CHAPITRE IV L'ISLAM RELIGIEUX
Dans ce mémoire, consacré à l'Islam de la région du Macina et de ses dépendances géographiques, c'est-à-dire à l'Islam peul, il a été nécessaire de commencer par exposer tout au long la situation de Dienné et de Dia, encore que la première de ces cités, conglomérat pouUo-marka-songaï, ait une physionomie bien particulière et que la seconde soit surtout marka. C'est qu'en effet il est impossible d'étudier la situation islamique de cette région, sans connaître d'abord ces deux villes qui ont été les centres d'un actif rayonnement religieux et sont depuis dix siècles les capitales du Macina. Au surplus, si la direction spirituelle de ces deux foyers n'appartient pas aux Peul, ceux-ci constituent néanmoins le noyau le plus important de ces agglomérations cosmopolites et y comptent, comme on l'a vu, des personnages de valeur.
Ces considérations exposées, il faut reconnaître que l'étude des institutions religieuses, juridiques et sociales des peuples songaï et marka serait déplacée ici ; en ce qui concerne Dienné, sentinelle avancée de Tombouctou vers le Sud, et sa fille ou sa sœur par le sang, la langue, les coutumes, l'histoire et la civilisation, cette étude est tout à fait à sa place dans le mémoire qui traite des institutions
DIENNÉ, LE MACINÂ ET DEPENDANCES 225
songaï. En ce qui concerne Dia, foyer marka, cette étude sera comprise dans le mémoire qui traitera de l'expansion de l'islam marka. Il ne sera donc question dans ce chapitre et dans le suivant que des instructions islamiques et islamico-coutumières peul. Chemin faisant toutefois, on n'oubliera pas que notre champ d'études est un territoire déterminé, et qu'il y faut comprendre, comme on l'a fait plus haut pour Dienné et Dia, certaines particularités de la topographie religieuse qui ne relèvent pas toujours toutes de l'Islam peul.