II. — L'obédience tidianïa d'Al-Hadj Omar
LE FOUTANKÉ.
L'invasion des Toucouleurs, en soumettant à peu près le pays à leur suprématie politique^ allait répandre dans une certaine mesure leur ouird tidiani. Leurs partisans foulbé et surtout marka abandonnaient le O^derisme et embrassaient cette nouvelle Voie pour bien montrer qu'ils n'avaient plus rien de commun avec le passé. C'est cette révolution religieuse qui plus encore peut-être que la conquête politique et guerrière, amenait une si forte réaction poullo- Kounta. Sidi Ahmed El-Bekkaï, représentant du pontificat kounta et chef spirituel de la Voie qadrïa, liait partie avec les amirou du Macina, ses tenants spirituels, et essayait en vain de tenir tête aux Foutanké d'Al-Hadj Omar (1864) puis de son successeur Tidiani (1887) et de conserver le monopole du prosélytisme islamique et de ses bénéfices. La situation paraissait s'égaliser, quand l'arrivée des Français rendit cette lutte vaine.
Aujourd'hui les Foutanké, annihilés au point de vue politique, donc sans force pour leur propagande religieuse, réduits à la seule et insignifiante vertu de leur petit nombre ne progressent plus. Toutefois leurs conquêtes spirituelles, effectuées surtout dans l'élément marka, leur sont restées et leur réputation de fidélité islamique et de dévotion fervente est telle qu'ils ont gardé à peu près toutes leurs positions.
La province du Pondori notamment, entre Niger et Bani, dont les populations marka, par réaction contre les Foulbé du Macina avaient embrassé dès la première heure, le Tidianisme omari, bien que passée dans une certaine mesure sous la bannière d'Al-Hadj Salmoye, relève encore dans l'ensemble del'ouird des Tidianïa foutanké. Cette province.
l30 ÉTUDES SUR l'iSLAM ET LES TRIBUS DU SOUDAN
sauf les îlots bambara semi-fétichistes de Mounia, est entièrement islamisée.
La forte personnalité de la famille Diakite, de race marka, n'y a pas été étrangère.
De père en fils les chefs de cette famille sont almamy de la grande mosquée de Gomitogo. Almamy Mama Diakité, le grand-père, né vers lySo, et mort vers 1840, paraît avoir été un personnage influent, ardent agent de prosélytisme dans la région.
Son fils, Almamy Ismaïla, né vers 1825, accrut encore la réputation de la famille. Dès l'arrivée de Toucouleurs, il se rangea à leur partie, prit leur ouird, et fit preuve d'un tel dévouement pour leur cause qu'Al-Hadj Omar le nomma chef de l'importante province du Pondori, qui assurait ses communications entre la principauté de Bandiagara et le centre de l'empire à Ségou. En cette qualité, Almamy Ismaïla lutta fermement contre les Peul. Il se soumit aux Français à leur arrivée dans la région, fut maintenu dans son commandement, et y témoigna d'un loyalisme suffisant. D'ailleurs fort âgé, malade, à peu près aveugle, il passait peu à peu la main à son fils aîné Mamadou Ismaïla. Il mourait en fin 191 3. Il a été enterré à côté de son père, Almamy Mama Diakité, et les deux tombeaux sont l'objet de pèlerinages, un vendredi de chaque mois.
Mamadou Ismaïla (dit aussi Mamadou Cissé) est né vers i865. Il a succédé à son père comme chef de Pondori et moqaddem tidiani de la région. Almamy de la mosquée de Gomitogo, chef d'une école d'une vingtaine d'élèves, directeur spirituel de nombre de marabouts, il jouit d'une grande influence dans tout le pays, et son prestige s'étend non seulement sur ceux de sa race, mais sur les Boso, Malinké et Bambara, musulmans, demi-islamisés ou fétichistes. Il est en passe de devenir un ouali, et on parle déjà à mi-voix de ses pouvoirs de thaumaturge et de ses extases.
DIENNÉ, LE MACINA ET DEPENDANCES l5l
Malgré sa piété, touchant de bien près au fanatisme, c'est un chef loyaliste, dont l'administration apprécie la régularité dans le recouvrement des impôts, la discipline dans Texécution des corvées d'ordre divers^ le bon esprit dans tous les actes de sa vie publique. Il n'est d'ailleurs pas sans énergie vis-à-vis de ses propres fidèles. Ismaïla Cissé Diakité, personnage de l'ancien régime, est un homme assez bien adapté au nouvel ordre de choses et mérite notre sympathie.
C'est un lettré arabe, très suffisant pour un marka.
A citer encore à Gomitogo, tidiani omari d'une autre branche: AUahi Toumo, né vers i85o, disciple de son père Ousman Toumo, qui était un des Marka, ralliés à la cause omarienne.
Parmi les disciples des Diakité, il faut citer notamment: Ibrahima Souara, né vers 1878, maître d'école et personnage important de Gomitogo; Al-Hadi Soukoumou, 1918, et son frère Ibrahima Kampo, qui Ta remplacé. Né vers 1860, c'est aussi un maître d'école renommé ; enfin Mama Konoforo. A Soha, plusieurs membres de la famille des Soukoumou, et notamment Al-Hadi, né vers 1845, et Kaka, né vers i855, tous deux maîtres d'école. A Pana, plusieurs Daramé, dont Saïdou, né vers 1890. A Ouéraka, xMama Kontao et Kaka Tampi. A Tenda, Ka Karaméra ; A Sérim.ou, l'almamy de la mosquée, Abd-oul-Qadirou Taraoré, né vers i855, et Yakouba Tanapo, né vers 1860, maître d'école. A Kobassa, Alfa Lamin Soara, né vers i835 et qui vient de mourir. A Koïma, Alfa Moye Yassama, né vers 1848, almamy du village, maître d'école réputé.
En dehors du Pondori, les tenants du Tidianisme omari des autres provinces sont d'une envergure trop modeste pour mériter une mention spéciale.
ADienné même, ils sont peu nombreux, mais d'importance. Il convient de citer : Baba Al-Kali Toumaniou qui vient de mourir en 1915, à un âge avancé, et qui a été
l52 ÉTUDES SUR l'isLAM ET LES TRIBUS DU SOUDAN
remplacé par son fils et moniteur Mamadou, ex-élève delà médersa. Le grand-père Daouda fut un des fidèles d'Al- Hadj Omar. L'école, assez florissante, comprend en moyenne 20 élèves. Puis Baba Nientao, né vers i865, maître d'école, muezzin de la grande mosquée de Dienné, et disciple d'Aliou Diakité, aujourd'hui décédé et qui reçut Touird d'Al-Hadj Omar luivmême.
IIL — L'obédience qadrïa des kounta (i).
La personnalité qadrïa de beaucoup la plus importante de la région, Omar Sanfo, vient demouriren 1914. C'était un marabout fort instruit, très pieux et très vénéré, encore que son caractère renfermé et défiant lui fit mener une vie très isolée, il refusait même de prendre part à la prière publique, à la mosquée, et faisait ses oraisons devant sa porte. Son prestige était tel, que c'est à lui que revenait la présidence des conseils de Karamoko de la région, et l'administration française, suivant cette coutume, l'appela plusieurs fois à réunir les lettrés et à leur faire telles communications qu'il convenait : mandement du Cheikh Saad Bouh à Maal-Aïnin, annonce et commentaires de la guerre européenne, etc.
Il était né vers 1840, et après de solidesétude à Dienné, séduit par la présence du Cheikh Sidi-1-Bekkaï qui guerroyait dans le Macina contre les Toucouleurs, le rejoignit, puis le suivit à Tombouctou. Omar y acheva ses études à la zaouïa kounta, puis revint avec le Cheikh, qui lui donna l'ouird puis les pouvoirs de moqaddem. Après sa mort à Sarédina (1864), il rentra à Dienné.
Le jeune tenant des Qadrïa Kounta eut à plusieurs repri-
(i) Sui^ les Kounta cf : Étude sur r Islam et les tribus du Soudan, Tome I : les Kounta, etc., par Paul Marty, in Collection de la Revue du Monde Musulman.
DIENNÉ, LE MACINA ET DEPENDANCES l53"
ses des difficultés avec les maîtres politiques du pays: Foutanké tidianïa. Il dut s'expatrier (vers 1870) et se rapprocha de ses frères en Sidi Abd El-Qader, en allant fonder dans leMacina, près de Tenenkou, le village de Mabrouk. Ce centre qui fut pendant vingt ans un foyer très actif de propagande islamique et qadrïa, en face du prosélytisme toucouleur, fut abandonné vers 1890 et a disparu. A cette date en etiet, quand l'approche des Français annonce la ruine des Foutanké, Omar rentre à Dienné et y ouvre dans sa maison une école qui fut bientôt la plus florissante dela ville. Il y a professé, pendant plus de vingt ans, le Coran^ et les rudiments de la science classique. Il a été le guide de tous les autres professeurs. Décédé en 1914, il a été inhumé au cimetière de Dïenbou-ber.
Il a laissé de nombreux disciples de sa voie à Dienné et dans les provinces avoisinantes. On peut citer parmi les principaux: Mahaman Niafogou; Saïdou Koné Niafogou, qui vient de mourir, a été remplacé à la tête de son école par son disciple le diawando Saïdou Landouré, né vers i85o; Bakaïna Taraoré, né vers 1882, maître d'école réputé;
Alla Moye Tenentao, né vers 1875, possesseur d'une bibliothèque relativement importante, maître d'école; Mahmoudou Touré, descendant d'un nommé Amana Sérifi, venu, il y a quatre siècles environ, avec les premiers Arma marocains. C'est le chef du quartier de Sankoré, ainsi nommé en l'honneur du Sankoré de Tombouctou , et parce que ces « deux quartiers se font face ».
La famille Sanfo était originaire du Yémen; elle précisemême : du village de Kabiratou. L'ancêtre connu, Cheikh Sidi Mohammed, le Kabiriou, vint à Tombouctou, s'y maria et y mourut. Il passade son vivant pour un ouali. Son fils Diakariou hérita de son prestige et consacra la qualité maraboutique de la famille. Il mourut, en voyage, à Dyidio, sur le lac Débo. Son tombeau y est encore vénéré.
Omar Sanfo a laissé un fils, Moulay Abd Allahi SanfOj.
I 54 ÉTUDES SUR l'islam ET LES TRIBUS DU SOUDAN
né vers 187S, intelligent et instruit, qui ne jouit pas toutefois du prestige de son père, et à qui son caractère ferme et méfiant cause quelque tort. Il dirige urie école corani^que florissante. Il est assesseur au tribunal de subdivision de Dienné.
Mahamaii Niafogou semble avoir pris la succession spirituelle, laissée vacante par la mort d'Omar Sanfo. Il est en tout cas en passe de devenir le personnage qadri le plus considéré de Dienné. C'est un homme très ouvert et très sympathique, intelligent, le plus instruit de Dienné, ou en tout le plus compréhensif des Alfa delà ville.
Né vers 1878, il a fait de brillantes études d'abord auprès des maîtres locaux, tels que Almamy Sidi Taraoré, Alfa Baber et Alfa Sanfo, puis à la médersa même. Il fut peu après, et pendant quelque temps, employé comme moniteur à la médersa. Il est aujourd'hui assesseur au tribunal de cercle de Dienné.
Son école comprend une vingtaine d'élèves, et il est secondé dans ses cours par un jeune adjoint de quelque valeur : Baba Sankoma, né vers 1891.
Moulay Abd Allah, Diennenké, né vers i85o, est le chef du quartier de Kouyé-Tendémé. Ce quartier est ainsi appelé du nom d'un forgeron, dit Kouya, qui avait jadis installé son atelier sur l'emplacement actuel. xMoulay Abd Allah qui descend d'un Arabe Yéménite, Cheikh SidiMahaman, venu il y a huit générations, à Dienné, et qui est enterré àTombouctou, a reçu l'ouird qadri de son Père Amor, qui le tenait du Cheikh Bekkaï Sarir ould Mohammed Lamin, le Kounti.
Baba Ma Haïdara, né vers i855,est le chef du quartier de Damgal Soria (porte de Soria), ainsi nommé en l'honneur d'un Soria, de race bozo, qui en construisit les premières habitations, il y a un millier d'années. Il est le fils d'un Marocain, Baba le Marrakechi, venu commercer à Dienné, et qui y mourut en i855, laissant sa femme en-
DIENNÉ, LE MACINA ET DÉPENDANCES l55
ceinte. Son fils posthume reçut, suivant la coutume, le nom de son père. Baba a reçu l'ouird d'un marabout de Tombouctou, Baba Habir (igoB) qu'il a connu dans cette ville, y étant en voyage. Baba Habir était un des élèves du Cheikh Bekkaï.
Mahaman Tenenko, né vers i865, descendant d'un Aima Mahmoudou, qui appartenait à une famille de Chorfa malinké de Hambri-Habbé (Issa-Ber). Il a reçu Touird d'un marabout de Dienné, Alfa Sidi Taraoré, qui était le disciple du propre père de Mahaman, Alfa Baba Tenenko. Celui-ci comptait parmi les télamidesdu Cheikh Sidi-1-Mokhtar Sarir. Mahaman est assesseur au tribunal de subdivision de Dienné.
Hamadi Ismaïla, poullo de la tribu Bah, né vers i855. Il appartient à une famille aristocratique. Son grand-père Ousman Boubou, dit Amiri xMangal, de Senora « le grand chef » était chef de Dienné et de Diennéri au nom de l'amirou Chékou Hamadou. Hamadi se rattache par Kaniou Manta, marabout de Soha, à Cheikh Sidi-1-Bekkaï. Il est assesseur au tribunal de subdivision.
Ba Sidiki Taraoré, né vers 1845, d'origine chérifienne. Son ancêtre Abdoulaye Tararoé, était venu du Haoussa, il y a cent cinquante ans environ, pour compléter son instruction à Dienné. Il y resta et y fit souche. Ba a reçu l'ouird d'Alfa Chékou Niafogou, marabout de Dienné qui fut un télamide du Cheikh Bekkaï à Tombouctou. Il est assesseur au tribunal de subdivision. C'est un professeur de mérite.
A côté des Qadrïa de fraîche date, dus au prosélytisme du Cheikh Bekkaï, on distingue un courant du même ordre, mais remontant à une origine plus ancienne. Il se rattache au prosélytisme du Cheikh Sidi-1-Mokhtar Al-Kabir et de de ses missionnaires (fin du dix-huitième siècle).
Les représentants les plus autorisés de cette branche sont:
l56 ÉTUDES SUR l'islam ET LES TRIBUS DU SOUDAN
Diouro Cisse, poullo, né vers 1870, moqaddem de la Voie pour Dienné peul. Il se rattache à Ali benNajib, le maître du Cheikh Sidi-1-Mokhtar par Alfa Samba Abou, poullo de Dienné, et disciple d'Alfa Al-Hadi Daramé, disciple d'Alfa Abdoulaye, disciple du Cheikh Mokhtar.
Diouro ne fait pas personnellement la classe à Dienné. mais son principal disciple, Baba Aïda Cissé, assisté du moniteur, AmpouUo Sidibé, tient une école fréquentée surtout par les enfants peul de la ville, et qui comprend de trente à quarante élèves.
Il compte plusieurs disciples dont les plus remarquables sont: Gorko Mahoudo Cissé, Bakari Mborké Cissé et Mouhou Cissé, maîtres d'école à Dienné. La classe de ce dernier comprend plusieurs enfants foulbé de l'extérieur : quatre de Say, quatre du Fakola, etc.
' Un maître de Dienné, Nouhia Yahia Bokoum, né vers 1882, se rattache aussi à la propagande de Alfa Nouhou Tahirou par son père Yahia, disciple d'Alfa Samba, disciple d'Alfa Abdoulaye Cisé. Nouhou a été un des bons élèves de la médersa.
Alfa Baber Touatiy né vers 1845, originaire comme son nom l'indique d'une famille du Touat, établie depuis plusieurs générations ici et complètement diennisée. Il se rattache à Sidi-1-Mokhtar le Grand par la ligne suivante; son père Alfa Alkili Touati, Almamy Fadiga, Almamy Omar, tous deux imams de la grande mosquée de Dienné, et enfin Sidi-1-Mokhtar.
Alfa Baber, de par sa science, sa sainteté et son grand âge, est très vénéré à Dienné. C'est l'imam des vendredis et jours de fête. Il appartient à la génération qui a précédé Toccupation et se montre très ferme. Son école, qui comprend une trentaine d'élèves, est fréquentée par plusieurs tillettes.
Sofé Gomedda, marka, né vers 1860, disciple de Baba Gomedda. Sofé est l'imam de la mosquée pour les jours
ordinaires. 11 fait aussi à l'occasion, le muezzin et passe pour faire entendre une voix puissante et musicale non seulement dans tout Dienné, mais à plusieurs kilomètres k la ronde.
Le dernier groupement de Dienné et environs est formé par les diverses collectivités foulbé, qui tiennent cette affiliation des amirou du Macina, tenants, puis alliés des Kounta.
Senossa, important village de plus de i.ooo habitants, peuplé des représentants de toutes les tribus peul, sis à 5 kilomètres au nord de Dienné, fut longtemps le centre politique et religieux des Peul, en face des gens de Dienné. Chékou Hamadouy fît quelque temps ses études. Le succès même des Peul amena sa déchéance, car les Peul, installée à Dienné, négligèrent leur capitale, qui rentra dans l'orbite delà grande ville. Elle jouit encore d'une certaine réputation intellectuelle et religieuse. Hamadou Kisso, chef des Peul de Dienné et du Dienneri, y a son centre et de nombreux marabouts, tous qadrïa,y enseignent le Coran et les rudiments du droit et du catéchisme de persévérance.
Les principaux sont : Abdoul-Qadiri Ali Boukoum, disciple de son pè^^e Alkali, qui, par Gouro Amiri et Alfa Ousmana,se rattachait à Chékou Hamadou. Qadri Abdoul, lechef du village, a plusieurs talibé dont un seul, Modi Cissé, né vers 1884, mérite une mention ; Abdour-Rahman Cissé, né vers i855, disciple d'Alkali Ismaïla; Hadji Hamadou Cissé, né vers 1880, qui, par Alfa Kolado, de Saré-Malé et Alfa Ourouma, se rattache à Chékou Hamadou ; et enfin Nouhou Salata, né vers 1875, et son moniteur Samba Abdou Cissé, maître d'école, disciple d'Hamadou Saïdou, disciple d'Amédou Abdoulaye, qui étudia quelque temps à Tombouctou chez le Cheikh Bekkaï ould Mohammed Lamin.
En dehors de Sénossa, on peut trouver quelques personnalités qadrïa surtout foulbé : A Say-Bahadyi : Ahmadi, né
l58 ÉTUDES SUR l'islam ET LES TRIBUS DU SOUDAN
vers 1875; à Mamba, Al-Hadi et Ousman Cissé, nés vers 1870; à Niénou, Mami Teïa, chef et almamydu village par hérédité, disciple de Kéré Gassemba. La mosquée est pour ce village, fort mal entretenu, un beau monument de 7 mètres de côté ; à Tougué, Abdoulaye Bâ, né vers i865; à Koulensé, Mamadou Diko, moqaddem, né vers i856; Sirabougou, Modi'Gouro Dia, né vers 1876, disciple d'Ousman Dial, de Sarontona (San). Il a conservé des relations avec son maître, qui lui envoie des enfants de Sarontona; à Baramandougou, important marché à la lisière du pays bobo, Mahaman Touré, originaire de Sérimou, almamy du cru. La communauté islamique de Baramandougou est peu nombreuse et se compose surtout d'étrangers : Diennenké, Foulbé, Mossi. Un seul Bobo, ancien .tirailleur, revenu au village natal, y est musulman. Enfin, en divers villages, une foule d'autres maraboutaillons de petite envergure.