‹ Etudes sur la bièreChapitre 81 sur 201 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

t ombre 1 8 7 "> , je vais cueillir dans une vigne aux environs d' \rbois une grappe <!<• raisin du plant appelé le noirin. La grappe choisie sans qu'un seul des grains lût avarié est apportée au laboratoire dans une feuille de papier qu'on venait de flamber dans la flamme de la lampe à alcool et les grains sont détachés avec des fins ciseaux ég-alement passés dans la flamme. A l'aide d'un pinceau de blaireau, ne cédant plus rien à l'eau où on l'agite, chaque grain, portant encore une portion de son pédoncule, est lavé dans un peu d'eau pure. Le lavage successif de douze grains dans 3CC d'eau suffît pour troubler assez fortement cette eau, qui est alors examinée au microscope. Chaque champ montre plusieurs petits corps organisés, associés accidentellement à quelques rares aiguilles cristallines. Ce sont, en général, des cellules simples, translucides, incolores et d'autres plus grosses, colorées en jaune brun, libres ou réunies en amas irréguliers, et enfin des utricules pleines de spores prêtes à germer, quelques-unes en forme de gourdes. J'ai répété la même observation sur des grappes d'autres plants et aussi sur l'eau de lavage de la surface extérieure des groseilles, des

prunes, des poires : le résultat a été le même, c'est-à-dire

que j'ai revu en très-grand nombre les mêmes cellules, les mêmes amas irréguliers de cellules brunes, qu'il ne faut pas confondre toutefois avec les amas de cellules mortes qui recouvrent çà et là l'épiderme de certains fruits.

Gomme j'avais laissé, à dessein, chaque grain uni à une partie de son pédoncule, j'ai voulu savoir si les corpuscules dont je parle provenaient des grains ou du bois du pédoncule. A cet effet, j'ai lavé isolément la surface des grains et la surface du bois de la grappe. L'eau de lavage de ce dernier était visiblement plus chargée des petits corps organisés: pourtant l'eau de lavage de la surface des grains n'en était pas exempte.

La PL VIII représente au grossissement de 000 diamètres

ces corpuscules de la surface des fruits. Les groupes b, b, b

c, c,... étaient de couleur brune plus ou moins foncée ou jaune

rougeâtre, les cellules a, a translucides. Parmi celles-ci il y

a des spores de moisissures vulgaires et beaucoup de cellules is-

sues vraisemblablement par un commencement de germination, des groupes d'aspect dur, jaunâtre, à double enveloppe apparente b, 6, b,..., c, c,..., sous l'influence de l'humidité du bois de la grappe ou des pluies les plus récentes au moment de l'observation.

Il est facile de suivre au microscope la germination de ces diverses sortes de cellules. On dépose une goutte d'eau de lavage du bois de la grappe d'un raisin, dans un petit volume de moût de raisin filtré à clair et qui a été porté préalablement à l'ébullition. La PL IX offre une série de développements observés sur des cellules simples ou groupées A, D, G et J. Voici comment les choses se passent. Les cellules jaune brun se ramollissent, se distendent dans le milieu nutritif et deviennent peu à peu presque translucides et incolores, en même temps qu'on voit apparaître sur leur pourtour des bourgeons très-jeunes qui grossissent vite et se détachent sous forme de jeunes cellules qui font place à d'autres, tandis que les précédentes vont bourgeonner à leur tour. La rapidité du bourgeonnement et de la prolifération de ces cellules est souvent extraordinaire. Le groupe A et la cellule D ont donné les groupes G et F en vingtquatre heures, en passant par les groupes intermédiaires B, E. Ges cellules A et D n'ont pas donné de tubes allongés, du moins pendant le temps des observations, mais il y a d'autres groupes de cellules qui poussent tout de suite des tubes longs, cloisonnés à la manière des tubes de mycélium des moisissures ordinaires, en même temps que des cellules à profusion, lesquelles cellules se montrent également sur toute la longueur des tubes et souvent par bouquets, ainsi que l'indique \ixjig. G, dont tout le développement a eu lieu en moins de vingt-quatre heures (i). Hors du contact de l'air, toute vie est absente.

hesjig. H, I, J, R montrent encore d'autres aspects de ces

(i) Les Planches de ce paragraphe ont élé déposées sur le bureau de l'Académie des Sciences, dans sa séance du 18 novembre 1873, et paraphées, à celte date, par le Secrétaire perpétuel, M. Dumas.

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