SANS PERDRE SA FACULTÉ DE REPRODUCTION
Dans les paragraphes qui précèdent, nous avons eu des exemples d'ensemencements spontanés de levures alcooliques. Je vais montrer que cette petite plante cellulaire peut, en effet, exister à l'état fécond soiis forme de poussière, en suspension dans l'air, à la manière des spores des moisissures et des kystes de certains infusoires.
Le 16 décembre 1872, on rassemble et l'on soumet à la presse tout le dépôt de levure d'un appareil à bière d'un hectolitre de capacité. Vers la partie centrale du gâteau de levure, on prélève de celle-ci quelques grammes qu'on mélange avec cinq fois leur poids de plâtre dans un mortier de porcelaine : le mortier venait d'être chauffé, ainsi quele plâtre, dans une étuve à huile vers 2000, puis refroidi rapidement. La poudre ainsi préparée a été renfermée aussitôt dans un cornet dont le papier venait d'être flambé dans la flamme d'une lampe à alcool. Le cornet et son contenu ont ensuite été déposés dans une étuve, de 20 à 20°. Les diverses précautions que nous venons d'indiquer avaient eu pour but d'éloigner de la poudre de plâtre et de levure , sinon les germes des poussières en suspension dans l'air, du moins ceux des poussières répandues à la surface des objets, mortier, plâtre, papier.
Le 18 décembre, on prélève, avec une petite spatule de platine qu'on vient de passer dans la flamme, une pincée de la poudre de plâtre et de levure, et on la dépose comme semence dans