MOYEN PRATIQUE ASSURÉ DE LA COMBATTRE ET D'EN PRÉVENIR LE RETOUR
Par M. L. PASTEUR,
MEMBRE DE L'INSTITUT IMPÉRIAL HE FRANCE ET DE LA SOCIÉTÉ ROYALE DE LONDRES.
DEUX BEAUX VOLUMES GRAND IN-8, AVEC FIGURES DANS LE TEXTE ET 37 PLANCHES; 187O. — 20 FRANCS.
Cet Ouvrage se trouve chez tous les principaux libraires de France et de l'Étranger.
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Pour les Départements et V Algérie 20 n
Pour les pays qui l'ont partie de l'Union générale des postes, à l'exception des États-Unis de l'Amérique du Nord, c'est-à-dire pour {'Europe, l'Egypte, le Maroc, la Russie d'Asie, la Turquie
d 'Asie 21 »
Pour les Etats-Unis de l'Amérique du Nord 22, 5o
Pour le Brésil, la Californie, la Chine, la Cochinchine , le Japon
( affranchissement jusqu'au port d'arrivée) 25 »
Pour l'Amérique du Centre, le Chili, le Pérou (affranchissement
jusqu'au port d'arrivée ) 26 , 5o
Extrait des COMPTES RENDUS DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES
(séance du 11 avril 1870).
M. Dumas, en présentant à l'Académie les Éludes sur la maladie des Vers à soie de M. Pasteur, s'est exprimé ainsi :
Cet Ouvrage se compose de deux volumes. Le premier contient l'exposé des recherches propres à l'auteur sur les maladies des vers à soie, et les
conclusions qu'il en tire; le second est consacré aux Documents et aux Pièces justificatives.
Des Planches en couleur, nombreuses, d'une belle exécution, reproduisent avec fidélité les divers aspects du ver à soie sain aux âges caractéristiques de son existence, et ceux du ver à soie malade. L'état des tissus du ver sain ou malade, et leur apparence sous le microscope, ainsi que les signes microscopiques caractéristiques des maladies régnantes ont fourni à l'auteur le sujet d'un certain nombre de figures qui ornent son Ouvrage.
Un rapide historique fait connaître la nature et la marche des maladies principales dont le ver à soie a été atteint, soit en France, soit dans les autres pays. M. Pasteur en distingue trois principales : la muscardine, la pébrine et \aflachcrie.
La muscardine produite par le Bntrytis Bassiana, qui semé sur le ver à soie envahit peu a peu tous ses tissus et le tue, a été peu à peu surmontée par l'emploi des lavages au sulfate de cuivre, appliqués aux magnaneries et à leur outillage. On peut la considérer comme ramenée aujourd'hui à un état purement accidentel, et sans portée industrielle.
Il n'en est pas de même de la pébrine, qui depuis vingt ans ravage les magnaneries de l'Europe et même de l'Orient. M. Pasteur démontre que cette désastreuse épidémie doit être attribuée à l'envahissement du ver à soie par les corpuscules.
Les corpuscules peuvent se montrer dans le ver à soie à toutes les époques, depuis la graine jusqu'au papillon. Leur nombre s'accroît cependant à mesure que la vie de l'insecte se prolonge, et il arrive à son maximum dans le papilion, lorsque l'animal n'a pas été victime de leur présence avant d'avoir atteint le dernier terme de son existence. Les corpuscules se rencontrent dans tous les tissus, dans tous les liquides, dans la matière même de la soie, et dans les déjections du ver. Ils se reproduisent et se multiplient au moyen de germes qui s'en séparent.
Les corpuscules qui se rencontrent en quantités innombrables dans la poussière des magnaneries, ceux qui existent dans les cocons, les papillons, les chrysalides, à la surface des œufs, dans les débris de vers ou leurs déjections, desséchos et conservés d'une année à l'autre, sont heureusement incapables d'engendrer la maladie. Ils sont privés de vie et n'ont pas la faculté de se reproduire. Il n'en est pas de même des corpuscules ou de leurs germes existant dans les œufs. Ceux-ci sont vivants comme les œufs et, après avoir traversé l'hiver à l'état latent, se développent avec eux, se multiplient dans les vers en éducation et en altèrent plus ou moins les conditions d'existence.
La maladie des corpuscules se transmet par l'hérédité, par l'inoculation et par les aliments.
M. Pasteur démontre par des expériences décisives et par une pratique étendue que, pour se mettre à l'abri de la maladie des corpuscules, il faut préparer une graine qui en soit exempte, ce dont on est toujours certain quand elle provient de papillons qui n'en contiennent pas. Il prouve, en outre, que la maladie des corpuscules a toujours existé et qu'elle se manifeste partout. Si l'on exagère la production des graines, sans surveillance, on multiplie les vers corpusculeux à tel point, que toute éducation en devient impossible.
Cependant, tout n'est pas perdu, car si l'on isole les vers pendant toute leur existence, la graine la plus malade fournira toujours quelques individus sains, capables de servir de point de départ à la régénération d'une race exempte de corpuscules. Ces circonstances expliquent comment tout pays producteur de graines peut commencer par fournir d'excellents produits et finir par des désastres, et surtout comment on ne peut compter pour l'alimentation
permanente dos contrée? seiicicoJes sur aucun pays producteur de graines, puisque les demandes qu'il cherche à satisfaire sont pour iui une cause certaine d'avilissement de la qualité. M. Pasteur étudie ensuite la Jlaclwrie, qui a pour cause l'apparition et le développement d'un ferment en chapelets de grains. Il constate que cette maladie peut se présenter sous forme héréditaire, qu'elle se transmet par l'inoculation et par les aliments. Il en voit l'origine en certaines fermentations de la feuille de mûrier qui, se manifestant dans l'estomac des vers, produisent la flacherie provoquée ou accidentelle. Une graine saine garantit toujours contre la maladie des corpuscules et même contre la flacherie héréditaire. Mais pour se mettre à l'abri de la flacherie accidentelle, il faut rendre les éducations précoces, préférer la feuille des mûriers non taillés, éviter l'emploi de feuilles de mûrier fermentées ou mouillées, modérer les repas, et donner aux vers un espace et une aération suffisants, surtout vers la fin de l'éducation, où les ravages de la flacherie sont plus à redouter. Il faut enfin des magnaneries bien tenues, car le ferment de la flacherie résiste pendant plusieurs années.
Pour reconnaître si les vers sont corpusculeux, l'emploi du microscope est indispensable; pour savoir s'ils sont atteints de flacherie, il suffit de jeter un coup d'oeil sur les tables. On ne doit donc être jamais trompé sous ce dernier rapport, s'il s'agit de faire grainer. Toute éducation envahie par la flacherie peut être condamnée au simple aspect par le magnanier.
M. Pasteur prouve, par de nombreux exemples, que le procédé de sélection qu'il conseille et qui consiste à isoler les couples et à ne considérer comme bonnes que les graines provenant de parents reconnus sains, a fourni en moyenne environ f\o kilogrammes de cocons par once de i5 grammes et même, dans certaines éducations bien conduites, jusqu'à 64 kilogrammes par once de 25 grammes....
Sans doute, pour mener à bien une éducation de vers à soie, il faut encore des soins, de l'intelligence, de la prévoyance, une pratique exercée. M. Pasteur n'a pas cherché et n'a pas trouvé une recette qui dispense de toutes ces conditions. Il n'a pas appris non plus à faire des cocons beaux et abondants avec une graine infectée, mais il a appris à faire partout, et à coup sûr, une bonne graine et à la reproduire à volonté exempte de toute maladie héréditaire. Que les éducateurs suivent ses préceptes, et non-seule nient ils verront reparaître Vancienne prospérité de leur industrie, mais encore, on a lieu de le penser, elle prendra un essort inconnu des anciens sériciculteurs.
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