‹ Études sur l'Islam et les tribus du SoudanChapitre 13 sur 67 · III. — Sur la rive gourma · texte numérisé non relu

III. — Sur la rive gourma

La rive droite du Niger (gourma) est peuplée dans cette partie de son cours d'un agrégat de populations diverses : peul, songaï, bambara, habé, maures-kounta, touareg-irréganaten, et enfin, baratines, bella et rimaïbé des uns et des autres, quelquefois répandus dans des villages autonomes, et plus souvent mêlés, confondus et unis. La facilité de pénétration, due aux innombrables enchevêtrements des marigots et lacs navigables, a été certainement la cause initiale de cet agglomérat et de cette fusion de ces éléments ethniques si divers. Champ de bataille des luttes politiques et' religieuses des Qadrïa Kounta et des Tidianïa foutanké, cette région s'est partagée entre ces deux obédiences.

On y distingue un certain nombre de marabouts sans grande envergure, généralement almamy de missidi, cadis de village et maîtres d'écoles coraniques.

Les principaux sont:

A Bougouber, village pouUo, sis sur le Bara-Issa, un peu avant sa réunion à TIssa-Ber, et dont les habitants passent pour être les descendants de l'Alfa Mohammed Toulé, issu de zenaga et conseiller de l'askia Al-Hadj Mohammed, le maître d'école Samba Boubou, né vers 1868. A Salah Koïra, ou village de Salah, centre songaï, Abba Mahamman, né vers i865, disciple qadri d'Alfa Malik et des maîtres peul du Tioki et par eux des Kounta; on y trouve encore plusieurs personnalités de second ordre, toutes tidianïa, affiliées par Hamina Lafa, aujourd'hui décédé, au Tidianismed'Al-Hadj

Omar. A Ouro Saïdou, Hamadou Moddibo, disciple tidiani de son père et par lui d'Al-Hadj Omar. A Koro, toute une population qui se dit d'origine chérifîenne, et parente des Gheurfig voisins, mais complètement songaïsée depuis plusieurs générations et ne parlant plus ni l'arabe ni le tamacheq. Elle relève du Tidianisme omari par l'intermédiaire de la famille dirigeante : Ibrahima, chef du village, Al-Hassana son fils, almamy de la mosquée, Alfa Houta, maître d'école, Attiqou, son neveu et moniteur. Le personnage religieux le plus important est Alfa Houta, né vers 1860, disciple de Mohamadou Amadou de Saraféré, qui, par Houta et Mohammed Al-Ahfach, dit Al-Mellefa, se rattachait à Alhadj Omar. A Saréyamou, gros village poullo, avec un quartier songaï, de plus de 3. 000 habitants, Amadou Ismaïla, né vers i855, almamy de la mosquée, et Modi Kisso, chef du village, tous deuxJdisciplesqadrïad'Alouata, cheikh des Kounta. Souleyman Houssouna, né vers 1870, disciple de Bourahima Baba de Konari (Mopti), qui par son maître Ali Hammadou, marabout de Kaka, se rattachait au Qaderisme de Chékou Hamadou, émir des Foulbé du Macina. A Orséno, Abdoulaye Mahmadou, né vers 1840, élève des maîtres deDienné,et Wasia Issihaka,névers i855, disciple par son père des Kounta. A Kabaïka, Sidi Guibril, né vers 1880, disciple d'Alfa Nouhou, de Saraféré, et par lui du Tidianisme omari. A Menissingue-peul, Hamma Modi, né vers i885, disciple qadri de Sidi-l-Mokhtar, Kounti de Narhawa. A Haïbongo, Ahmadou Mahamman, né vers 1870, tidiani et maître d'école. Les villages, sis plus au nord, Baney, Fongo, Dongo, Koura, Arham, très vieille ville dont les habitants passent pour descendre de l'avant-dernier souverain de la dynastie des Chi, le chi Souleyman Dama (quinzième siècle), et enfin Kirchamba, relèvent de l'école de Tombouctou et généralement du Qaderisme Kounti.

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