‹ Études sur l'Islam et les tribus du SoudanChapitre 20 sur 67 · II · texte numérisé non relu

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Qo ETUDES SUR L ISLAM ET LES TRIBUS DU SOUDAN

Tel est le fonctionnement actuel de la médersa de Tombouctou. On ne peut que louer le zèle et la bonne entente des professeurs, d'origines si diverses, qui y travaillent en commun.

Elle est assurée du succès. Elle n'a rien des établissements français officiels et ne vise pas à les égaler. Elle ne se rapproche que de fort loin du système des médersa algériennes, ou même de ce splendide organisme qui est la médersa de Saint-Louis; mais, adaptée aux contingences et nécessités locales, elle atteint son but en permettant un sérieux contrôle de renseignement coranique à Tombouctou, en assurant une évolution moderne et libérale à l'enseignement supérieur et à l'ambiance de la vieille ville universitaire, et en ménageant une part a l'influence française dans la formation de ceux qui seront les plus instruits dans la nouvelle génération.

Au surplus, et subsidiairement, notre administration, et notre commerce trouvent déjà dans cette pépinière des chefs, des juges, des secrétaires de tribunaux, des interprètes arabe-songaï, et bientôt touareg, des commis et employés divers, qui^ instruits, dévoués, ouverts, ne sont pas à dédaigner dans une région où ces ressources locales font à peu près complètement défaut.

Un dernier mot s'impose, pour démontrer que l'objection la plus sérieuse qu'on fait aux médersa ne s'applique pas ici. Il est évident que c'est infuser une vigueur nouvelle à l'Islam que de multiplier ses écoles, de rénover ses méthodes, et de contribuer à la divulgation de l'arabe. Il est non moins évident qu'en pays noir où l'emprise islamique n'est qu'un mince et superficiel vernis et où, si la volonté de foi est vive, la pratique cultuelle, juridique et sociale est des plus négligées, une pareille politique est inopportune et maladroite, et va à rencontre de nos propres intérêts. Tel n'est pas le cas de Tombouctou. Cette vieille ville universitaire est, depuis des siècles, fortement

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imprégnée d'Islamisme; tout le monde, plus ou moins mêlé de sang blanc, y parle peu ou prou l'arabe ; et de plus enserrée par les Sahariens, visitée par les Africains du Nord elle subit, à leur contact, un perpétuel bain d'arabe et d'Islam. Ce n'est donc pas notre enseignement qui contribuera à renforcer leur état d'esprit, qui a atteint son maximum de foi, de science et de verdeur. Il faut s'atteler ici de toutes ses forces à une œuvre d'apprivoisement et de transformation morale, et la médersa sera un des principaux instruments de cette tâche politique.

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