L LIANT RE X
« culation ne peut l'extraire en grande masse et « dans un temps très-court, ou de le voir dans les « caisses de la banque, d'oii un besoin subit à « l'étranger, une variation dans les changes, peut « toujours l'extraire par un mouvement rapide, qu'il « ne dépend pas d'elle d'arrêter, à moins qu'elle « ne refuse l'escompte ou qu'elle n'en élève le « taux; ce qui amène une grande perturbation (( commerciale. »
Frappé de ces considérations, le législateur de \ 847 n'admit que le billet de 200 francs et repoussa celui de 100 francs. Mais en 1852, cette dernière coupure fut autorisée, sous l'influence des partisans de l'extension de la monnaie fiduciaire. Depuis lors, elle figure pour environ 200 millions dans la circulation totale de la banque de France ; mais, depuis lors aussi, nous avons vu l'encaisse en déficit presque permanent, l'escompte à un prix élevé ; et il a fallu, en 1857, autoriser la banque à le porter à volonté au-dessus de 6 p. 100, par une dérogation unique à la législation du pays, qui aurait paru monstrueuse et impossible quelques années auparavant. Sans prétendre que l'émission du billet de 100 francs soit la seule cause de ces graves embarras, n'est-on pas fondé à soutenir qu'elle y a contribué pour une part notable, et que les faits ont ainsi justifié les appréciations prophétiques du rapporteur de 1847?
L'article 9 de la loi du 9 juin 1857 a donné à la banque de France la faculté d'abaisser à 50 francs la moindre coupure de ses billets. La banque a hésité pendant cinq ans à user de cette faculté, et c'est seulement en 1864 qu'elle s'est départie de cette sage réserve. L'émission du billet de 50 francs, qui devait, au dire des partisans des petites coupures, exercer la plus heureuse influence, en suppléant à la rareté du numéraire, n'a pourtant pas atténué la crise qui a éclaté peu de mois après cette mesure ; peut-être serait-on fondé à dire qu'elle l'a au contraire aggravée, en grossissant la circulation de la banque en présence d'un encaisse déjà insuffisant. Aussi n'hésitons-nous pas à considérer l'émission des billets de 50 francs comme une mauvaise mesure, surtout si la banque y cherchait un moyen permanent d'accroître la masse de son papier fiduciaire. L'émission du billet de 50 francs ne nous paraît admissible que comme un expédient temporaire, destiné à combler un déficit momentané dans les canaux inférieurs de la circulation, et analogue à la fameuse remise au jour des vieux billets d'une livre, par laquelle la banque d'Angleterre remédia en 1825, à une subite pénurie de numéraire. Lancée pour un moment dans le torrent circulatoire, cette coupure doit en être retirée dès qu'elle commence à revenir dans les caisses de la banque. Pour cela il suffit d'annuler, sans les remplacer, les billets de