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IV. -r- Les personnalités foutanké et leurs talibé

Les fils des conquérants toucouleurs forment ici un des trois groupements foutanké du Soudan et sont naturellement tidianïa. Ils habitent en dehors du Macina proprement dit, et sont cantonnés soit sur le bord même du fleuve, et spécialement dans le Kounari (Mopti), soit à l'est, dans les provinces qui entourent Bandiagara, et surtout dans cette ancienne capitale foutanké.

Ilssonten trèspetit nombre aujourd'hui : i .200 personnes dans le cercle de Mopti et i.3oo à i.5oo dans le cercle de Bandiagara, soit un total qui n'atteint pas 3. 000 personnes. A ce nombre, il faut ajouter 2.000 Diawambé environ.

C'est naturellement dans le cercle de Bandiagara et spécialement dans la ville même, qu'on retrouve les principales personnalités foutanké. Elles constituent un petit noyau tidiani dont la ferveur est très grande et qui, comme toujours, se maintient très fermé, chapelle intransigeante au milieu de la masse musulmane qui est poulie et qadrïa, et se chiffre par 60.000 âmes environ. Ces Toucouleurs tidianïa relèvent tous de l'ouird d'Ahma dou Chékou ou d'Aguibou, tous deux fils d'Al-Hadj Omar.

Legrandconquéranttoucouleurn'avaitconféré,àsamort, les pouvoirs de pontife du Tidianisme qu'à ses deux (ils précités : Ahmadou Chékou pour le Soudan, Aguibou pour le Dinguiraye. C'est donc d'Ahmadou que dérivent toutes les affiliations de 1864 à iSgS. A cette date, et quand Aguibou vient prendre le commandement duMacina, c'est lui qui est considéré comme le pontife du Tidianisme, mais il n'en prend le titre qu'en 1898, à la mort de son frère. Son fils, Alfa Maki Tal, a hérité de ses pouvoirs spirituels en 1908, et les a exercés jusqu'en igiS. Depuis cette date, c'est auprès de ses frères et particulièrement de Tidiani, que les Tidinïa de la boucle viennent chercher leur ouird et leurs directives.

Dans la région de Ségou, Mountaga, fils d'Ahmadou Chékou, est resté le pontife du Tidianisme omari, et dans celle de Nioro, c'est Mourtada Tal, fils d'Al-Hadj Omar, qui occupe cette dignité.

Le cercle de Bandiagara qui, sur 260.000 habitants, comprend environ 100.000 musulmans, a encore un troisième élément islamisé : les xMalinké, au nombre d'une quinzaine de mille, surtout qadrïa, mais dont quelques-uns tidiania, relevant plutôt d'obédiences locales que du Tidianisme omari.

A signaler enfin quelques centaines de Songaï et de Foulankriabé.

La plus grande partie de la population du cercle est Habé (iSo.ooo âmes). Elle est fortement attachée à son fétichisme traditionnel, relativement bien organisé dans ses rites, dans son culte et dans sa hiérarchie. C'est pour quoi elle effectue à l'Islam une résistance des plus efficaces. On ne constate pas encore en pays habé des symptômes de conversion volontaire parmi les autochtones.

Outre les Habé, qui sont répartis sur toute la surface du cercle dans les trois subdivisions de Bandiagara, Douentza et Sanga, il y a encore à signaler un élément nettement fétichiste et qui se laisse difficilement entamer par l'Islam : les Samoro, au nombre de 16.000 environ, cantonnés uniquement dans la subdivision de Bandiagara.

Le prosélytisme des Foutanké tidianïa ou des Peul qadrïa est peu sensible. Jadis il s'exerçait méthodiquement et par la violence, sous la direction des marabouts conseillers islamiques des amirou du Macina ou des fama de Bandiagara. Au lendemain de la conquête française, les quelques villages Habayou Samoro, qui avaient dû céder à la contrainte, ont rejeté toute croyance et tout rite islamique et sont revenus d'un jet à leur religion traditionnelle. A peine peut-on relever dans les cantons habé de Pignari, d'Endé etde Seno-Bankas, quelques vestiges plus enracinés d'Islam, et qui, à ce titre, ont subsisté.

Aujourd'hui ce prosélytisme s'exercerait plus pacifiquement. On a pu relever à plusieurs reprises dans le cercle voisin de Ouahigouya des tentatives de Foutanké de Bandiagara, suivies d'essais du même genre de dioula peul ou bobo, pour créer des écoles coraniques et y attirer les enfants fétichistes. Ces initiateurs ont été assez facilement dissuadés de leurs projets.

Le cercle de Bandiagara, au recensement de igiS^ comprenail i5o écoles coraniques et i. 000 élèves environ.

Ce total se décompose en une cinquantaine d'écoles et 55o élèves pour la subdivision de Bandiagara ; 65 écoles et

325 élèves pour la subdivision de Douentza ; 35 écoles et 220 élèves pour la subdivision de Sofara.

Ces généralités exposées, il convient de passer en revue les personnalités actuelles du groupement foutanké et d'envisager.

a) La famille d'Al-Hadj Omar;

b) Les personnalités du cercle de Bandiagara ;

c) Les personnalités du cercle de Mopti.

On connaît la mort d'Al-Hadj Omar. Fuyant Hamdallahi vers le pays Habé, d'où il attendait des secours, il fut serré de si près qu'arrivé à Déguimbéré, il se cacha dans une excavation, sous un rocher. Les poursuivants l'y enfermèrent, disent les uns. D'autres racontent au contraire que son fils Hadi mit le feu à un baril de poudre et que tout le monde sauta. Les deux versions sont peut-être vraies à la fois.

Quoi qu'il en soit, son neveu et successeur dans le Macina, Tidiani, fit murer la grotte, qui devint ainsi son tombeau. Avec Al-Hadj Omar périrent de cette façon ses fils Makki, Mahi et Hadi, son oncle Mamadou Mostafa, ses suivants Mamadou Moussa, Saïdou Serkou et Poullo Diéri, ainsi que trois sofa et deux femmes. Plus tard, on prit un peu de terre de ce tombeau pour la transporter au tombeau commun des Tal, à Bandiagara, comme on le verra plus loin.

Le tombeau d'Al-Hadj Omar est l'objet d'une certaine vénération dans la région. De plus, quelques Toucouleurs et Foula du Fouta-Diallon viennent quelquefois y prier. Jadis, quand on prenait la route de terre pour le pèlerinage de la Mecque, les tidianïa foutanké passaient toujours par Bandiagara pour faire visite au tombeau d'Al-Hadj Omar.

A Al-Hadj Omar succéda son neveu Tidiani, suivant le schéma généalogique ci-joint où les numéros représentent

DIENNÉ, LE MACINA ET DEPENDANCES 2o3

l'ordre de succession de l'empire foutanké du Macina et dépendances (Bandiagara).

Saïdou Tal.

Ahmadou. j. Al-Hadj Omar,

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