III. — Groupements et personnalités maraboutiques
PEUL.
A. Macina proprement dit. — Le double village de Diafarabé-foulbé et Diafarabé-bozo constituent une grosse et importante agglomération islamique. La mosquée, surtout la mosquée pouUo, est fréquentée non seulement par les gens du village et par les Foulbé des environs, mais encore par les voyageurs qu'amènent en ce point de bifurcation les cours du Niger et du grand marigot de Diaka,
destinés à se réunir seulement 200 kilomètres plus bas. dans le grand lac Débao.
Les marabouts du village poullo sont tous qadrïa, relevant en dernière analyse, par Chékou Hamadou, de l'obédience kounta. Ce sont : Abdoul-Qader Samba Ba, né vers 1847, Ibrahima Samba, né vers 1876 ; Samba Ali Diallo, né vers 1878 ; Almamy Taraoré, né vers i858, tous maîtres d'école, et surtout Abdoulaye Bah, moqaddem du pays et maître de la plupart des autres. Né vers 1840, il reçut l'ouird d'Al-iMourdou, Poullo qui a laissé un grand souvenir de sainteté dans la région et qui est mort vers 1 885 . Celui-ci tenait ses pouvoirs de Sammodi, mort vers i885, et qui était un des disciples de Chékou Hamadou à Hamdallahi. Abdoulaye Ba, comme d'ailleurs la plupart des marabouts du Macina, est resté attaché aux vieilles traditions de l'Islam réformateur de 1840. C'est ainsi que, s'il nous a assez bien accueillis, il a fait une vive opposition à la création de la médersa de Dienné, dont il pressentait l'enseignement libéral et les conséquences modernistes- L'instruction de ces marabouts est fort limitée et ne dépasse guère les éléments du Coran. Ils ne parlent pas l'arabe littéraire. Ils possèdent un certain nombre de livres, les ouvrages classiques de l'Islam, mais ils sont tous manuscrits, et ils ne se doutent pas de la possibilité actuelle de pouvoir les trouvera bon marché dans le commerce. Ils ne les recopient plus d'ailleurs.
Dans VOtiro Ndia, l'autorité du canton appartient à Amadou Cissé, fils d'Abd Er-Rahman Cissé, qu'il assista jadis comme Khalifa, et petit-fils de Kolado Cissé, nommé le premier chef du canton par Chékou Hamadou.
Amadou Cissé, né vers 1878, est un homme intelligent, fort instruit et réservé comme le sont les Peul.
Les principaux marabouts de son canton sont : Abdoulaye Modibbo Cissé, à Niogo, moqaddem qadri, très influent dans tout le pays, conseiller islamique de la famille des.
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chefs ; Maliké Amadou Cissé, né vers 1875, et Alfa Hamma Gissé, né vers 1878, maître d'école. Le village de Ndogo est sous l'autorité de Boubou Dikko, descendant des ardo migrateurs de la première dynastie du Macina, grand seigneur et important propriétaire foncier, possédant de nombreux troupeaux ; c'est en plus un marabout considéré. La suppression de la captivité lui a fait perdre le plus grand nombre de ses captifs, et il nous le pardonne officiellement.
Dans le Dialoubé, Hambéla Diallo, chef de canton, descendant des anciens ardos du pays. Il guerroya d'abord contre les Foutanké puis, soumis par eux, marcha contre ses frères Foulbé et contre les Kounta.
Dans le canton de Karéri ou Dioura, trois centres islamiques importants sont à signaler : a) Diguioiré, dont le personnage le plus en vue paraît être l'imam AmidouGagni Diagana, né vers 1860, relativement instruit, et qui a reçu Touird qadri d'un PouUo-dangadio de Médina-Khasso : Tierno Mamoudou Dial. C'est un marabout sympathique; b) Dioura, où le marabout le plus en vue est Alfa Nouhou Cissé, maître d'une école d'une vingtaine d'élèves, personnage instruit et ouvert, très connu dans tout le Karéri, moqaddem qadri, disciple d'Alfa Hamadou Dial, de Penga (Dienné). Il y a aussi quelques marabouts à Dioura, dont l'imam de la mosquée est moqaddem qadri pour les Marka du cru, Bou Bakar Sékou Fefana; c) Ya Salam, dont les personnages en vue sont: Amadou Hamma Ciré Dial, né vers i838, petit maître d'école, chef et imam de Ya Salam, et surtout Hamma Ciré Amadou Dial, né vers 1875, élève et successeur imminent du précédent dans le commandement administratif et la direction spirituelle du groupement. Hamma Ciré a fait des études prolongées à Ya Salam, à Sokolo et à Kayes. Il a reçu l'ouird qadri de Hamma- Modibbo, Poullo de Médine, aujourd'hui chef d'une petite zaouïa à Nioro. Ce Hamma Modibbo se rattache par son père Hamadou Modibbo de Bakhounou (Goumboui à Ma-
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madou Abdoulaye Souadou, dont on verra plus loin la notice, et qui relève de l'obédience kounta.
Le Karéri,pays limitrophe du cercle de Sokolo, reçoit, pendant une grande partie de la saison sèche, la transhumance des Peul Ouwarbé du Kampala. Quelques-uns d'entre eux sont, avec le temps, restés dans cette province. Il est le pays de transaction des Foulbé du Macina aux Foulbé du Sahel, si différents les uns des autres par leurs origines, leurs traditions, leurs mœurs même, et leur langue.
Dans le Ouro Alfaha, qui s'est séparé en igoo del'Ouro Dialloubé, la famille des Ouadïa Cissé. OuadïaCissé, mort en juillet 1916, a été remplacé à la tète du pays par son cousin Hammadiam Cissé, instruit et assez ouvert. Certains Peul de ce canton ont abandonné le Qaderisme pour marcher avec les Tidianïa foutanké.
Dans les cantons de Sossobé-Togaro, Nouhoun Sow; de Selsal Bé, Oumar Taraoré; de Sogonari,Tie\o Taraoré ; de Sossobé-Ndyia, Hammodi Demba ; de Ouro Guéri, Bokari Sow; de Tioulé, Abdia Bedari, mort en 1914, remplacé par son petit-fîls Bokari Hamadou Abdia ; de Sangoulbé, Hamadou Sow, tous chefs de canton , fils des anciens chefs et appartenant aux familles où le commandement est héréditaire. Anciens guerriers marabouts, ils ont fait la guerre contre les Foutanké tidianïa. Ils font aujourd'hui le commerce des bœufs. A Sogonari, à signaler les deux karamoko : Gouro Modi Ali Songo et Brahima Oumarou Cissé.
Les Rimaïbé ont des personnalités marquantes : Sirou Taraoré, descendant des serfs captifs que la première navigation peule amena derrière l'ardo dans le Macina. Chef du canton de Ouro Ardo Togué, il a été remplacé à sa mort, par son cousin Soubéré Taraoré ; Gouro Tamoura, de la même origine, chef du canton de Komogallo ; Aourou Tamboura, de la même origine, chef du canton de Ouro
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boubou ; Sirou Baba Tamoura, de la même origine, chef du canton de Ouro Ardo Moyo. Sirou a combattu à Sandaro, aux côtés du Cheikh Bekkaï et a reçu de sa main l'ouird qadri ; Amadi Yoro Sow, chef du village d'Ouladari dans le canton de Murari. Amadi est l'adjoint du chef de ce canton.
La province de Sébéra est sous l'autorité de Hiya Hamadou Dikko, descendant de la première dynastie poullo du Macina. Il est le petit-fils de Hiya Dikko, amirou du Sébéra, qui fut battu et tué par Al-Hadj Omar.
A Kakagnan, une seule personnalité mérite une mention spéciale : Hammadi Ambarké Cissé, né vers 1845, ancien amirou du Macina, aujourd'hui maître d'école, assisté de son fils comme moniteur. Il a conservé de son ancienne splendeur les fonctions religieuses de moqaddem et, à ce titre, distribue l'ouird qadri. C'est un vieillard intelligent et sympathique. Il a quelques ouvrages arabes.
Alfa Nouhou Cissé, Poullo dial-, est né vers i855. Sa famille est originaire du Kounari ; elle fut dispersée lors des guerres entre Toucouleurs, Peul du Macina et Kounta, et dut s'expatrier. Le père de Nouhou, Alfa Niaoura, alla s'installer dans le Farimaké (Issa Ber). Nouhou, cherchant fortune, abandonna sa famille, vers 1890, et s'établit à Dioura.
Marabout instruit et respecté dans tout le canton de Karéré, et même des Bambara de Dioura, il est surtout commerçant et cultivateur.
Il a conservé des relations étroites avec un de ses frères établi à San, et fait dans cette ville des séjours prolongés.
Il a reçu l'ouird qadri, à Penga (Dienné), d'un marabout poullo, Alfa Amadou Dial, qui comptait parmi les disciples du dernier amirou du Macina.
B. Région de Mopti. — Dans le Kounari, qui relève ad-
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ministrativement du cercle de Mopti, ainsi que les cantons qui suivent : A Denga ouro, Amadou Malal Diallo, né vers 1840, et Maliki Malal Dial, né vers 1840, et Maliki Malal Dial, né vers 1845, disciple de Hammadi Seïdou Diallo, de Sokolo. Ce sont des maîtres d'école qui instruisent chacun une quinzaine d'enfants; à Fatoma, Barkinado Mamadou Cissé, né vers 1870; Boubou Bêla Cissé, né vers i855 ; Kalilou Hammadi Founé Ba, né vers i855, almamy du village^ tous maîtres d'école et disciples des marabouts peul du Tioki et de l'IssaBer. On trouve en outre, installésà Fatoma, une dizaine de commerçants maures originaires des tribus les plus diverses du Sahel (Nara, Sokolo, Néna Oualata), qui font de ce village un vrai foyer arabe et islamique ; à Kou7ia, Hamadou Sidiki Cissé, ancien cadi pouUo de la ville. Plusieurs de ses élèves suivent l'école française. A Manako, Amadou Seïdou Bari, né vers 1878 ; Amadou Abdoul Qadir, né vers 1880 ; Bokari Boubou, né vers 1888, disciples du vieil alfa Kolado, de Sérémala, aveugle et tombé dans l'enfance, né vers i83o, et qui fut un des brillants disciples des amirou du Macina ; à Mopti, Alfa AUahi Cissé, né vers 1880, originaire de Gao Amadou Abdoul Qadri Sidibé, né vers 1882 à Manako, chef de canton, issu d'une excellente famille où le commandement est tombé à plusieurs reprises, membre du tribunal de Mopti, chef intelligent et dévoué ; à Niakongo, Ali Boubou Diankoumba, né vers 1870, almamy du village; Dadi Bokari Cissé, né vers 1875. Niakongo comprend en outre une demi-douzaine de petits maîtres peul, tous qadrïa bien entendu et disciples au deuxième ou troisième degré des amirou du Macina. Ils sont en relations avec les Maures du Sahel et retirent de cette fréquentation un surcroît d'islamisation. Un certain nombre des habitants de Niakongo se sont installés dans ce village depuis 1880 et par la grâce de Tidiani, qui leur fixa d'office cet établissement ; à Paré, Kolado Ibrahima Niangadi, né vers 1872, maître de l'école la plus florissante^
et son frère Ba Aïssa, né vers 1875, almamy du village, tous deux d'origine diawando. Il y a plusieurs autres maîtres peul et Diawambé à Paré. A Sampara : Hammadou Hammadou Cissé, né vers 1845, almamy aveugle, disciple de son père, jadis marabout réputé de Kakagnan ; Baba Abdou Rahman Cissé, né vers 1840, lettré instruit et marabout influent qui fut, sous la domination foutanké, le cadi de Sampara. Il avait été l'élève même de Chékou Hamadou Cissé, qui fut le dernier des amirou peul de Hamdallahi ; à Sarémalé, Kolado Bourouma Cissé, né vers 1845, maître d'école et disciple par Aladji Alfa Cissé de Dienné, du Cheikh Bekkaï lui-même ; à Séparé, une demi-douzaine de maraboutaillons, dont les plus notables sont: i*^ Amadou Niangal Cissé, né vers 1860, dont la réputation s'étend à tout le canton et dont le père Niangal Cissé a formé de nombreux disciples; 2^NouhouMamadouBah, névers 1875, et qui compte quelques disciples, ses anciens élèves, à Senossa (Dienné) ; à Sokoura, Boulo Horé, Dyimbaïra, né vers 1860, chef du village. C'est un élève de son père Bouna Silamaka, de Sokolo, mort ici en igo8, et de son oncle Ali Silàmaka, almamy actuel du village. Il y a en outre plusieurs petits maîtres d'école peul et diawambé. A Takouti : Alfa Brahima Dial, né vers 1870, maître d'école, et Mohammadou Brahima Dial, né vers 1860, almamy du village.
Dans V Ourourhé-Doundé : à Kon\a, Yaya Samba Cissé, névers 1870, maître d'école, ancien cadi de Konza ; Brahima Yaya, chef du village, né vers i865, et Amadou Yaya, chef de canton, relevant tous d'un marabout de renom, Yaya Cissé, de Konza. Ce village est un centre d'études réputé. On y compte une dizaine de petites écoles coraniques ; à Sendégué, Abdoul-Karim Hamadou Cissé, né vers 1840, almamy ; Alfa Allahi Sankaré, almamy suppléant, et Hamadou Bagana, né vers 1878, chef du village.
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Dans le Korondougou-Konna : A Konna, Modi Allahi Dial, né vers 1845, maître d'école.
Dans le Béoulaka : A Timé, Fodié Dadoré Diagarassi, né vers 1880, almamy du village et plusieurs autres petits marabouts; à Sendégiié-Wiadobé, Modi Hamma Dikko, né vers 1845, maître d'école, et Alfa Abdoulaye Sankaré, almamy du village, dont les enfants étudient à Diou, dans le cercle de Bandiagara ; à Bokoré, Abdou Aldiouma Cissé, né vers 1870, almamy du village; à Siinina, Youssoufî Abdou Sidibé, né vers i865, almamy. Plusieurs enfants de Simina font actuellement leurs études à Dienné.
C. Issa-Ber. — Les populations de l'Issa-Ber, au nombre de 1 35.000 âmes environ, sont constituées d'éléments ethniques divers : Songaï,très peu nombreux, dont les mœurs, les traditions historiques et religieuses et la langue ne diffèrent de celles de leurs frères de la région de Tombouctou et qui sont par conséquent fermement attachés à la loi du Prophète; Soninké, moins nombreux encore et moins fortement islamisés, mais qui mettent au premier rang de leurs préoccupations leurs affaires commerciales ; Bambara, très clairsemés, et qui, par suite de leur infiltration pacifique dans un pays soumis à la domination peul, n'ont pas eu à lutter contre eux, ont entretenu avec eux d'excellentes relations et ont fini par subir leur influence -religieuse. Ils sont donc généralement islamisés à l'heure actuelle, mais leur foi est tiède et, de plus, elle s'accompagne de multiples pratiques coutumières; Peul et Riamaïbé enfin, qui forment le gros contingent et se rattachent à leurs frères du Macina.
Les Peul sont tous musulmans et généralement fervents musulmans. Les Rimaïbé qui, dans toute étude, suivent les Peul parce que, conformément à l'étymologie du mot, « ils accompagnent les gens libres » et en parlent la langue,
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sont des captifs de case, c'est-à-dire des descendants d'esclaves ne pouvant être ni vendus ni affranchis. Ils sont en général des musulmans fort tièdes, se cantonnant dans l'élève de leurs troupeaux et la culture de leurs lougans et continuant, malgré leur libération, à leur verser une redevance coutumière. Il faut remarquer que ces Rimaïbé auraient, ici comme au Fouta-Diallon et dans certaines autres sociétés noires et touareg, une tendance marquée vers une plus intense islamisation. Leurs nouvelles richesses leur font des loisirs, et, voulant s'élever socialement, ils font donc salam avec plus de régularité, observent extérieurement avec plus de soin les prescriptions du jeûne, de l'aumône, etc. Ils ont à cœur de ressembler à leurs anciens maîtres, dont la vie et les manières leur paraissent le signe de la distinction ; ils envoient leurs enfants à l'école coranique, etc.
Au-dessous des Rimaïbé, il y a encore une classe de population, d'origine très mêlée, les captifs d'hier, les serviteurs d'aujourd'hui. Ceux-là sont restés foncièrement fétichistes, encore qu'officiellement musulmans. On remarquerait peut-être aussi chez, eux, et pour les mêmes raisons, un accroissement simultané d'Islam et de liberté.
En résumé, les populations de l'Issa-Ber sont, dans leur ensemble, islamisées et on ne saisit chez elles aucun symptôme de régression religieuse.
Les Peul, les seuls dont on ait à s'occuper ici, les plus importants d'ailleurs, se partagent entre trois fractions de l'obédience qadrïa : i^ celle de Hammadou Chékou, l'amirou du Macina, qui, destructeur des mosquées là où il les trouvait trop nombreuses, prescrivait ici la construction d'un temple par village ; par Hammadou Chékou ce groupement, le plus nombreux de beaucoup, se rattache à l'obédience des Kounta, et la propagande de Sidi Mokhtar Al- Kabir ; 2*^ celle de divers membres de la famille des Ahel
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Cheikh, des Kounta, opérant pour leur compte ou au nom ■de la confrérie-tribu ; 3« celle de Alfa Samba Maliki, Poullo, marabout très influent du Tarimakéquiest mort vers i865, laissant des enfants qui ont continué sa tradition quelques années, mais ont disparu aujourd'hui. Alfa Samba était un disciple d'Abdoulaye Fodie et de Mohammed Bello, frères et tils d'Othman Dan Fodié, le grand réformateur et conquérant poullo du Sokoto. Ce marabout, sur lequel les gens n'ont d'ailleurs aucun renseignement précis, jouit d'une grande vénération dans tout le Macina et les provinces dépendantes. Kobassa est fier de montrer dans la cour de sa mosquée un arbre qu'un pieux marabout a rapporté du jardin d'Othman Dan Fodié. Depuis que les relations diplomatiques et religieuses sont rompues entre les deux empires peul du Macina et du Sokoto, cette troisième obédience tend à disparaître et à s'inféoder aux premières. On remarquera qu'Alfa Samba s'était fait confirmer, vers 1864, ces .pouvoirs de moqaddem par le Cheikh Bekkaï, de sorte <|ue l'obédience Kounta est en somme la seule dont il faille tenir compte.
Les personnalités notoires de l'Issa-Ber sont : Dans le Haoussa-Kataipal : A Kassoun, Hamadou Aladji Cissé, né vers i858, disciple de Abdour-Rahman Abdou Bakar, ancien chef du Kassoun, qui, par Ahmed Hambolla, se rattachait à Sidi-1-Mokhtar. Hamadou est l'imam du cru ; Abdou Rahman Bokoum, né vers i85o, disciple de Bokari Kebé, de Bov^ar (Nara) et par lui de Zin Al-Abidin. C'est un maître d'école réputé avec ses quinze à vingt élèves ; à Sumpi, Abdoulaye Issa, ex-cadi de Sumpi, qui prétend se rattacher à l'ouird de son père, parce qu'il a hérité de ses livres et qu'il a trouvé cet ouird — celui de Hamadou Chékou d'ailleurs — dans ses livres.
Enfin la famille des chefs du Haoussa-Katawal. Les membres les plus connus sont:
' Sidi DiOy chef de la province lors de l'occupation, qui se
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rallia dès la première heure à notre cause, et fut pour la colonne Joffre un guide précieux. Il fut assassiné en 1896 et remplacé par son cousin Idal Ousman. Idal, fils d'Ousman Diambélou Bouié, est un de ces métis de Touareg et de femme peul communs ici. Il succéda à son cousin, Sidi Dio, mais par son inertie, sa mauvaise volonté, sa fourberie, il ne tarda pas à s'attirer le mépris de ses administrés et les foudres de l'administration. Il fut révoqué en juillet 1897. Il a été remplacé par son cousin Mallan Amboukar, frère de Sidi Dio. Mallan, né vers 1860, est un rallié de la première heure. Intelligent, mais apathique, il ne montre pas une grande énergie dans l'administration de son canton.
Dans le Farimaké (le Farmara des Maures).
A Ouméi^é : Alfa Amadi Cissé, qadripar héritage comme le précédent, imam de la mosquée, né vers 1845. — A Selougourou-Diouladé : Ali Hamadou Cissé, né vers 1845, imam et maître d'école réputé. — A Tioki : Hamadou, né vers 1870, et Bokari, né vers 1875, fils d'Abdourrahman Dé, mort récemment, personnage de valeur, fils d'Ali, cadi du Farimaké. Cette famille jouit d'un certain prestige maraboutique. Bokari tient une école assezfréquentée. — A Youvarou: Aman Diam Demba et Amadou Modibbo, qui se rattachent à Alfa Hamadi, disciple missionnaire deChékou Hamadou. — La famille des Aoudi^ danslaquelle le commandement du Farimaké est héréditaire, y jouit d'un grand prestige maraboutique ; Aoudi lui-même, marabout influent, fut confirmé par Al-Hadj Omar dans ses fonctions de chef de province. Il prit une part très active aux luttes des Kounta- Peul Qadrïa contre les Tidianïa Toucouleurs, tantôt dans un camp, tantôt dans l'autre. Son fils, Modi Aoudi, né vers 1887, lui succéda vers 1870, avec l'investiture des Toucouleurs, et fut consacré par nous dans son commandement. Lui aussi a été fortement mêlé aux luttes des Foutanké et des Peul et alliés. Il assistait au siège de Hamdallahi (1864),