

est son neveu Fadaba Diallo, chef de Diassiguibougou. Actif et intelligent, il entretient de bonnes relations avec les autorités françaises. Il est jalousé par les membres de sa famille.

Le Sangha-Khassonké comprend en outre un millier de Soninké, élément plus islamisé, venu du Ouagadou voisin, et enfin des infiltrations de Bambaraet de Diawambé, dont on trouve des quartiers dans les villages khassonké.

Trois centres musulmans méritent une petite mention : Fara, Tassara et Foulanguédou où on affecte une certaine piété. Quelques personnages méritent une mention. A Foulanguédou : Yakouba Diallo, né vers 1886, élève des maîtres de Gadiaba-Kadiel, maître d'école, et tidiani omari. A Tassara, village peuplé mi-partie de Soninké venus de Bafoulabe,. mi-partie de Khassonké : Fadié Amara Fofana, né vers 1860, maître d'une école de 20 élèves. Il jouit, si l'on en croit le nombre de femmes qui lui ont été affectées, d'un prestige considérable auprès des gens du Sangha et du Kaarta.

Page 1