VII. — Les Mossabiat Achra (Seguenta
Comme son nom l'indique, les Mossabiat Achra sont un recueil de « dix » oraisons répétées chacune « sept » fois. C'est un ouird spécial qui aurait été révélé à Ibrahim Tamimi, marabout du bas moyen âge, par ce personnage mystique de l'Islam qu'on appelle Al-Khadir et qu'on a assimilé tantôt à Elie, tantôt à d'autres personnages bibliques. Ces oraisons, dont on trouvera les textes arabe et français en annexe, contiennent en germe tous les autres ouird et dispensent de les réciter et de s'affilier à une confrérie. En revanche, aucun ouird ne peut les suppléer.
Elles doivent se réciter en principe juste avant l'apparition du soleil et juste avant son coucher ; en réalité au Macina les intéressés les récitent le matin, après la prière de l'aurore, et le soir, entre celle de la mi-soirée et celle du crépuscule.
Cet ouird est fort peu répandu à Dia. Le représentant le plus autorisé est Kété Seguenta.
Kété Seguenta, de son nom islamique Abou Bakar, Marka de Dia, est né vers 1860. C'est le fils et l'élève d'un marabout, Mahama Seguenta, fort connu et qui a joui dans
sa vie d'une grande vénération à Dia. Le tombeau de ce Mahama est aujourd'hui à Dia l'objet d'une grande vénération.
Kété est relativement instruit, mais n'enseigne pas. Il se livre surtout à la culture de ses rizières et entre temps fait récrivain public et le copiste.
Son attitude est des plus correctes, mais son influence paraît minime.
Il a reçu l'affiliation d'un marabout, Alfa Kéo Kouenta, venu s'installer à Dia et y est décédé vers 1890. Il prétend n'avoir pas eu connaissance de l'origine de son maître, de sorte qu'on ne peut savoir par quelle voie ce curieux et fort rare ouird a pénétré au Soudan. Il n'existe pas au Sénégal, et je ne l'ai rencontré qu'un seule fois chez les Foula du Fouta Guinéen.