II. i
à la suite duquel Al-Hadj Omar trouva la mort. Contraint par Tidiani de passer le Gourma, il ne put rallier la rive gauche qu'en 1895. Il n'a pris part à aucun événement, depuis notre arrivée dans le pays. Son influence nous a été d un grand secours, lors de la création de Sumpi. Il est vrai que notre intervention lui a peu à peu rendu Tautorité que son absence forcée lui avait fait perdre.
Sa qualité de marabout respecté ne Tempèche pas de jouir d'une grande prestige militaire, et il inspirait aux Allouch maures une crainte salutaire.
A sa mort, les cantons de l'Atara et du Haoussa-Katawal ont été disjoints de son commandement et celui-ci, ramené au seul Farimaké, est passé à son fils Gouro Modi, chef intelligent, actif et dévoué.
Le canton de l'Atara est héréditairement dans la main de la famille Kolado. L'ancêtre, Sambourou Kolado, en fut nommé chef par Chékou Hamadou, vers 1820. Il se heurta par la suite à Al-Hadj Omar, qui le fit décapiter. Il fut "remplacé par son frère Bokari Sambourou, et celui-ci par son neveu Abd Er-Rahman Hamman, né vers 1845, chef sans grande énergie, inféodé aux Aoudi, du Farimaké.
Dans le Soboundou Samba. — A Niafunké, Birahima OmarYatara, né vers 1860, d'origine targui, fraction Soubbaq des Gali Moussa, fondue aujourd'hui avec les Tenguérédief. Il se rattache à l'obédience des Kounta par la voie détournée de leurs ennemis Kel Antessar. Un des disciples peul de Cheikh Sidi-1-Mokhtar, Ahmed Hambolla, déjà nommé, eut un grand succès de prédication dans la région lacustre età l'ouestdu Faguibine. Un de ses télamides, Taleb Sidi, des Glagma, fit à son tour du prosélytisme, et rallia à la bannière qadrïa de Mohammed Mouloud, marabout des Kel Antessar. C'est de l'action de ce cheikh que dérive Birahim Yatara et quelques autres marabouts locaux. Cet
DIENNÉ, LE MACINA ET DEPENDANCES IqS
indigène, imam de Niafunké, maître de l'école la plus florissante du village, relativement instruit, est un homme sympathique et ouvert. Il envoie quelques-uns de ses élèves à l'école française. — Ousman Sadié Daw, né vers 1870, disciple par Mohammed Al-Khali du cheikh Mokhtar Sarir. Il envoie la moitié des élèves de son école à l'école française. — Siddiq Abou Bakar Al-Hadji, né vers 1875, disciple de Baba Ahmed Ould Sidi-1-Bekkaï. Il a dans son école coranique un petit groupe de deux ou trois élèves, à qui il enseigne un peu de grammaire. — Sidi Moktar Cissé, né vers 1878, disciple d'Oumarou Bouïa, le marabout poullo bien connu de Saya, dans le Tioki. C'est un professeur qui envoie aussi plusieurs de ses enfants à l'école française. — Noukou Alfa Guidado, chef de canton, métis de Targui et de femme peule, chef intelligent, actif et dévoué.
Dans VArkodia. ABetou, Ousman Diamadou Koulibaii, né vers 1882, maître d'école.
Dans le Ngorkou. — A Gorkou même, Bokari Aman Sakaï , né vers 1872, maître d'école.
Le Korombana a subi l'influence d'un saint et lettré marabout. Alfa Kolado Cissé, de Korientza, né vers i83o, et qui professe encore un cours d'enseignement supérieur. La plupart des Karamoko et Almamy locaux relèvent de son enseignement et de son ouird, à savoir : à Bougourintié : HamadouModi Cissé, né vers 1872, etHamadou Abou Cissé, né vers 1846; à Diamango : Allahi Hamadou Cissé, né vers 1870, à Guidiou. Al Hadji Amadian Sidibé, né vers 1870, maître d'école, et Hamadou Abdoul Qadir Cissé, né vers 1889, imam du cru.
Dans le Dirma. — AKonk: Diamréni Hamadou Cissé, né vers 1848, maître d'école réputé, le marabout le plus en en vue du canton, imam du village. — A Modiko : Amadou Oumarou Cissé, né vers 1882, maître d'école.
Dans \q Dodjiga. — A KoronbogOj Fano Hamadou Kas-
sambara, né vers 1870, imam. — A Margou^ Oumarou Barké Cissé, qui est mort en igiS, imam, et Nouhou Al- Hadji, né vers 1875. — K Sa, Hamadou Boye Cissé, né vers 1860, et Alfa Hamadou Cissé (école de 3o enfants), tous maîtres d'école réputés et disciples du cheikh Bekkaï. — kFmv^khhdi Gueladio Ba, né vers 1870, disciple de Bokari Kébé de Bowar, déjà cité, et maître d'une école florissante de 25 élèves.
Dans le Fitouka, où Sidi-1-Bekkaï etses fils ont si longtemps opéré en personne, à Dar es-Salam : Chékou Amadou Cissé, né vers i835, fils d'Oumar Abdoulaye, ex-chbf du Fitouka, et frère de Mohammed Bello, le chef actuel. Les fonctions de chef et la qualité de marabout sont héréditaires dans cette famille. Alfa Bah Cissé, né vers i835, imam du village. A Banikan : Alfa Mamadou Ba Cissé, né vers 1875, imam, maître d'école réputé. A Dyibara, Alfa Omar Bokoum, né vers 1848, imam d'une mosquée bâtie et assez spacieuse, maître d'école. A Kayam, Hamadoun Hamadou Cissé, né vers 1870, maître de l'école la plus prestigieuse du canton (3o à 35 élèves). A Sirifilla, comme le nom l'indique, petit village de Chorfa, Alfa Oumar Taraoré, né vers i85o, imam et maître d'école. Il y a en outre dans tous les villages du Fitouka une poussière de maraboutaillons, petits maîtres d'école, sans influence et sans prestige.
Saraféré, grande et commerçante cité, renferme deux mosquées, l'une pour les Qadrïa, l'autre pour lesTidianïa, où les fidèles de chaque groupe se réunissent le vendredi, une dizaine d'écoles coraniques et près d'une centaine d'élèves. Les cheikhs les plus importants sont : Oumar Baba Touré, né vers 1872; Oumar Moulaye Yatara Taraoré, né vers 1878; Mahaman Assiourou Touré, né vers 1878, le plus important de tous, et Hamadou Zaouïakoye, d'origine kounta, comme l'indique son diamou, né vers i85o.
A Sumpi, Abdoulaye Issa Fofana, d'origine songaï, né vers i856, imam de la mosquée, maître d'école réputé et relativement instruit, jouissant d'une réelle influence sur ses contribules et l'utilisant avec un grand loyalisme. — Abdoulaye Nzama Sogoba, chef du village, d'origine bambara, né vers i85o, qui a pris une part active à la lutte contre les Foutanké, puis contre les Tenguérédief et les Kel Antessar. C'est un auxiliaire de la première heure, et la colonne Joffre n'eut qu'à se louer de ses services.
Il convient de faire mention ici de quelques personnalités d'origine targui, naturalisées peul et songaï, et fortement islamisées.
La plus importante est Mamadou ould Modibbo ould Ousman Kourfé, né vers 1864. Ses ancêtres appartenaient à la fraction Kel Guenéfé, de Mamoun, apparentée aux Oullimiden. Ousman Kourfé, marabout qui a laissé un grand renom, était le chapelain d'Ali Aoudi, le chef du Farimaké, et résidait à ses côtés à Katié. Les luttes pouUokounta et toucouleurs dissocièrent ces relations. Ousman se retirait à Sumpi avec sa famille et y ouvrait une école. Il y mourut deux ans après (1886). Modibbo lui succéda et mourut peu après. Mamadou est aujourd'hui le représentant le plus éminent de la famille. Il a prit part avec les gens de Sumpi et de leur côté, quoique targui, à toutes les guerres antérieures à notre occupation. Maître d'école réputé, jadis traducteuret écrivain d'arabe au poste de Sumpi, c'est un esprit ouvert et intelligent, un homme instruit et sympathique. Il s'appliqua résolument à l'étude du français dès les premiers jours de notre occupation, et ce soin, joint aux s} mpathies qu'il affichait à notre égard, lui valurent plus d'une fois le quolibet de « Nazaréen ». Par son père et son grand-père, Mamadou se rattache au cheikh Bekkaï lui-même.
II faut enfin citer quelques rares personnalités affiliées
igS ÉTUDES SUR l'islam et les tribus du SOUDAN
au Tidianisme voisin des Foutanké de Bandiagaraet relevant de la propagande du fama Tidiani et de ses missionnaires. A Arkodia, Amadou Sanoussi Bah, né vers 1872, petit maître d'école sans influence. — A Ngorkoii, Hamadou Al-Kali, né vers 1870, dont le père Al-Kali Monson, d'origine bambara, était le cadi et le chef du village, sous la domination toucouleure. Al-Kali a commandé aussi Saraféré. Excellent chef, il s'occupait surtout de cultures et de commerce. Son fils Hamadou, assez bon lettré, vit en vagabond et se distingue par l'exubérance de ses propos. Plusieurs fois réprimandé par l'Administrateur du cercle, il finit par être l'objet d'une peine disciplinaire, le 9 avril 1909, pour excitation de la population à la désobéissance. Il semble qu'Hamadou Al-Kali soit porté vers le mysticisme et vers une exaltation quelque peu déraisonnable. — A Korient^a, gros bourg sur le lac du même nom, marché important, oii se donnent rendez-vous nomades du Nord et sédentaires du Sud, et où brocantent les dioulas debout le Soudan et même de la Gold Coast, de Sierra Leone et de Gambie : Youssoufou Hamoudou, d'origine diawandou, né vers 1875, disciple de Modi Mamadou Alimou, l'un des missionnaires toucouleurs d'Al-Hadj Omar. Youssoufou a fait le pèlerinage de la Mecque en 191 1. Il partit sur Coomasie avec un troupeau de bœufs, vint de là en chemin de fer à la Côte, s'embarqua à la capitale de la Gold Coast et, longeant la Côte par Sierra Leone et Conakry, arriva à Saint- Louis. De là par Gran Canaria, Barcelone, Marseille, Alexandrie, le Caire et Suez, il atteignit Djedda. Il revint par terre de Médine à Jérusalem et Haïfa, d'où le bateau le ramena à Port Saïd, Marseille, Bordeaux, les Canaries, Dakar et Sekondi. Il rentra à Korientza avec une cargaison de marchandises, achetées avec le reste de sa bourse. Son voyage avait duré un an et coûté 2.000 francs.
Aux lieux saints, il fit une visite à Alfa Hachmi, le dernier des Toucouleurs dissidents. Il vit que, petit maître
d'école, petit commerçant, Alfa Hachmi ne jouit d'aucune considération.
Venu de la Mecque avec les pèlerins de Gold Coast, Youssoufou utilisa les bons offices de leur motawwaf habituel, un Indien du nom de Abd Al-Ouahid Sendi, qui, pour vingt francs par tête, les guida dans les rues de la Mecque, comme dans les pratiques assez compliquées du pèlerinage.
A Dioukaïna^ Mamadou Bokar Cissé, maître d'école, né vers 1882. — A Mankara, Boye Samba Cissé, né vers i855. — A Saraféré, Alfa Nouhou Cissé, né vers 1860, imam, le marabout le plus en vue des tidianïa de la ville. ADar es-Salam, Mamadou Abdul Cissé, né vers 1860, tous maîtres d'école. Dans le Dongo enfin, Hamadou Al-Hadji Sankaré, poullo originaire du Guimbala, né vers i855, appartenant à une famille maraboutique très influente. Son père fut un des chapelains préférés du fama Tidiani de Bandiagara. Hamadou vécut à la cour de ce souverain, et fut employé dans son administration comme percepteur d'impôt. Nous en avons fait le chef du Dongo. C'est un homme sympathique et qui s'acquitte bien de ses fonctions.
D. Cercle de Bandiagara. — On verra plus loin la physionomie générale islamique du cercle de Bandiagara. C'est, en effet, l'élément foutanké tidiani qui, quoique de beaucoup le moins nombreux, y constitue le véritable levain d'Islam.
Les Peul, qui constituent la masse de la population islamisée (80.000 environ sur 100.000) , sont tous Qadrïa, et relèvent, comme ailleurs, de l'obédience de Chékou Hamadou, leur amirou national. Ils se répartissent en 48.590 dans la subdivision de Bandiagara (Bandiagara ou Sofara) et Si.ooo dans la subdivision de Douentza. Il n'y en a pas dans la subdivision de Sanga, uniquement habé et fétichiste.
Les personnalités les plus notoires sont :
Dans la subdivision de Bandiagara : A Wandiouma (canton de Tibiri), Hamadou Hamma Diakaité, né vers 1845, maître d'école;
A Diamy Sidiki Almamy, né vers i85o, maître d'une école de 20 à 25 élèves ;
A Sokourâ, Kéfin, vieux marabout de soixante-dix ans, qui a étudié dans le cercle voisin de San, et qui a une école florissante de 3o élèves.
Dans le canton de Wakambre : A Doubel, Hamadou Hamadou, néversi865, et Hamadou Sankaré, né vers 1880, et à Mankanou, Hamadou Haman Gissé, né vers i85o, et Yobi Sahkaré, chef du village et petit maître d'école ;
A Pigna, Alfa Moussa Degoga, né vers 1845, imam de la mosquée locale. Il possède, avec ses 35 à 40 élèves, l'école la plus florissante du village. Il relève des maîtres de Dienné. Al-Hadji Tembe, né vers i85o, il a été jadis à la Mecque, et il est maître d'une école de 18 à 20 élèves;
A Wori, Zakaria Kenaté, né vers 1880, et Yakouba Kenoté, né vers 1882 ;
A Massakana^Mâhdi Konoté Al-Hadji, d'origine malinké, qui est la personnalité la plus en vue du village par suite de son pèlerinage à la Mecque en 1908. 11 est l'almamy local.
La région de Sofara est en grande partie qadrïa, avec Nouhou Diallo, né vers i85o à AUahi Hamadou; Mama Komato, né vers 1860 à Baratou ; Karamoko Kamina, né vers 1880, et Mama Samba, né vers i85o, à Koningho. Sa Adrama, né vers 1860 à Madiouma ; Mamadou Bari,né vers 1860 à Poromané ; et enfin, à Sofara même, Khalilou Sofara, né vers 1870, almamy de la mosquée qadrïa et chef du village ; Ali Amadou Diallo, qui passe pour le marabout le plus instruit du canton de Fakala ; Ali Alfa Bah, maître d'école intermittent, qui voyage beaucoup en saison d'hivernage.
DIENNE, LE MACINA ET DEPENDANCES 20 ï"
Dans la subdivision de Douent^a: A Douentza même, Diadie Ousman Koïta, né vers 1862 et PatéTahirou Cissé. né vers i85o, tous deux maîtres d'école importants ;
A Halembougou^ Maliki Abdoullahi Bore, né vers iSôo. maître d'école.
A Doi, Ai-Hassan Mahmadou Saw, né vers i852, maître d'école ;
A Sirifilla, Nouhou Oukassat Taraoré, né vers 1880,, maître d'école ;
A Ngomna, Ahmadoun Hamadou Cissé, né vers 1896 et Ousman Brahima Cissé, né vers 1872, tous maîtres d'école importants :
A S ainanguiraye : Ouma.rou Abdou Cissé, né vers 1870. ' Ces marabouts relèvent, dans la région de Douentza, d'un cheikh notoire, Abdoulaye Mam, aujourd'hui décédé, et dans la région de Sirifilla, de Ouakassatou Taraoré, qui a laissé une certaine réputation de vertu et de science. Tous deux étaient des disciples des missionnaires des cheiks foulbé.