V. — Les personnalités malinké
Les Malinké, en quantité insignifiante à Dienné et dans le Macina proprement dit, se trouvent au nombre de 5.000 environ dans le cercle de Mopti. Alors que dans
leur pays d'origine ils sont généralement d'une foi assez tiède, ils se font remarquer ici par leur ferveur. Parmi les groupements ethniques du cercle, c'est dans celui-ci qu'on trouve sinon tous les marabouts en vedette, du moins le plus de personnalités islamiques notoires. C'est lui qui, quoi que moins important que l'élément pouUo ou dimadio, possède le plus grand nombre d'écoles coraniques.
Aussi est-ce sous sa rubrique que seront donnés les renseignements généraux concernante cercle de Mopti.
Le cercle de Mopti comprend une population totale -de 40.000 habitants entièrement islamisée.
Sur ce nombre, 12.000 Peul, 5. 000 Malinké,- i.5oo Foutanké, 1.000 Somono, soit la moitié, sont fortement islamisés.
Les autres, 12.000 Rimaïbé, 2.5oo Bambara, 2.000 Diawambé, 2.000 Bozo, i.ooo Diallonké, i .000 Habé, sont à peine teintés d'Islam.
Les écoles coraniques étaient, au recensement de 191 3, au nombre de i3i et comprenaient 525 élèves.
Trois écoles supérieures sont seules à signaler: celles d'Alfa Oumarou Daw et d'Amadou Konaké à Mopti, celle d'Amadou Mangal, poullo, à Manako. Ces deux personnalités sont les seules dont le prestige dépasse les limites de leur village.
Au point de vue de l'affiliation religieuse, les marabouts malinké se sont partagés, en parties à peu près égales, entre les deux ouird rivaux : tidianïa-omarïa des Foutanké, dont Tidiani, le fama des Bandiagara, fut le grand dispensateur ; et qadrïa-mokhtarïa des Peuls dont les amirou du Macina, et surtout Chékou Hamadou, furent les champions.
Parmi les marabouts notoires, d'origine malinké, il faut citer :
A Mopti .-Amadou Brahima Konaké, né vers 1878, imam
de la mosquée de Mopti, cadi et président du Tribunal de Subdivision. Il a une toute petite instruction juridique et sait fort peu d'arabe ; mais c'est un homme très ouvert, très intelligent, sympathique et dont la sagesse et l'intégrité sont reconnues de tous.
Son père Brahima Bokari, né vers i835, était le cadi du régime foutanké, et fut maintenu dans ces fonctions par les Français. Il est mort récemment, vers 1914, laissant la charge à son fils précité. Il s'est acquitté de cette magistrature de plus de vingt ans avec beaucoup de zèle, de dévouement et de compétence. Il a laissé la réputation d'un savant. Son père Bokari Konaké avait déjà été cadi sous la domination peul.
Amam Banian Touré, né vers iSSy, métis de Songaï et de Malinké, et se disant lui-même citadin diennenké. Il est chef du village de Mopti et assesseur au tribunal de cercle. C'est un bon chef, actif et intelligent.
A Karbaï : village malinké, Sidiki Mama Songué, né vers i85o, et Amadou, Bou Bakari Taraoré, né vers i855, maître d'école.
A Dyibitaka : ^\2in\oudiO\x Bokari Taraoré, né vers i85o, maître, avec ses 26 élèves, de l'école la plus florissante du village. Après lui, avec i5 élèves, Oumarou Mama Taraoré, né vers 1840.
A Kouna : Mamadou Alkali Kampo, disciple, ainsi que les autres maraboutaillons de Kouna, d'un cheikh de valeur, aujourd'hui décédé : Alfa Amadou Fofana. Mamadou a été le cadi des xMalinké du village sous la domination foutanké.
A Néma .-plusieurs petits maîtres d'école, dont le plus important est Mama Songué, né vers 1878.
A Sou/ouroullahi : Nouhou Almamy Sigé Fefana, disciple d'Alfa Daw de Mopti, né vers 1875, almamy du village.
A Konna : Mama Moktar Kampo, né vers 1878, et plusieurs autres de même origine sans importance.
A Kotaka^ village surtout malinké, mais comprenant aussi un quartier bozo, ou tout le monde subit les directives de Alimamou Kaboro Kébé, dit AUahi Kébé, né vers 1875, almamy du village, professeur relativement instruit.
A Sensé : Seïdou Taraoré, né vers 1870, almamy, du village ; Ali Temou, et d'autres petits maîtres sans importance.
A Bogo : Almamy Amadou Dakaoré, né vers 1840, almamy du village, et Nouhou BrahimaTémou, né vers 1880, chef de Bogo.
A Diambakouroii : village malinké, plusieurs petits marabouts, dont le principal est Samba Amadou Témou, né vers 1875.
A Singo : village malinké, une demi-douzaine de petits maîtres d'école, dont le plus important paraît être Alfa Bokari Kampo, né vers 1880.