‹ Études sur l'Islam et les tribus du SoudanChapitre 34 sur 67 · I. — L'islamisation du Macina · texte numérisé non relu

I. — L'islamisation du Macina

Le Macina, peuplé en grande majorité par les Peul des deux tribus Dialloubé et Ndayébé et de dialecte foul-foulbé, compte aujourd'hui parmi les régions les plus islamisées du Soudan. Jusqu'au début du dix-neuvième siècle, il ne paraît avoir été que faiblement teinté d'Islam. Le pouvoir est, à ce moment, dans les mains des Dialloubé, et il me semble bien que la dynastie qui l'exerce est fétichiste. Les luttes qu'elle entretient contre ses voisins du Nord et de l'Est, les Marocains et leurs successeurs Arma de Tombouctou et de Dienné, alors qu'elle vivait en termes parfaits avec ses voisins du Sud, les Banmana de Ségou, semblent bien indiquer qu'elle jouait un rôle d'avant-garde du Soudan animiste contre les prétentions musulmanes.

Au surplus quand, en 1810, la deuxième tribu, les Ndayébé ou plutôt les Bari, comme on dit en foul-foulbé^ arrivera au pouvoir, c'est nettement une révolution islamique que le fondateur de la dynastie nouvelle, Ghékou Hamadou, entreprendra et le grand reproche qu'il adressera au Dialloubé sera leurs pratiques animistes personnelles et leurs attaches avec les fétichistes Banmana.

Page 1