RÉFORME DE LA BANQUE DE FRANCE
8H1 a été conTenablement choisi, représente toujours des richesses mobilières facilement réalisables, des marchandises prêtes à être liwées à la consomma-^ lion. Il n'en est plus de même lorsqu'une banque fait des avances sur titres de bourse. Au lieu de remplacer un instrument de circidation commerciale par mi autre, elle émet de la monnaie fiduciaire contre des valeurs représentatives de fonds immobilisés, elle fait presque un pr^t hypothécaire, opération qui, de Taveu unanime des hommes compétents, est la plus contraire à Tessence des banques. Toute garantie d équihbre entre les émissions et les besoins réels de la circulation est perdue, car il n*y a aucun rapport entre ces besoins et ceux que les porteurs de titres peuvent momentanément éprou* ver. Si, par suite des mouvements de la spécidation à la bourse, de larges avances sont demandées à la banque, elle ne peut y subvenir qu'en entamant son encaisse ou en émettant de nouveaux billets qui, pour peu qu'ils se trouvent en excès, viennent s'échanger contre du numéraire. Les avances sur titres ont donc cet eifet inévitable, ou d amoindrir les réserves métalliques de la banque, ou de grossir le chiffre de sa circulation, et d'aggraver par là les chances de présentation des billets à remboursement. La situation de la banque serait à la fois phis conforme aux principes et plus sure, si cet établissement renonçait à ces avances*
Pour rendre ceci plus sensible, prenons un des
derniers bilans de la banque de France, par exemple celui du 17 novembre 1864, correspoadaut à une situation difficile et à un taux d'escompte trèsélevé. Nous y trouvons un encaisse métallique de 284,275,966 fr., une circulation de billets de 733,661,328 fr., et des avances sur titres divers s'élevaiit ensemble à 70,604,210fr. Supposons que, du jour au lendemain, la banque ait pu liquider toutes ces avances; le montant en sera rentré dans ses caisses ou en numéraire ou en billets. Or, dans le premier cas, rencaisse se trouvera grossi de 70,604,000 tr. t t porté à 354,879,000 IV., contre une circulation de 733,661,000 fr., c'est-à-dire à peine doulile de l'encaisse; dan» le second, l'encaisse sera resté stationnaire, mais la circulation aura été réduite de 70,604,000 fr., et ne sera plus ((ue de 663,037,000 fr., somme qui n'a rien d'exagéré en présence d'une réserve métallique supérieure li 284 millions. Que si les avances étaient rentrées partie en numéraire, partie en billets, les chiffres relatifsde rencaisse et delà circulation seraient différents; mais la situation de la banque serait toujours proiondémentaméliorée. Ëlleleseraitencorebien davantage, si Ton avait pu l'aire disparaître du bilan Tavancc de 60 millions faite à 1 État, avance plus contraire encore aux vrais principes en matière de banque que celles faites sur titres^ et qu U tJst regrettable de voir